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Portrait du jour : Clarisse Enaudeau, directrice littéraire de la collection Terres de France aux  Presses de la Cité

Reprise du portrait du jour criminocorpus - En attendant de publier ce portrait du jour dans la nouvelle version "Culture et Justice" de l'association Criminocorpus, nous mettons en ligne celui de Clarisse Enaudeau  sur mon blog personnel

C’est avec un vif plaisir que nous accueillons aujourd’hui Clarisse Enaudeau, directrice littéraire des Presses de la Cité, qui s’est  pliée  spontanément à ce petit jeu d’écriture avec toute la gentillesse qui la caractérise.

Elle nous parle de son métier d’éditrice avec pertinence, compétence et simplicité… et cela nous convient parfaitement.

 

Clarisse Enaudeau - "Mon parcours ne me destinait pas a priori à l’édition. Diplômée de l’Ecole du Louvre, les métiers de la conservation semblaient être une finalité et puis, non, la vie et ses contingences ont fait qu’après quelques années passées dans une galerie d’art parisienne à tirer le diable par la queue, je suis revenue à mes anciennes amours : le livre et la littérature. J’y suis entrée par la petite porte, de CDD en CDI en librairies, l’opportunité de devenir commerciale pour une maison d’édition de province et au fil du temps, des attributions qui s’enchaînent : responsable grands comptes, responsable de cessions, relations avec les clubs tels France Loisirs et à la fin, l’évidence… Après les lecteurs, les libraires, les auteurs se sont imposés à moi avec cette envie de partager, d’échanger, d’aider à créer, d’être une accoucheuse d’esprit.

Le lien, l’affect sont pour moi les axes majeurs de ce travail ; si vous n’aimez pas les gens, leurs petites joies mais aussi leurs turpitudes, si vous ne savez pas écouter, comprendre et parfois être critique, alors ce métier n’est pas fait pour vous.

Ensuite, aimer les lecteurs de tous acabits, respecter les goûts et les inclinaisons de chacun, offrir à chaque lecteur le roman qui saura le toucher, le passionner.

Je dirige une collection, Terres de France qui se veut et qui revendique d’être une collection de littérature populaire. Qui dit littérature populaire ne veut pas dire sous-littérature. L’édition française est friande de catégories, de genres alors oui, nous éditons de la belle et bonne littérature populaire. Littérature « terroir », littérature régionale… Peu importe pourvu que nos lecteurs soient au rendez-vous. L’on parle pas ou peu de nos auteurs dans la presse nationale dite germanopratine mais nos lecteurs sont fidèles et j’aime à dire qu’ils sont la majorité silencieuse.

Être éditeur, c’est aussi penser à celui qui est au bout de la chaîne, le lecteur. Donner à lire sous toutes ses formes est essentiel aujourd’hui à l’ère de l’immédiateté. Notre plus grand défi à relever : celui de se mesurer à l’image, à l’instantanéité.

S’emparer d’un livre, prendre le temps, ce temps pour soi, d’être tout à sa lecture n’est pas chose aisée… Éditeur, c’est donc aussi une « mission », celle de donner à tous l’envie de lire quelque soit le milieu social, professionnel, les habitudes et parfois les a priori.

Mais pour résumer, le plus grand bonheur d’un éditeur est encore une fois cette relation si particulière que l’on tisse année après année, roman après roman avec ses auteurs … Une relation étrange, complexe faite d’amitié, de confiance, de conflits aussi mais d’où l’on sort forcément grandi et différent à chaque nouvelle histoire, à chaque nouvelle rencontre avec un texte…" Clarisse Enaudeau, directrice littéraire des Presses de la Cité

 

 

Archive de Presse du 14 novembre 2018 - Interview avec Clarisse Enaudeau, directrice des Presses de la Cité : qu'est-ce qu'un bon roman ?

Un an après la mort de Jean Anglade, auteur incontournable de la collection Terres de France, Les Presses de la Cité ont créé en son honneur la première édition du prix Jean Anglade du premier roman. Dans une interview exclusive, la directrice littéraire des Presses de la Cité nous explique comment est né le concours et ses critères pour sélectionner les cinq futurs romans en lice.

 

"Pour quelles raisons avez-vous voulu créer..." . le prix littéraire Jean Anglade du premier roman ?

 La création du Prix Jean Anglade du premier roman fut d’abord motivée par notre volonté de rendre hommage à l’un de nos plus grands écrivains.

Jean Anglade nous a quittés il y a tout juste un an et les Presses de la Cité ont publié la plupart de ses œuvres dans la collection Terres de France.

Ce fut un écrivain prolixe, généreux, tout à la fois romancier, essayiste, poète, biographe mais surtout un formidable conteur comme il le soulignait avec ferveur.

Ensuite, il fut instituteur : il aimait transmettre le savoir et le goût d’apprendre, l’appétence à la lecture et la curiosité pour le monde qui nous entoure.

Il serait enchanté qu’un prix du premier roman porte son nom et qu’un jeune auteur suive ses traces.

 Quelles sont les ambitions littéraires de ce concours ?

Avec ce concours, nous souhaitons tout d’abord revivifier la collection Terres de France, la littérature dite régionale, cette belle littérature populaire qui fut incarnée par Giono, Guillaumin, Vialatte ou Pourrat.

Les Presses de la Cité ont ainsi à cœur de dénicher de nouveaux auteurs, de nouvelles « pépites » attachés à leurs régions, désireux de partager des histoires d’aujourd’hui.

Il faut tout à la fois être attentif au respect des valeurs chères à Jean Anglade, à savoir cette attention à ses contemporains, à la société de son temps et en même temps faire preuve d’universalité, toucher le plus grand nombre.

Vous présidez le comité de lecture qui sélectionnera les cinq romans en lice, comment jugez-vous qu’un roman est bon ?

Ce prix a pour originalité de couronner non pas un roman déjà paru, déjà édité mais un manuscrit d’un primo-romancier.  Cela induit un regard complètement différent, plus bienveillant.

Il s’agit donc de déceler dans les romans « bruts » que nous recevrons ceux qui font preuve d’une vraie puissance romanesque, ceux dont les personnages possèdent un vrai relief et dont les histoires possèdent un rythme, un style.

Un auteur en devenir en fait et non un auteur déjà consacré par une parution dans une maison d’édition. Charge à nous ensuite d’accompagner cet auteur en herbe dans le processus d’édition en lui apportant notre aide et nos conseils.

Vous êtes directrice éditoriale des éditions Presses de la Cité, dites-nous en plus sur la collection Terres de France ?

Voilà une collection emblématique de notre maison, riche de près de 50 auteurs, avec 35 nouveautés par an ! C’est une collection qui se renouvelle sans cesse, qui accueille de nouveaux auteurs, toujours attentive à ses lecteurs.

Nous nous démarquons par la variété de nos romans : saga, roman noir, roman féminin contemporain, récit romanesque,…  La collection Terres de France a une identité forte : ouverture sur notre époque, découverte de notre histoire et de nos cultures, attachement à nos régions, à nos terres électives.

 

 

Culture et justice rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice. Histoires, romans, portraits du jour, salon de livres... 

Page indépendante sans but lucratif administrée par Philippe Poisson et Camille Lazare, membres de l'association Criminocorpus.

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A propos du site : Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice.

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Tag(s) : #portrait du jour criminocorpus, #Coup de coeur du jour

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