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Nouveau portrait du jour d' Anne-Sophie Guénéguès

Culture et justice développe la rubrique Portrait du jour, ouvre ses pages aux fidèles lecteurs de la page et reçoit avec infiniment de plaisir Anne-Sophie Guénéguès

Après avoir vécu en Normandie durant quatre décennies, Anne-Sophie Guénéguès s’installe en 2015 à Paris, avec son chat diabétique et son métier de correctrice qu’elle exerce en free-lance depuis 2009. Être(s) est son troisième recueil de nouvelles où elle continue de poser un regard critique et amusé sur les gens autour...

Bienvenue Anne-Sophie sur le très discret et prisé Culture et justice

 

— Anne-Sophie Guénéguès, qu’est-ce que vous vouliez faire quand vous étiez petite ? Infirmière, institutrice, écrivain ?

— Je voulais être commissaire de police. Je voulais faire justice et supprimer les fautifs. Et puis, à l’école, j’ai découvert les langues, puis les lettres.

— Et quel métier exercez-vous maintenant que vous êtes grande ?

— Je travaille avec une autre forme de police, la police de caractères ! Je suis correctrice dans l’édition, ce ne sont pas les fautifs que je traque, mais les fautes. Mon métier consiste à sublimer les écrits des autres.

— Et vous écrivez vous-même ?

— Oui, j’écrivais avant même de me mettre à mon compte en tant que correctrice, il y a treize ans.

 Comment vous êtes-vous mise à écrire ?

— D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit. De petites histoires. En 2006, à l’occasion d’un arrêt de travail, je me suis lancé le défi un peu fou de faire publier quelques textes. Certains que j’avais dans mes tiroirs, d’autres que j’ai écrits pour l’occasion. Cela a donné Pensées intérieures et autres limites, en 2007.

— Quel(s) genre(s) de livres écrivez-vous ?

— Je ne suis pas attachée à une forme en particulier. Toute expression écrite m’est précieuse. Courte ou longue ; l’important est seulement que la forme serve le texte. Victor Hugo disait que « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface ». Si ce que j’ai envie d’exprimer a plus de force sous la forme d’un poème, alors ce sera un poème. Quand j’écris un texte sur les problèmes de communication dans le couple, j’en fais un long dialogue… Il est vrai que j’écris plus facilement des nouvelles, qui peuvent courir sur une demi-page ou sur soixante comme c’est le cas dans

mon livre Jacque et autres choix de grands. Je ne cherche pas à aller au-delà de ce qui est pertinent à dire. Et la nouvelle, avec son immersion directe, sa montée en puissance et sa chute finale, c’est le format qui me convient le mieux pour aborder les sujets qui me tiennent à cœur, à savoir les travers de la nature humaine, les moments de bascule, les tiraillements de l’ego. Pourtant, récemment, j’ai écrit mon premier roman, un roman polyphonique sur le thème de la maternité ; texte qui est finaliste pour le prix Jean Anglade du premier roman organisé par Les Presses de la Cité.

— Quelles sont vos sources d’inspiration ?

— L’être humain. Indéniablement. D’ailleurs, mon dernier recueil paru en 2020 s’appelle Être(s). Au pluriel, pour évoquer toutes les façons d’être. Au singulier parce que chacun est unique, mais entre parenthèses chacun est plein de gens à la fois (femme, mère, sœur, conjointe, amie, bru, fille, nièce, petite-fille, belle-sœur, cousine, copine, voisine… on ne dit pas les mêmes choses, ou pas de la même façon). L’homme a cela de formidable qu’il pense quelque chose, avec son cœur, sa raison ou ses tripes, et qu’il agit rarement en concordance, ce qui l’oblige à de petits ajustements avec lui-même, des justifications, des émotions contradictoires. Je mets mes personnages dans des situations anodines, quelconques, banales, et je fais une photographie de ce moment, j’en coupe une tranche, et je m’amuse de ce qu’ils font, de ce qu’ils disent et pensent, de qui ils sont.

— Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

— Trop rarement, hélas ! J’écris dans ma tête lors des moments d’ennui, et avant de m’endormir. Et puis, j’essaie de consacrer un quart d’heure par jour, en début d’après-midi souvent, à coucher sur le papier tout ce qui m’est venu depuis la veille.

 Quels livres emporteriez-vous sur une île déserte ?

— J’ai beaucoup de sympathie pour Papa Faucheux de Jean Webster ou Zazie dans le métro de Raymond Queneau. Récemment, j’ai beaucoup ri avec Broadway de Fabrice Caro. J’ai découvert la science-fiction avec l’écriture géniale d’Alain Damasio (La Horde du contrevent). J’ai été touchée par le premier roman de Vanessa Barbara, Les Nuits de laitue. Il est très rare que je relise un livre (il y en a tant qui attendent !), mais peut-être que ce sont ceux-là que j’emporterais sur une île déserte. Avec Tobie Lolness (Timothée de Fombelle), Le Zèbre (Alexandre Jardin), tous les Malaussène de Daniel Pennac (sauf le dernier), Le Miroir de Cassandre (Bernard Weber), pour le théâtre Knock (Jules Romains)… Tant d’autres.

— Quels sont vos autres passions, centres d’intérêt, loisirs ?

 

 

— J’aime le spectacle vivant, j’ai la chance d’avoir beaucoup de propositions de spectacles autour de moi à Paris. J’aime passer du temps avec mon fils, un café, un restaurant ou une exposition, le regarder grandir (il a 26 ans)… Je fais des puzzles, car j’aime le côté méditatif de ce moment. Je voyage plusieurs fois par an pour la joie de revenir à ma vie ensuite. J’aime les jeux de société, les parties de poker, les réunions de famille. Mais sans doute que mon activité favorite est la lecture, ce qui fait que mon principal loisir est de travailler avec plaisir !

— Un projet en cours ?

— Je viens de terminer l’écriture d’une pièce de théâtre, encore une histoire de famille… Peut-être que mon fils comédien la jouera. Quand j’aurai terminé de la lire et la relire et la rerelire. Mais j’ai déjà d’autres nouvelles en tête ou en cours…

Bibliographie :

Recueils de nouvelles 

Être(s), Nombre7 éditions, 2020

Jacque et autres choix de grands, éditions Persée, 2010

Pensées intérieures et autres limites, éditions Persée, 2007

Ouvrages collectifs — jeunesse

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, SaperliVpopette, 2020

Nouvelles du front, SaperliVpopette, 2018

Nouvelles formules, SaperliVpopette, 2017

Nouvelles fraîches, SaperliVpopette, 2015

Nouvelles vagues, SaperliVpopette, 2014

Nouvelles lunes, SaperliVpopette, 2012

Cocréations

De la graine d’énergie, avec Franck Leblond, productions OTK, 2016

Une tombe trop bien fleurie, collectif Académie Balzac, les éditions du Net, 2014

La Philosophie ou les armes, avec Franck Leblond, productions OTK, 2013

La Raison des cloches, avec Franck Leblond, productions OTK, 2010

 

Culture et justice rassemble des informations relatives à l’actualité culturelle sur les questions de justice. Histoires, romans, portraits du jour, salon de livres... Page indépendante sans but lucratif administrée par Philippe Poisson et Camille Lazare, membres de l'association Criminocorpus.

A propos du site : Musée - Histoire de la justice, des crimes et des peines | Criminocorpus propose le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines. Ce musée produit ou accueille des expositions thématiques et des visites de lieux de justice. Ses collections rassemblent une sélection de documents et d’objets constituant des sources particulièrement rares ou peu accessibles pour l’histoire de la justice."

 Relecture et mise en page Ph.P

 

Tag(s) : #Coup de coeur du jour, #portrait du jour criminocorpus
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