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La municipalité propose l'emplacement de l'ancienne prison sur le boulevard de la République qui avait été construite en 1861. Georges Leygues demande à l'architecte d'origine villeneuvoise Guillaume Tronchet, auteur d'autres théâtres à Amiens et Agen, de concevoir le projet.
Il existait bel et bien une prison civile (ou maison d'arrêt) distincte du grand complexe d'Eysses, située directement dans le centre-ville de Villeneuve-sur-Lot. [1]
- Aménagement : Ce bâtiment urbain comprenait deux grands dortoirs de 24 lits, un atelier de travail, un réfectoire et des cellules d'isolement.
- Fermeture précoce (1895) : Cette prison de centre-ville a été officiellement supprimée en 1895. [1]
- Le centre-ville conservait les cellules du tribunal de première instance et du commissariat pour les affaires courantes et immédiates.
- Le quartier d'Eysses (qui n'était plus une prison pour adultes à cette époque) s'était transformé en Maison d'éducation surveillée pour mineurs (les « pupilles ») à partir de 1895, statut renforcé par un décret de décembre 1927. Les adultes délinquants ou criminels locaux du centre-ville n'y étaient donc plus envoyés, créant une cohabitation de deux passés carcéraux parallèles dans la même commune. [1, 2]
- Décembre 1895 : L'activité de la maison d'arrêt de centre-ville cesse totalement. Cette fermeture coïncide avec la réorganisation complète du réseau carcéral de la commune, au moment précis où le grand site d'Eysses est transformé en colonie correctionnelle. [1, 2]
- 1895 à 1929 : Bien que vide de prisonniers au long cours, le bâtiment du centre-ville reste la propriété de l'État pendant toute la période de l'entre-deux-guerres. Il conserve ponctuellement une fonction de geôle de transit (dépôt judiciaire) pour les personnes arrêtées en flagrant délit dans la bastide avant leur transfert. [1]
- 20 décembre 1929 : L'acte de décès officiel du site est signé. Les bâtiments de la prison de centre-ville sont officiellement vendus à la commune de Villeneuve-sur-Lot, qui les réaffectera définitivement à d'autres usages urbains. [1]
Après son rachat par la commune le 20 décembre 1929, l'ancienne prison de centre-ville connaît une métamorphose radicale : elle est entièrement démolie pour laisser place au grand pôle culturel de la commune : le Théâtre Georges-Leygues. [1, 2, 3]
Voici l'histoire de cette reconstruction spectaculaire sur le boulevard de la République : [1]
1. L'opportunité d'une reconstruction
En 1905, la précédente salle de spectacle de la bastide (aménagée dans le Café de la Comédie) est détruite par un incendie. Privée de théâtre pendant deux décennies, la ville cherche une solution. En 1927, l'homme politique d'envergure nationale et figure locale Georges Leygues propose de financer la construction d'un tout nouveau théâtre. La seule condition imposée à la municipalité est de fournir un terrain adapté. [1, 2, 3]
Dès que la ville réussit à racheter l'ancienne prison départementale à la fin de l'année 1929, l'emplacement idéal est tout trouvé. [1, 2]
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2. Le chantier (1931 - 1935)
Les murs sombres de la prison sont rasés. À la place, un chantier d'avant-garde débute en 1931 sous la direction de l'architecte de renom Guillaume Tronchet (originaire de la région) et la surveillance de Gaston Rapin. Le bâtiment est entièrement édifié en béton armé, en utilisant le célèbre procédé technique de François Hennebique. [1, 2, 3]
3. Une inauguration mémorable par Sacha Guitry
Le théâtre est officiellement inauguré le 28 septembre 1935. Pour l'occasion, le dramaturge et comédien Sacha Guitry fait le déplacement à Villeneuve-sur-Lot pour y présenter, en avant-première nationale, sa pièce La Fin du Monde. [1]
Aujourd'hui, l'architecture typique des années 1930 du Théâtre Georges-Leygues efface complètement le passé carcéral du lieu, même si les historiens locaux rappellent souvent que la culture a ici remplacé les cellules. [1, 2, 3, 4]
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- Criminocorpus : Entre 2015 et 2020, il a été le gestionnaire du carnet de recherche de Criminocorpus, le premier musée nativement numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines (lauréat d'une médaille du CNRS). Il y collabore activement avec de grands historiens du domaine. [1, 2, 3]
- Le portail « Culture et justice » : Il a créé et administre le blog et la page Culture et justice, un carrefour d'actualités littéraires et historiques. Il y publie des chroniques sur les faits divers, les grandes affaires criminelles, l'histoire pénitentiaire et les sorties de polars ou de romans noirs. [1, 2, 3]
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Politique éditoriale sur la page Culture et justice - Le blog de Philippe Poisson
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