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http://www.decitre.fr/gi/78/9782267021578FS.gifLe courrier des auteurs : 07/06/2011

 

1) Qui êtes-vous ? !
Macha Zonina et Aurore Touya, les traductrices des mémoires d'Elena Rjevskaïa.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le périple d'une jeune interprète accompagnant l'état major de l'Armée rouge de Moscou à Berlin, et l'enquête à laquelle elle a participé, qui a longtemps été étouffée par le pouvoir soviétique.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Le sort a voulu que mes efforts contribuent à empêcher Hitler de réaliser son dernier projet : disparaître, devenir un mythe et maintenir l'effervescence parmi ses partisans." (p. 415)

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La musique du film d'Eisenstein, "Ivan le Terrible", composée par Prokofiev.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le point de vue de ce témoin singulier, une jeune femme prise dans la tourmente d'un conflit mondial, au fort tempérament et mue par un désir de vérité.

 

Les présentations des éditeurs : 16/06/2011

 

 

« Ce livre raconte ce que j'ai personnellement vécu.

 

Moi, interprète de guerre, ayant parcouru avec l'armée tout ce chemin de la banlieue de Moscou jusqu'à Berlin, je me suis retrouvée en mai 1945 à l'épicentre des événements historiques qui clôturaient la Seconde Guerre mondiale. En tant qu'interprète de l'état-major de l'armée, j'ai fait partie du groupe qui recherchait Hitler, et j'étais là quand on l'a retrouvé mort, calciné; j'ai participé à l'établissement de la vérité sur la fin de sa vie et à l'identification de ses restes. [...]


Je ne suis ni historienne ni chercheuse. Je suis écrivain. [...] il s'agit là d'un livre très personnel qui s'appuie sur des documents. J'y parle de faits et d'événements réels, et son sujet est authentique : les conséquences de la guerre, les recherches et la découverte du corps d'Hitler, son identification, l'enquête sur les circonstances de son suicide, toutes choses auxquelles j'ai directement participé en tant qu'interprète. Je pense que l'essentiel dans ce genre de situations - c'est l'authenticité. »



http://www.mediapart.fr/files/Christine%20Marcandier/rjev_chez_elle.JPGElena Rjevskaïa est née en 1919. Elle a fait des études de philosophie, de littérature et d'histoire avant d'obtenir un diplôme lui permettant de devenir interprète de guerre. Dès février 1942, elle a été envoyée sur le front, aux côtés de l'armée soviétique qu'elle a accompagnée de Rjev à Berlin. Quelques jours après la fin de la guerre, elle a participé à la découverte et à l'identification des corps d'Hitler et d'Eva Braun, ainsi que de Joseph Goebbels, sa femme et ses enfants.


Elle a ensuite passé quatre mois dans les quartiers généraux de l'armée pour inspecter les documents liés à l'histoire des derniers jours du Reich en vue de leur archivage. Staline ayant personnellement interdit à quiconque de révéler que le corps d'Hitler avait été retrouvé, Rjevskaïa a dû attendre 1965 avant de pouvoir publier son récit, à compte d'auteur, à Berlin. Elle est également l'auteur de deux célèbres documentaires sur la période de la Seconde Guerre mondiale (Berlin, mai 1945 et Goebbels, un portrait du personnage fondé sur ses carnets) et de six romans.


Elle a reçu la médaille d'or de l'Union des écrivains russes et a été distinguée à deux reprises par le quotidien Moskovskiye Novosti. Elle a aussi reçu le prix Andreï Sakharov récompensant le courage personnel d'un écrivain et le prix littéraire Venets. Enfin, elle a été faite citoyenne d'honneur de la ville de Rjev. Elena Rjevskaïa vit aujourd'hui à Moscou.


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 23 juin 2011

 

Traduire, c'est trahir l'inhumanité. Elena, une jeune femme de Rjev, ville sur la Volga quasiment détruite pendant la bataille qui porte son nom, a appris un peu d'allemand. En 1942, à 23 ans, la voilà au front. Les interprètes sont rares : « Ce n'était plus la Première Guerre mondiale, où les officiers eux-mêmes parlaient couramment la langue de l'ennemi. » En Russie stalinienne, l'allemand était devenu honteux. Maintenant, les germanophones sont indispensables. Il faut déchiffrer les documents saisis, interroger les prisonniers...

 

Longtemps, elle n'a pu écrire ce à quoi elle avait participé : la recherche effrénée et concurrentielle, par les divers services soviétiques, du corps d'Hitler, et la volonté stalinienne de cacher sa mort. Elle en profite pour régler ses comptes avec les mensonges du petit père des peuples.


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, mai 2011

Quel destin que celui d'Elena Rjevskaïa ! En mai 1945, au coeur des événements mondiaux, cette jeune interprète de l'état-major russe découvre le corps calciné de Hitler et aide à procéder à son identification. En 1961, elle dévoile pour la première fois l'enquête sur le suicide du Führer, volontairement occultée par Staline. Quatre ans plus tard, forte de la consultation d'archives secrètes, elle publie Berlin, mai 1945, traduit depuis dans de nombreux pays. Et en 2007, la mémoire toujours vive, attisée de surcroît par de multiples témoignages, elle écrit Carnets de l'interprète de guerre, aujourd'hui publié en France.


  • La revue de presse Alain Guillemoles - La Croix du 11 mai 2011

Ces carnets sont à la fois un document historique et un témoignage sur la guerre...

 

Elena Rjevskaïa, dont le vrai nom est Elena Kagan, fut interprète auprès de l'armée russe entre 1942 et 1945. Le hasard a fait qu'elle s'est trouvée en situation d'accompagner et traduire pour le petit groupe d'enquêteurs qui ont recherché la dépouille de Hitler, aussitôt après leur entrée dans Berlin...


Dans ces Carnets de l'interprète de guerre, on découvre ce qui s'est passé, à Berlin, en mai 1945. On assiste à la découverte des corps puis à leur identification. Au départ, les Soviétiques n'ont aucune certitude. Mais les langues se délient...

 

C'est seulement en 1964 qu'Elena Rjevskaïa, devenue écrivain, a pu avoir accès aux archives et publier son premier témoignage. Ces carnets s'achèvent sur une scène poignante, magistralement écrite


  • La revue de presse Thomas Wieder - Le Monde du 5 mai 2011

Plus encore que ce qu'elle dit de la découverte du corps d'Hitler, dont l'identification a été si débattue que toute assertion définitive paraît excessive, c'est sa façon subtile de relater les récits divers et parfois contradictoires de l'événement qui fait la force de son livre.



  • Les courts extraits de livres : 16/06/2011

Extrait de la préface - Les documents parlent


Ce livre raconte ce que j'ai personnellement vécu.

 

http://m.friendfeed-media.com/e679d76c5fec7cc321f43d02878ddb47dd615ef2Moi, interprète de guerre, ayant parcouru avec l'armée tout ce chemin de la banlieue de Moscou jusqu'à Berlin, je me suis retrouvée en mai 1945 à l'épicentre des événements historiques qui clôturaient la Seconde Guerre mondiale. En tant qu'interprète de l'état-major de l'armée, j'ai fait partie du groupe qui recherchait Hitler et j'étais là quand on l'a retrouvé mort, calciné ; j'ai participé à l'établissement de la vérité sur la fin de sa vie et à l'identification de ses restes. J'ai également trié, sur place, les matériaux provenant des sous-sols de la chancellerie du Reich et du Führerbunker, où Adolf Hitler a vécu ses derniers jours.

 

J'ai découvert à la chancellerie des dossiers contenant les papiers de Bormann, les radiogrammes qu'il avait reçus de l'Obersalzberg, de son aide de camp Hummel, ainsi que les copies de ceux qu'il envoyait. Ces radiogrammes confirment que le déménagement du quartier général à Berchtesgaden était prévu à partir du 20 avril, mais qu'Hitler renonça finalement à ce projet pour rester dans le Führerbunker, car l'offensive qu'il avait ordonnée avait échoué, et les Alliés étaient entrés à Munich, à deux pas de Berchtesgaden. J'ai également découvert des dossiers contenant des rapports sur la situation critique, adressés à Bormann par des responsables des circonscriptions du Parti (Kreisleiter).

 

J'ai étudié les papiers d'Hitler, restés dans son bunker, y compris le dossier contenant les messages radio interceptés, dont l'un disait que Mussolini, fusillé par les partisans, avait ensuite été pendu par les jambes, tout comme sa maîtresse Clara Petacci. Hitler a souligné ce message avec un crayon bleu. J'ai pensé (avec raison) que c'était cela qui avait poussé Hitler à donner l'ordre de détruire son corps après sa mort.

 

J'y ai également trouvé les brouillons de lettres d'Hitler à sa sœur, au président Hindenburg et à von Papen.

 

Il y avait deux valises remplies de papiers dans le bureau de Goebbels. C'est là que nous attendait la découverte la plus importante du point de vue historique, à savoir une dizaine de cahiers du journal manuscrit de Goebbels, qu'il avait commencé avant l'arrivée des nazis au pouvoir. Le journal s'interrompait le 8 juillet 1941. J'y ai également trouvé la correspondance de service du ministre de la Propagande, et les dossiers de Magda Goebbels - les inventaires détaillés des biens familiaux. Des photos de famille : Magda avec ses enfants, toute la famille Goebbels et le portrait de Magda, que j'ai gardé en souvenir.

 

On recherchait fébrilement Hitler, mort ou vif. J'avais seulement le temps, et encore, de noter le contenu des documents qui me passaient entre les mains, accompagnant mes notes d'un petit commentaire à l'intention de l'état-major du front. Ces courtes notes me servirent plus tard - travaillant sur les archives, je pouvais tout de suite établir la provenance de tel ou tel document et son contexte.

 

Carnets de l'interprète de guerre

Auteur : Elena Rjevskaia

Traducteur : Aurore Touya | Macha Zonina

Date de saisie : 25/06/2011

Genre : Histoire

Éditeur : Bourgois, Paris, France

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