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http://mecanoblog.files.wordpress.com/2010/03/augusto-pinochet.jpgDocument 2003 - Le 11 septembre 1973, une junte militaire renversait le président Allende et portait Augusto Pinochet à la tête du Chili. Le point de départ d'une dictature pendant laquelle des milliers de personnes allaient être torturées, tuées. Le temps aussi de profondes transformations économiques.


Le 16 octobre 1998, l'arrestation à Londres du général Pinochet et l'hypothèse d'un procès organisé en Europe pour les crimes commis entre 1973 et 1990 ont rappelé à l'opinion internationale la nature violemment répressive de la dictature qui sévit au Chili durant seize ans. Lorsque Pinochet rentra finalement libre à Santiago le 3 mars 2000, il fut pourtant accueilli chaleureusement par une partie de la population chilienne, outrée à l'idée que celui qu'elle considère toujours comme le père de l'actuelle prospérité du pays aurait pu être condamné après les poursuites engagées par le juge espagnol Garzon. Éminemment paradoxale, la mémoire de la dictature oscille aujourd'hui en effet entre le souvenir des atteintes aux droits de l'homme qu'elle perpétra sans discontinuer et la reconnaissance d'un héritage économique en trompe-l'oeil, qui semble avoir fait du Chili un îlot de prospérité au cour d'une Amérique latine récemment frappée par plusieurs crises de grande ampleur(1). Le 11 septembre 1973, un coup d'État mené par les forces armées renverse le gouvernement Allende et met un terme à l'Unité populaire (UP), coalition des forces politiques de gauche parvenue démocratiquement au pouvoir en 1970 et décidée à tracer « pacifiquement » une « voie chilienne vers le socialisme ». Cet événement, qui retint l'attention du monde entier durant plusieurs semaines et contribua à l'édification d'une véritable mythologie autour de l'UP, inaugure une dictature caractéristique des régimes qui fleurissent en Amérique latine dans les années 1970. En cela, il...

La prise du pouvoir par Pinochet

Par Olivier Compagnon
publié dans L'Histoire n° 279 - 09/2003  Acheter L'Histoire n° 279  +



http://www.guydarol.fr/media/00/02/1095161322.jpgDocument 17 octobre 2009 - Voici un livre (un plus que livre) de Bienvenuto Merino publié à 100 exemplaires. Le mystérieux Bienvenuto Merino est l'autre nom de celui qui posa sa signature sur Diarrhée au Mexique, ouvrage qu'il convient de ranger aux côtés de ceux d'Antonin Artaud, Jean-Pierre Verheggen, Pierre Guyotat et Jean-Pierre Risset. Une sorte de classique contemporain. Publiée, il y a neuf ans, sur beau papier, cette alerte comprend la "Déclaration des prisonniers politiques de la prison de haute sécurité de Santiago du Chili", un extrait d'Extradition et jugement de Pinochet en Espagne, texte lu au grand meeting de la Sorbonne, le 5 février 1999, des dessins de Merino accompagnés de lignes poétiques de Oscar Wladyslav de Lubiez Milosz.

Les dessins de Merino mettent en scène un cercueil s'apparentant à kit au sujet duquel Merino écrivait en 1999 :  « J'ai un certain goût de l'esthétisme et une lassitude pour les formes banales de constructions répétitives en ce qui concerne les cercueils. Pour Pinochet-général et sanglant dictateur-voici un « lit de mort » hors du commun. Cette position mi-assise, mi-allongée est sans doute la plus fréquente du vieux général, dans l'attente d'une décision du ministre britannique  de l'intérieur. Beaucoup d'hommes et de femmes épris de justice doutent qu'il y ait un jugement de l'ex-dictateur en Europe et encore moins au Chili. Dès 1973, Pinochet avait voulu stopper un processus de démocratisation au Chili ; il avait choisi le coup d'Etat, c'est-à-dire la destruction. « La guerre est le cercueil de la prospérité » presque toutes les religions du monde nous font concevoir la mort comment le jugement dernier ; certains passages de l'Apocalypse précisent que ce jugement ne pourrait avoir lieu qu'à la fin de l'humanité, au moment où l'on sera en mesure de juger d'une manière définitive des conséquences ultimes nos actions dans le monde, qui en fait, nous échappent et sont toujours changeantes. La nature ne nous a point donné un instinct  qui nous permettait de deviner le moment précis de notre mort. Il en résulte que l'idée de la mort n'est pas, pour l'homme, une idée précise, mais un sentiment indéterminé d' « angoisse ». ont ne peut pas dire que l'on ait «peur » de la mort dans la mesure où la peur se réfère à un objet déterminé ; L'angoisse, au contraire, n'évoque pas un  objet déterminé, mais plutôt une présence vague et latente, une possibilité permanente dont les maladies, les dangers extérieurs, la fatigue de l'organisme sont les signes annonciateurs.

Ce cercueil en pente douce a une forme bien singulière. Quelque part, il attend, même si on sait bien qu'en aucun cas Pinochet n'y reposera ».

Le bel et fuligineux ouvrage toujours disponible nous rappelle qu'il y a dix ans Londres avait rattrapé Pinochet.

 

Descendre au cercueil

Bienvenuto Merino

ÉditionsConnaissance

10:18 Publié dans EVERYTHING IS POLITICAL

www.guydarol.fr/everything_is_political/

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