Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2007/04/19/20070419.WWW000000552_9842_3.jpgDocumentaire diffusé sur france 3 le dimanche 17 octobre 2010 à 23 heures 05 - Il y a exactement quinze ans, dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995, le magistrat français Bernard Borrel décédait dans des circonstances mystérieuses à Djibouti. Cette affaire très sensible, toujours en instruction, occupe à intervalles réguliers la scène médiatique à l'occasion d'une nouvelle révélation ou d'un procès en diffamation. Elle semble aujourd'hui être dans une impasse judiciaire. Ce documentaire s'attache à reconstituer le contexte dans lequel les événements se sont déroulés, en dévoilant la mécanique du drame qui a bouleversé la famille Borrel, depuis sa vie en France jusqu'à son arrivée sur le sol djiboutien.

  • Genre : Documentaire - Culture Infos

  • Pays : France

  • Nationalité : français

  • Date de sortie : 2010



CRITIQUE TELERAMA - Documentaire de Francis Gillery (France, 2010). 90 mn. Inédit.

 

http://frascor.perso.sfr.fr/photos_arm%E9e/les_politiques/borrel2.jpgL'affaire est devenue, avec le temps, un casse-tête judiciaire, diplomatique et médiatique. Dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995, le corps du magistrat Bernard Borrel était retrouvé, calciné, en contrebas d'une falaise à 80 kilomètres de Djibouti. Après avoir longtemps défendu la théorie d'un suicide, l'État français a fini par reconnaître, en 2007, qu'il s'agit d'un assassinat. Mais qui est responsable ? Depuis quinze ans, la veuve du coopérant français se bat pour faire éclater la vérité, et une instruction est toujours en cours. Jusqu'à quel point la France est-elle impliquée ? Et que penser du rôle des autorités djiboutiennes ? Pourrait-il s'agir d'un meurtre politique commandité par le président Omar Guelleh ? Plusieurs enquêtes ont essayé de démêler cet imbroglio, en s'attachant à des pistes comme le terrorisme, le trafic d'uranuim ou le trafic d'armes. Le réalisateur Francis Gillery relance une autre thèse, évoquée au tout début de l'enquête : celle d'une vaste affaire de pédophilie impliquant des coopérants français, et à laquelle Bernard Borrel aurait peut-être tenté, imprudemment, de s'attaquer...

Inutilement dramatisante sur la forme, son investigation retrace avec précision la chronologie et les zones d'ombre des événements.

Émaillée de nombreux témoignages (Elisabeth Borrel et ses enfants, des militaires, les autorités djiboutiennes...), elle ausculte le parcours et la vie de famille du magistrat assassiné, révèle l'ambiguité de la position française, dissèque les ratés de l'instruction. Mais n'apporte pas de preuves indiscutables à l'appui de sa démonstration. Si plusieurs protagonistes évoquent l'existence probable d'un trafic d'enfants à Djibouti, aucun lien direct n'est établi avec l'assassinat de Borrel. Et bien qu'un témoignage vienne jeter le trouble à la fin du film, on en retient avant tout des hypothèses, des suppositions.

Hélène Marzolf

Télérama, Samedi 16 octobre 2010

http://television.telerama.fr/tele/emission.php?onglet=critique&id=18555971



http://www.rfi.fr/actufr/images/082/livre_borrel200.jpg

http://www.lepoint.fr/content/system/media/2/20080329/2008-03-29T172821Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRTP-FRANCE-DJIBOUTI-JUSTICE-BORREL-20080329.jpgDocument 2006 - Dans un livre paru la semaine dernière, Elisabeth Borrel raconte son combat. L’occasion de découvrir comment une femme courageuse, et décidée à obtenir la vérité sur la mort de son mari, magistrat français retrouvé à moitié calciné en 1995 à Djibouti, a mené une lutte sans merci. Contre ses collègues magistrats, contre l’opinion et contre deux États qui masquent depuis onze ans une vérité apparemment gênante.

 

Elle n’en veut à personne, mais elle ne pardonnera pas. Et la liste est longue de ceux qui ont soigneusement gardé, depuis onze ans, une parcelle du secret qui pèse sur l’affaire Borrel. Entre cette armée de fantômes -pas toujours démasqués- de la «raison d'État» et cette femme souvent seule face à l’ombre de son mari, on comprend mieux les mécanismes qui font de cette histoire une affaire d’Etat exemplaire.

«Au bout de la vérité»

Tout ceux qui ont eu ou auront un jour l’occasion de croiser Elisabeth Borrel ont été ou seront surpris par cette volonté farouche d’aller «au bout de la vérité». Cette façon d’attaquer les phrases haut perchées, comme un procureur. Ce rire tranchant qui déstabilise l’interlocuteur. Cette pointe d’ironie effilée comme un rasoir. Au scalpel -avec l’aide d’un chirurgien de la plume, le journaliste Bernard Nicolas- elle tire les mille et un fils de son histoire.

Ce n’est pas la moindre qualité de ce livre de faire plonger le lecteur dans une histoire complexe, sans en perdre le sens. Une fois terminée la page 369, l’impression est très nette: le récit donne à voir trois lectures de l’histoire.

La première est un cri solitaire, celui d’une âme blessée. Deux enfants de cinq et huit ans sur les bras et deux cancers du sein, dont le second fut publiquement révélé, contre la volonté de la malade, par un grand quotidien du soir. Livrée sans fausse pudeur, cette confession éclaire d’un jour singulier le personnage, en martelant que «non madame Borrel n’est pas folle».

En réalité, Elisabeth Borrel est une catholique convaincue, une femme généreuse et une mère comme les autres, avec ses doutes et ses certitudes. On le savait. D’autres le découvriront. Autant le préciser : Elisabeth Borrel redoutait le contact des journalistes. «La presse? Elle me fait peur et depuis longtemps déjà». Puis, à suivre les pérégrinations de l’affaire, la partie civile qu’elle est devenue a compris que sans la presse, rien n’avancerait dans son dossier. Doit-on s’en réjouir? Pas sûr.

S’ouvre alors aux néophytes la seconde lecture. Page après page, la liste des dysfonctionnements de l’institution judiciaire, des errements de la brigade criminelle et des chausse-trappes du ministère des Affaires étrangères ne cessent de s’allonger. Jusqu’à l’écœurement. Entre des experts de médecine légale qui rendent des expertises bâclées, les juges d’instructions dessaisis parce qu’ils ont effectué une reconstitution sans la partie civile et des policiers qui cherchent absolument à vérifier que son mari était un pédophile, la nausée n’est plus très loin.

Comment de telles erreurs peuvent-elles se produire? Quels sont les filtres de contrôle de ces autorités dont le pouvoir est immense? Sont-ils sanctionnés en cas d’abus? Les amateurs du fonctionnement de l’Etat et de ses dérives seront servis. Mais, pour ceux qui connaissent les épisodes précédents (voir les nombreux articles publié ici même, sur ce site), cette litanie n’offre pas de réelles nouveautés.

«Un juge assassiné» 

La troisième et dernière lecture d’Un juge assassiné fournit les plus riches pistes de réflexion. Car si les auteurs de cet assassinat ne sont encore pas identifiés, ses commanditaires sont omniprésents. C’est d’ailleurs tout le sens du «J’accuse» emphatique que l’auteur lance en guise d’épilogue. «Parce que je suis citoyenne, mère, magistrate, veuve d’un homme que j’aime, j’exige la vérité. Je ne me détournerai pas de cette mission, je ne négocierai rien. Que Français et Djiboutiens qui l’espèrent peut-être le sachent. Je veux savoir pourquoi, par qui, Bernard Borrel a été assassiné dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995.» Suit en annexe la liste des personnalités ayant signé «l’appel pour la vérité sur l’assassinat du juge Borrel» où l’on découvre que, chez les politiques, pas un responsable de l’UMP ne figure parmi les signataires. C’est le seul parti à n’être pas représenté.

En fait, cette troisième lecture, encore floue, s’alimente de l’omniprésence des réseaux corses et de l’ex-RPR à Djibouti; de la gêne des représentants des services secrets français; ou encore de l’existence d’une franc-maçonnerie locale influente. Ces réseaux, très présents dans le monde judiciaire, ont-ils joué leur partition. Comment? Par qui? Pourquoi? Autant de questions que l’ouvrage laisse ouvertes… mais qu’Elisabeth Borrel ne renonce pas à éclaircir.

Affaire Borrel : les trois lectures de l’histoire

www.rfi.fr/actufr/articles/082/article_46899.asp

par David  Servenay

Article publié le 19/10/2006 Dernière mise à jour le 19/10/2006 à 15:46 TU

Un juge assassiné, d’Elisabeth Borrel avec la collaboration de Bernard Nicolas, Flammarion, 21 euros.



Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :