Nankin, la mémoire et l'oubli
VENDREDI 5 NOVEMBRE 2010
france5, 23h55 - 00h45
Type : documentaire
Chaque 15 août, le Premier ministre japonais se rend au sanctuaire de Yazukuni dédié aux héros militaires. Parmi eux, 14 criminels de guerre
sont honorés, dont le général Matsui, responsable déclaré du massacre de 300 000 Chinois à Nankin. Ces visites annuelles et traditionnelles sont l’expression d’un révisionnisme affiché et
provoquent régulièrement des manifestations de colère en Chine. Le sac de Nankin de décembre 1937, sous l’occupation japonaise, est au cœur d’un conflit diplomatique larvé entre la Chine et le
Japon, les deux puissances, économiques et politiques, de l’Asie du XXIe siècle. En Chine, il sert à entretenir le nationalisme et la peur du réarmement militaire nippon tandis qu’au Japon,
certains manuels historiques font l’impasse sur les massacres perpétrés en Chine à cette époque. Ce documentaire donne la parole aux survivants chinois et aux soldats japonais.
http://www.historia.fr/content/television/article?id=30202
Document 2007 - Décembre 1937: l'armée japonaise, lancée dans une guerre d'expansion coloniale en Chine,
prend Nankin, capitale du régime nationaliste du Guomindang.
Six semaines durant, la ville est livrée aux soldats nippons, qui se déchaînent dans un massacre d'une cruauté sans
précédent. En 1946, suite à la défaite du Japon, la justice des vainqueurs tentera tant bien que mal de déterminer les responsabilités et de punir les coupables lors de deux procès, l'un à Tokyo
sous l'égide des alliés, l'autre à Nankin voulu par Tchang Kaï-chek. Aujourd'hui encore, le nombre de victimes n'est pas connu avec précision, les estimations allant de quatre-vingt-dix mille à
trois cent mille.
Et les plaies ouvertes en 1937 sont loin d'être refermées. Si le souvenir de Nankin a été habilement instrumentalisé par
les dirigeants chinois, qui n'hésitent pas à en exagérer l'ampleur, il est à l'inverse allégrement nié par des " historiens " révisionnistes japonais auxquels les nouvelles générations accordent
une audience croissante. Aux provocations de l'ancien Premier ministre Junichiro Koizumi, Pékin a longtemps répliqué en entretenant des sentiments xénophobes chez les Chinois, les manifestations
spectaculaires et "spontanées" répondant aux dérapages lourds de sens des dirigeants nippons.
C'est sur le double front de l'histoire et de l'actualité que ce livre interroge deux mémoires distinctes qui, entre
propagande et tabou, s'affrontent autour d'un même événement. Par la rencontre des victimes et des bourreaux, les analyses des plus grands spécialistes chinois et japonais, la confrontation de
documents d'archives inédits et une enquête de terrain, de la Chine au Japon, du passé à aujourd'hui, Michaël Prazan s'efforce d'éclairer l'événement plutôt
que de jeter l'anathème.
Une plongée au cœur des événements qui, soixante-dix ans plus tard, menacent toujours l'équilibre de la région.
Broché
Paru le : 18/10/2007
Éditeur : Denoël (Editions)
Collection : médiations
L'auteur en quelques mots en 2007 ...
Michaël Prazan est l'auteur de plusieurs livres dont Pierre Goldman - le frère de l'ombre (2005) et Roger Garaudy, itinéraire d'une négation (avec Adrien Minard, 2007).
Il est également le réalisateur d'un important documentaire Nankin, la mémoire et l'oubli, unanimement salué par
la critique.
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