Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tian Anmen, mémoire interdite

mardi 8 février 2011 à 19h30 sur LCP - Documentaire histoire

durée : 55mn année : 2009

réalisateur : Charlie Buffet

 

http://4.bp.blogspot.com/_18UogRvKn-k/SviGzOLB_VI/AAAAAAAAB6w/jIfTc_ceu9U/s320/tiananmen-square-tank1-1808.jpgEn avril 1989, l'ancien secrétaire général du Parti communiste chinois, Hu Yaobang, meurt. Limogé en 1987 pour avoir soutenu des manifestations appelant à davantage de démocratie, il avait ranimé l'espoir dans une partie de la jeunesse. Pour lui rendre hommage, des dizaines de milliers d'étudiants, ouvriers et employés convergent vers la place Tian Anmen, à Pékin. Ils réclament la fin de la corruption et la reprise des réformes. La répression fait des centaines, voire des milliers de morts, mais aussi des milliers de personnes arrêtées, emprisonnées, torturées. Vingt ans plus tard, la mémoire de l'événement est toujours niée.

 

 

http://www.lexpress.fr/images/jaquettes/61/9782866455361.gifLes documents sur la répression de la révolte étudiante en 1989 sont éclairants sur le pouvoir communiste chinois

Le 15 avril 1989, à l'hôpital de Pékin où il avait été transporté huit jours plus tôt, Hu Yaobang, ancien secrétaire général du PC chinois, partit «rejoindre Marx», comme disent parfois les dirigeants de ce pays. C'est-à-dire qu'il mourut. D'une crise cardiaque qui l'avait frappé en pleine réunion du bureau politique. Il n'existe pas de raisons de penser que cette mort n'était pas naturelle. Elle fut pourtant l'étincelle qui mit le feu aux poudres, déclencha la dramatique crise de la place Tiananmen.

Hu Yaobang était un personnage assez populaire. Depuis le début des années 1980, il avait, à petits pas, quelque peu libéralisé le régime. Cela lui avait valu de perdre, en 1987, son poste de secrétaire général. Mais il figurait toujours parmi les hiérarques. Et représentait un espoir. Surtout pour les jeunes, qui, apprenant sa mort, se mirent à fabriquer des dazibaos à sa gloire, à celle de la réforme et de la démocratie.

Personne, ou presque, parmi les spécialistes mondiaux de la Chine n'était en mesure d'imaginer ce qui allait suivre. Les dirigeants du pays, eux, étaient inquiets. Ils disposaient d'enquêtes sur l'état d'esprit de la jeunesse et ce qu'ils appelaient l' «agitation étudiante»: la volonté de réformes s'y mêlait au mécontentement provoqué par l'augmentation du coût de la vie.

La suite est connue: l' «agitation étudiante» a grossi après la mort de Hu Yaobang. Demeure le souvenir d'un bain de sang, le sang de milliers de jeunes écrasés par l'armée, à Pékin, le 4 juin 1989. Demeure aussi une image: celle d'un homme se dressant seul, sans armes, pour arrêter une colonne de chars. Mais des millions de personnes avaient participé à ce mouvement.

Ce que l'on ignorait, c'est ce qui s'était passé au plus haut niveau. Or, voilà deux ans, ont été publiées aux Etats-Unis Les Archives de Tiananmen, une masse de documents qu'un personnage anonyme de l'appareil communiste a confiée à un sinologue américain. Il y a là des choses très diverses, des extraits de presse aux minutes des réunions des plus hautes instances du Parti. Et il est difficile d'imaginer que tous ces textes aient été fabriqués ensuite.

Publiées en français, Les Archives de Tiananmen éclairent parfaitement le mécanisme de la décision - le making of, comme dit le franglais - qui a abouti au drame. On y voit un groupe de dirigeants presque paralysés par la recherche d'un consensus, en partie parce que chacun se méfie de l'autre. Et, surtout, la lutte entre deux factions: un noyau dur, celui qui fait fonctionner l'appareil, penchant vers la réforme politique, et, à l'opposé, les anciens du Parti (huit à l'époque, autour de Deng Xiaoping), préférant la répression et décidant d'envoyer l'armée contre les étudiants. Voilà pour l'Histoire. Mais, au-delà de l'Histoire et de l'évolution de la Chine, c'est sur tout le fonctionnement des systèmes totalitaires que ce livre apporte des lumières nouvelles.

Les coulisses de Tiananmen

Par Jacques Duquesne (L'Express), publié le 09/02/2004

culture.lexpress.fr/.../zhang-liang_29372

 

 

http://www.decitre.fr/gi/39/9782847951639FS.gifDocument 2009 - " Quand j'ai réouvert les yeux, une jeune fille à côté de moi poussait des cris d'horreur et de détresse : " Les chars écrasent les étudiants ! " J'ai vu, de mes yeux vu, les chars reculer sur les cadavres qu'ils avaient écrasés, une fille avec une robe bleue - je m'en souviendrai toujours - un garçon vêtu de vert.


Les blindés avaient maintenant repris leur position sur la place. Face à cette scène inimaginable, je restais pétrifié mais étrangement calme. J'avais l'impression que dans ce monde de folie, tout pouvait arriver. La vie était soudainement devenue quelque chose de très léger, comme une feuille en automne qui chute en faisant des spirales et qu'un petit vent fait s'envoler. "

 

J'étais à Tian'anmen

Cai Chongguo

Marie Holzman (Préfacier)

Broché

Paru le : 27/05/2009

Collection : Textes essentiels


 

L'auteur en quelques mots en 2009...

 

Professeur de philosophie et dissident chinois, Cai Chongguo a vécu les évènements de 1989 place Tian'anmen.


Il vit aujourd'hui en exil à Paris.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :