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http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782354121273.jpgLes présentations des éditeurs : 12/05/2011 - De nos jours, violences et insécurité occupent une place importante dans les médias et semblent la préoccupation majeure de la société. Qu'en était-il autrefois ? Les violences étaient-elles omniprésentes ? Une évolution des notions de normes sociales et d'infraction à celles-ci s'est-elle produite ?

Cet ouvrage, publication d'un colloque tenu à l'université de Perpignan, regroupe les points de vue d'historiens, d'archéologues et de juristes. Ceux-ci proposent diverses interprétations des sources narratives, normatives, des traités juridiques, des archives judiciaires qui permettent d'approcher violences individuelles et violences collectives. Quelques communications traitent des rapports entre l'État et la violence, rapports qui peuvent être éclairés par le droit pénal, la répression des violences, les lois d'exception. Les pratiques actuelles de l'État fixant des limites juridiques au travail des historiens sont aussi abordées.


Les courts extraits de livres : 12/05/2011 - Extrait de l'avant-propos de Marie-Claude MARANDET, Professeur d'histoire médiévale, Université de Perpignan Via Domina.

La violence est aujourd'hui particulièrement médiatisée ; la presse et surtout les journaux télévisés utilisent abondamment les faits-divers dramatiques liés à celle-ci ; le nombre d'entrées sur Google la concernant me semble constituer un indice de l'inquiétude ou, tout au moins, de l'intérêt qu'elle suscite : 98 400 000 contre, par exemple, 33 200 000 pour le mot «république» et seulement 8 910 000 pour le mot « démocratie ».

Les violences, si l'on se réfère aux travaux de Robert Muchembled, n'ont cessé de décroître depuis le Moyen Âge, essentiellement par autocontrôle des pulsions agressives et désarmement généralisé des populations. Les brutalités et homicides sont en baisse constante depuis le XIIIe siècle, passant de 100 à un ; ce serait l'interdiction des armes par Louis XIII, sauf pour l'armée et la maréchaussée, qui ferait diminuer la violence qui ne s'exercerait plus qu'avec les poings, les armes improvisées.

Notre civilisation, dit-il, est globalement apaisée, contrairement aux idées actuelles. En 2009, en France, le taux d'homicides volontaires était de 1,78 pour 100 000 habitants contre 10 pour 100 000 entre 1600 et 1650, contre 50 en Amérique Centrale et du Sud, ce qui était peut-être le taux médiéval. Il existe donc un hiatus entre la réalité et la perception qu'on en a. Si la violence est bien moindre qu'elle ne l'était autrefois, on assiste toutefois, en France, en 2010, à une augmentation des violences contre les personnes de l'ordre de 2,5 %.

L'effort des sociétés a été constant pour expulser la violence ou au moins la limiter par les règles, les lois, l'usage de la menace spirituelle : l'Enfer promis aux pécheurs... Le pardon toutefois était accordé par le souverain, même aux crimes de sang (lettres de rémission) d'où l'idée d'une violence acceptable, tolérée, au moins au Moyen Âge, alors qu'aujourd'hui elle constitue un tabou majeur.

Ce colloque consacré à la violence semble correspondre aux inquiétudes actuelles de la population, en fait, il est lié au thème «Violence et ordre social» choisi par le CRHISM, Centre de Recherches Historiques sur les Sociétés Méditerranéennes, centre de recherches du département d'histoire de l'université de Perpignan Via Domitia, pour fédérer les travaux de ses chercheurs (titulaires, associés ou étudiants), répartis dans les deux axes permanents de recherche (le projet scientifique pour la période 2008-2010 portait sur deux thèmes : l'espace pyrénéen et ses piémonts : histoire et patrimoine et arts et patrimoines des sociétés méditerranéennes). Des cours de Master 1 et Master 2 reprennent ce sujet : l'ordre social comme objet historique ; normes publiques et privées, transgressions en Méditerranée occidentale ; violences individuelles, violences collectives : typologie de la violence en Méditerranée occidentale.

Violence(s) de la préhistoire à nos jours : les sources et leur interprétation : colloque du Centre de recherches historiques sur les sociétés méditerranéennes

Auteur : Marie-Claude Marandet

Date de saisie : 12/05/2011

Genre : Sociologie, Société

Éditeur : Presses universitaires de Perpignan, Perpignan, France

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