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Lorsque paraît en 1881 le texte d’Alexandre Lacassagne, la presse nationale adopte un ton léger pour signaler une enquête suscitant un intérêt de curiosité. Il n’y a en effet que des « statisticiens » ou des médecins pour constituer une collection de 2 000 tatouages à des fins d’études. Les rares journaux annonçant cette parution s’intéressent d’ailleurs moins aux analyses de son auteur qu’à relever les expressions « absolument caractéristiques » prises sur les soldats condamnés du deuxième bataillon d’Afrique telles Enfant du malheur ; Pas de chance ; Souvenir d’Afrique ; Amitié ; Mort aux femmes infidèles ; Le passé m’a trompé, le présent me tourmente, l’avenir m’épouvante ; Vive la France et les pommes de terre frites… Ils rapportent aussi des portraits exécutés par copie de gravure de journaux, tels Garibaldi, Napoléon Ier et Jeanne Granier, une actrice chanteuse alors en vogue. Ils remarquent enfin que « certains tatoueurs sont de véritables artistes », gravant sur peau des compositions : une chasse au lion, le martyre de sainte Blandine, l’accident du duc d’Orléans sur la route de Neuilly…
Si le livre d’Alexandre Lacassagne (1843-1924), connu et reconnu comme le chef de file de « l’école lyonnaise » de criminologie, s’inscrit dans une filiation médico-légale, il s’en démarque par sa méthodologie et l’intérêt porté au tatouage comme signe de criminalité.
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