Longtemps occulté, le rôle des femmes dans la Libération fut pourtant décisif. Une partie de la résistance française s’organise autour de figures féminines, telle Berty Albrecht. Existe-t-il des spécificités dans ces organisations mixtes ? Comment expliquer cette reconnaissance tardive ?
- Christine Levisse-Touzé, historienne, présidente du conseil scientifique du musée de l’ordre de la Libération
- Dominique Missika, historienne, éditrice, productrice
La croix de la Libération est destinée "à récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de libération de la France et de son Empire". Nous y trouvons dix-huit unités militaires, terre, air, mer ; cinq communes, qu’il est aisé de citer, Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors et l’île de Sein.
Quant aux 1 038 personnes honorées, il serait trop long de donner tous les noms, sinon ceux des six femmes – seulement six –, honneur de la France : Berty Albrecht, fondatrice du mouvement Combat, qui se suicide à la prison de Fresnes en 1943 ; Laure Diebold, agent de liaison du réseau Mithridate, secrétaire de Jean Moulin, déportée ; Marie Hackin, archéologue, chargée de mission avec son mari, disparue en mer en février 1941quand leur navire est torpillé ; Marcelle Henry, membre du réseau d'évasion VIC, dirigé par Henri Levin, morte peu après son retour de déportation ; Simone Michel-Lévy, résistance des P.T.T., morte en déportation ; Émilienne Moreau-Evrard, héroïne de la Grande Guerre, agent du réseau Brutus, décédée en 1971. Il faut rappeler leur nom et leurs actions pour honorer ces compagnons – ces compagnes – de la Libération et à travers elles toutes les femmes qui ont résisté.
Sur les 1038 compagnons de la Libération, seuls six sont des femmes. Pourtant, les noms d’héroïnes de la Résistance ne manquent pas : Lucie Aubrac, Germaine Tillion, Annette Beaumanoir, Geneviève de Gaulle…. Si ces femmes n’ont pas reçu la croix de la Libération, elles n’en ont pas moins été commémorées, honorées, parfois panthéonisées. Au-delà de ces grands noms, la reconnaissance des femmes de la Résistance a été plus tardive que celle de leurs homologues masculins...
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Le Cours de l'histoire
Par Xavier Mauduit. Du lundi au vendredi, "Le Cours de l'histoire" remet au goût du jour le récit de l'histoire, réservant un traitement à toutes ses occurrences dans l'espace public comme dans les productions culturelles, tout en restant très attentif à l'actualité de la recherche.
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En vingt ans, les questions ont évolué, les problématiques se sont déplacées, l’enjeu politique que représente le savoir historique pour nos sociétés, pour les citoyens comme pour les pouvoirs n’est plus le même : à bien des égards, il occupe une place plus importante que jamais. Le Cours de l’histoire remet au goût du jour le récit de l’histoire, réservant un traitement à toutes ses occurrences dans l’espace public comme dans les productions culturelles, tout en restant très attentif à l’actualité de la recherche.
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