Plus d’une dizaine de bidonvilles ont existé à Nanterre entre le début des années 1950 et le début des années 1960, avant de faire l’objet d’une grande opération de « résorption » en 1971. Ils ont abrité plusieurs milliers de familles étrangères, en grande majorité algériennes et marocaines, mais aussi tunisiennes, portugaises ou italiennes. Si les bidonvilles sont nombreux en France à l’époque, et s’inscrivent dans une continuité du logement précaire et de l’entrée en ville des migrants, ceux de Nanterre sont exceptionnels par leur taille, la présence de nombreuses familles, ainsi que la répression policière violente dont ils ont fait l’objet pendant la guerre d’indépendance algérienne. Espaces de relégation pour des groupes qui ne sont alors pas accueillis dans le parc de logement social, ces quartiers ont pourtant été, aussi, le territoire d’une forte intégration locale.
Muriel Cohen est maîtresse de conférences à l’université du Mans, chercheuse du laboratoire TEMOS et fellow de l’Institut Convergence Migrations. Elle a publié en 2020 Des familles invisibles. Les Algériens de France entre intégrations et discriminations (1945-1985) aux Éditions de la Sorbonne. Ses travaux portent sur l’histoire des migrations et des quartiers populaires.
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Bidonvilles de Nanterre (années 1950-années 1970) (Les)
Dès l'entre-deux-guerres, Algériens et Marocains s'installent dans les communes ouvrières des boucles ouest de la Seine, à Boulogne, Levallois, Clichy, mais aussi Gennevilliers et Nanterre. Au ...
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