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Si la femme victorienne idéale était censée être une fée du logis, la criminelle, elle, était vue comme un démon des prisons. Les détenues, perçues comme autant de déviantes perturbatrices qu’il fallait domestiquer, devinrent un problème majeur à la fin du XIXe siècle. Elles firent l’objet de tentatives de déconstruction et reconstruction identitaires visant à les transformer en « vraies femmes ».

Les détenues anglaises et galloises représentent actuellement environ 5% de la population carcérale. Entre 1995 et 2010, le nombre de femmes emprisonnées a connu une augmentation de 125%. Cette hausse inquiétante a relancé le débat sur la question de leur réinsertion. L’idée de réformer les criminels n’est pas nouvelle, mais elle se décline sous une forme différente à l’époque victorienne et édouardienne. Dans une société fascinée par l’esprit criminel [1], remodeler l’identité des délinquants selon des normes morales genrées apparaît comme fondamental. La femme criminelle en particulier devient la cible de nombreuses tentatives de reconstruction...

Alice Bonzom est doctorante en civilisation britannique (ATER) à l’Université Lyon 2. Son travail de thèse, dirigé par Neil Davie, s’intitule : « Criminelles ou rebelles, déviantes ou démentes : femmes victoriennes et édouardiennes dans l’univers carcéral londonien (1877-1918) ».

Tag(s) : #Femmes - repères biographiques, #Femmes dans la société, #Prisons actuelles - Évasions, #Prisons anciennes
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