
Document 2010 - Par quel étrange paradoxe le contrat social, censé instituer la liberté et
l'égalité civiles, a-t-il maintenu les femmes dans un état de subordination ? Pourquoi, dans le nouvel ordre social, celles-ci n'ont-elles pas accédé, en même temps que les hommes, à la condition
d'« individus » émancipés ? Les théories du contrat social, héritées de Locke et de Rousseau, et renouvelées depuis Rawls, ne peuvent ignorer les enjeux de justice que soulève le genre.
Carole Pateman montre, dans cet ouvrage de référence enfin traduit en français, que le passage de l'ordre ancien du statut à une société moderne du contrat ne marque en rien la
fin du patriarcat. La philosophe met ainsi au jour l'envers refoulé du contrat social : le « contrat sexuel », qui, via le partage entre sphère privée et sphère publique, fonde la liberté des
hommes sur la domination des femmes.
Il s'agit là moins d'exploitation que de subordination, comme le démontre l'auteure en analysant le contrat de mariage, mais aussi l'ensemble des contrats qui touchent à la propriété de la
personne, de la prostitution à la maternité de substitution, jusqu'à l'esclavage et au salariat. Ainsi s'engage, à partir du féminisme, une critique de la philosophie politique libérale dans son
principe même : pour Carole Pateman, un ordre social libre ne peut en aucun cas être de type contractuel.
Charlotte Nordmann (Traducteur) , Geneviève Fraisse (Préfacier) , Eric Fassin (Postfacier)
Broché
Paru le : 04/11/2010
Éditeur : La Découverte
Collection : textes à l'appui
Sur le site La vie des idées
À propos de : C. Pateman, Le Contrat Sexuel, traduction de C. Nordmann, La Découverte.
par Marie Garrau [18-01-2011]
/image%2F0535626%2F20201105%2Fob_776525_121486191-103977568156252-511899038425.jpg)