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http://www.decitre.fr/gi/12/9782842875312FS.gifLes présentations des éditeurs : 05/05/2011 - Cet ouvrage reprend une série d'articles publiés depuis une vingtaine d'années par Marc Lits autour du genre policier. Tous ces articles ont été remaniés et actualisés, pour proposer un état des lieux clair et cohérent des transformations du policier depuis 150 ans, et montrer ses innombrables transformations à travers les formes et les supports de la culture médiatique contemporaine.

Il replace l'histoire du genre policier dans ses différents avatars en repartant d'une définition du roman d'énigme, pour montrer les raisons qui ont amené le modèle canonique à se transformer en différents sous-genres. Il n'y a pas de roman policier, il y a plutôt une variété de catégories, de l'énigme classique jusqu'au polar ou au roman noir. Il est donc utile de clarifier les définitions et les limites d'un objet oedipien à plus d'un titre. En outre, le genre policier est sans cesse confronté à la tentation du littéraire et à la confrontation avec le réel. Entre ces deux tensions, il a souvent du mal à trouver sa place, d'autant plus qu'il doit aussi, désormais, se situer par rapport aux fictions policières cinématographiques et télévisuelles. Ce n'est pas seulement la forme qui évolue, ce sont aussi les supports qui la véhiculent. C'est ainsi que la comparaison du récit policier avec la nouvelle ou avec le fait divers permet aussi de définir les limites du genre.

Le cadre ainsi délimité, il n'est pas inutile de revenir à quelques figures fondatrices : des auteurs marquants comme Simenon, Véry, Steeman ou Malet, des héros emblématiques comme Arsène Lupin ou Nestor Burma. Mais au-delà de l'analyse textuelle, ce volume propose une analyse des fictions criminelles audiovisuelles. La question n'est pas neuve, puisque Simenon a longtemps voulu s'occuper des adaptations de ses films, mais aujourd'hui la matrice policière inspire sans discontinuer l'audiovisuel, au cinéma, en télévision, dans les fictions, mais aussi dans les reality shows. La structure policière est tellement porteuse de rebondissements, de suspense, qu'elle irradie tous les genres audiovisuels, y compris dans les magazines d'information. Cela prouve que le genre policier se réinvente tous les jours, et que sa formule ne cesse d'irriguer les productions médiatiques les plus diverses.

Marc Lits est docteur en philosophie et lettres de l'Université catholique de Louvain, où il est professeur au département de communication. Il dirige l'Observatoire du récit médiatique (ORM), une équipe de recherche spécialisée dans l'analyse des médias et des productions culturelles de masse. Après une thèse consacrée au roman policier francophone, il s'intéresse aussi au fait divers, aux séries télévisées, mais il suit également les évolutions du discours politique dans les médias. Il a publié récemment Du récit au récit médiatique (De Boeck, coll. "Info&Com", 2008).

 

  • Les courts extraits de livres : 05/05/2011

Extrait de l'introduction - Le succès mondial de la trilogie «Millenium» de l'écrivain suédois Stieg Larsson et de son improbable duo d'enquêteurs, Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, est un peu l'arbre qui cache la forêt quand on parle aujourd'hui du roman policier. Certes, il reste quelques auteurs vedettes comme Patricia Cornwell, Harlan Coben, Michael Connelly, voire James Ellroy ; les ventes des livres d'Agatha Christie et de Georges Simenon se portent bien (même quand ce dernier est réédité dans la collection de la Pléiade). Les films noirs continuent à avoir du succès au cinéma (à l'exception des remakes de séries télévisées, comme Starsky et Hutch ou Chapeau melon et bottes de cuir), et les séries télévisées d'inspiration policière font toujours le plein d'audiences, des rediffusions de l'increvable « Derrick » aux « Experts » de Manhattan, de Miami ou d'ailleurs (pas de France où l'imitation « Section de recherches » n'a jamais trouvé les audiences espérées par ses producteurs).

Ces succès ponctuels ne peuvent cependant masquer une crise du roman policier, en tout cas, dans le secteur éditorial. Elle peut en partie être expliquée par les glissements des choix du public de l'écrit vers l'écran, correspondant en cela à une crise générale de l'édition, mais elle trouve aussi des explications dans la difficulté du genre à se renouveler. L'école du "néo-polar", portée par Jean-Patrick Manchette, a représenté en France le dernier succès d'audience du genre policier. Mais ce succès éditorial a rapidement connu ses limites, et on ne trouve guère de mouvement fort qui l'ait remplacé. Certes, Jean-Claude Izzo a pu, bien malgré lui, lancer la mode du polar régional (et plus particulièrement méridional), Jean-Bernard Pouy a innové avec sa collection du « Poulpe », où différents auteurs s'appropriaient un même personnage principal, Maurice G. Dantec a joué sur les frontières entre policier, science-fiction, politique et provocation. Mais il s'agit à chaque fois de succès isolés, qui ne font pas école et qui ne relancent pas le genre. En témoignent les baisses de tirage très fortes de toutes les collections policières, les difficultés de collections historiques comme la « Série noire ». Et si les romans de Fred Vargas connaissent un succès mérité, ce n'est pas pour leur bouleversement des règles du genre et leur nouveauté narrative.

Il est donc utile de revenir sur ce genre protéiforme, en le situant peut-être davantage dans une histoire culturelle des productions populaires, et en regardant aussi comment les fictions de masse (dont le genre policier est un excellent représentant), aujourd'hui plus que jamais, traversent les genres et les formes, se retrouvant dans la littérature générale, dans les mangas, les séries télévisées, les reality shows, voire les magazines télévisés d'information. Tant la dimension herméneutique et la structure narrative du genre restent fécondes pour tout raconteur d'histoire, vraie ou imaginaire.

De la littérature populaire au roman policier - Les notions de "littérature populaire" ou de "paralittérature" ont toujours posé problème pour ceux qui ont essayé de les définir. Cette difficulté originelle pourrait être dépassée si l'on intègre ces deux termes, et les objets qu'ils désignent, dans un paradigme plus ample, celui de "culture médiatique". Au-delà de ce premier enjeu, d'ordre théorique, il peut être intéressant de montrer comment l'observation des objets de la culture médiatique permet de prendre en compte, dans des séries culturelles de longue durée, tout en respectant leurs spécificités sémiotiques, des productions culturelles de masse des XIXe et XXe siècles. Pour illustrer ces hypothèses, les fictions policières, depuis les déductions de Sherlock Holmes jusqu'aux enquêtes du commissaire Derrick, en passant par les aventures d'Arsène Lupin, peuvent fournir le meilleur des exemples.

Le genre policier dans tous ses états : d'Arsène Lupin à Navarro

Auteur : Marc Lits

Date de saisie : 05/05/2011

Genre : Policiers

Éditeur : PULIM, Limoges, France

Collection : Mediatextes

 

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