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http://www.decitre.fr/gi/69/9782711772469FS.gifDocument 2007 - Le 9 décembre 1946, à Nuremberg, s'ouvre le procès de médecins allemands, précédé de celui des dignitaires nazis. Le monde entier est encore sous le choc de l'ampleur et de la gravité des crimes perpétrés par les nazis, et prend conscience de l'horreur de la Shoah. L'accusation met en évidence la dimension particulièrement atroce des expérimentations médicales réalisées sur des êtres humains dans les camps de concentration.

Ce qui se joue dans ce procès dépasse largement les actions criminelles de quelques médecins dévoyés. Il s'agit du fondement même du nazisme et de sa prétention à ériger un autre code de comportement que celui que les hommes ont finalement privilégié, au moins à titre d'horizon souhaitable, dans nos sociétés de liberté et de démocratie. Les questions d'ordre éthique soulevées par les experts médicaux de l'accusation et les réponses qu'ils ont apportées aux arguments des accusés et de leurs avocats constituent une réflexion qui est à l'origine du Code de Nuremberg. Elle sera poursuivie et approfondie un an plus tard dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, puis par la suite dans la Déclaration d'Helsinki qui énonce les « Principes éthiques applicables aux recherches médicales sur des sujets humains ». Le Code de Nuremberg, dont la portée historique est fondamentale sur le plan juridique et médical, définit la légitimité des expériences médicales et le statut des personnes participant à une expérimentation. Il annonce ainsi la naissance de la bioéthique moderne.

« Ce procès des médecins pose des problèmes d'une exceptionnelle gravité. Le Dr Bruno Halioua, qui accomplit depuis plusieurs années un travail de pionnier dans la révélation du rôle des médecins pendant la guerre, ne les esquive nullement dans ce livre important. »

Richard Prasquier - Président du Comité français pour Yad Vashem


«Dans la restitution que Bruno Halioua produit des justifications présentées par les autorités médicales ou militaires aux dignitaires nazis afin d'obtenir le quota de "sujets" nécessaires à leurs expérimentations, il est accablant de constater quelques similitudes avec la neutralité scientifique de certains protocoles ou prises de position qui pourtant, aujourd'hui, ne surprennent plus.»

Emmanuel Hirsch - Professeur d'éthique médicale, université de Paris-Sud 11

 

  • Les courts extraits de livres : 07/06/2007

 

Extrait de la préface : L'exigence de conscience

«Entre l'Homme et l'État, il y a la conscience», déclare au cours du procès relaté dans ce livre un médecin allemand qui n'était pas parmi les accusés. Et le souvenir revient de cette phrase si belle que le Dr François Rabelais mettait dans la bouche de son enseignant idéal : «Science sans conscience n'est que ruine de l'âme...»

Pendant longtemps, je n'avais pas voulu m'intéresser aux crimes des médecins nazis. Les descriptions horribles des expériences aberrantes effectuées par des médecins déséquilibrés jouissant d'un pouvoir absolu dans cet «anus mundi» qu'était Auschwitz (suivant la formule de l'un des médecins nazis du camp) me paraissaient être l'une des monstruosités de ce lieu où I 200 000 personnes, dont 90 % de juifs, ont été exterminées. La plupart des victimes, il faut le répéter encore et encore, car malgré tout le travail de mémoire les ignorances et les ambiguïtés restent profondes, ont été assassinées dans les chambres à gaz où elles étaient transportées dès leur arrivée dans le camp, après la «sélection» effectuée par des médecins à la descente du train.

II n'y avait pas de médecin en contact avec des prisonniers à Treblinka, à Sobibor, à Belzec ou à Chelmno, tout simplement parce qu'en dehors des Sonderkommandos il n'y avait pas de prisonniers dans ces usines de mort qu'étaient les camps d'extermination. Mais il y avait des médecins dans les camps de concentration (Dachau, Buchenwald et tant d'autres) : quelques-uns d'entre eux, une minorité, ainsi que certains de leurs contacts dans le monde professionnel de la médecine ou de l'administration de la santé sont les accusés de ce deuxième procès de Nuremberg, commencé dès la fin du «grand» procès des chefs nazis.

Ce procès des médecins pose des problèmes d'une exceptionnelle gravité. Le Dr Bruno Halioua, qui accomplit depuis plusieurs années un travail de pionnier dans la révélation du rôle des médecins pendant la guerre, ne les esquive nullement dans ce livre important.

Le procès des médecins de Nuremberg : l'irruption de l'éthique médicale moderne

Auteur : Bruno Halioua

Date de saisie : 09/05/2007

Genre : Histoire

Éditeur : Vuibert, Paris, France

Collection : Espace éthique

 

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