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Document 2004 - En deux cents ans, la mort s'est médicalisée et, au chevet du mourant, le médecin a remplacé le prêtre. Mais les questions que soulève le rapport des médecins à la mort n'ont guère changé. Que faire face à un malade que l'on sait condamné ? Comment l'accompagner jusqu'à la fin ? Faut-il prolonger ou abréger son agonie, faut-il l'adoucir ? Savoir si le patient est bel et bien mort est une préoccupation qui n'a cessé d'être centrale depuis deux siècles. La recherche d'une preuve incontestable du décès n'est pas seulement affaire de scrupule scientifique, elle est aussi induite par la peur : le grand effroi du XIXe siècle, c'est d'être enterré vivant, et, pour s'assurer qu'aucune étincelle de vie ne demeure, le cadavre fait parfois l'objet de " tortures " effroyables à nos yeux. Depuis, les peurs se sont déplacées ; ce que nous redoutons pour nous et pour nos proches, ce sont ces morts qui n'en sont pas : les comas, les états végétatifs.


Quant à l'euthanasie ou à l'" acharnement thérapeutique ", ces débats agitent la communauté des médecins dès le XIXe siècle, avec des mots différents, bien sûr. Le problème de la douleur, en revanche, ne sera pris en compte que bien plus tard : il faut attendre les années 1960 pour que les médecins voient en elle autre chose qu'un mal nécessaire, voire un symptôme utile pour la science. L'ultime question, en somme, pour les médecins d'hier et d'aujourd'hui, serait peut-être : la mort est-elle un ennemi à combattre ou un territoire à conquérir ?

Les médecins et la mort : XIXe - XXe siècle

Anne Carol (Auteur)

Broché: 338 pages

Éditeur : Flammarion (16 avril 2004)

Collection : Historique



http://www.univ-provence.fr/public_html/univ-provence/_fichier/COM/photo/0.336822001289210894.JPGDocument 2004 - Qu'est-ce qu'être vivant ou mort ? Les débats portent aujourd'hui sur la définition de la mort cérébrale. Anne Carol nous rappelle qu'au XIXe siècle la grande peur était d'être enterré vivant. On recherchait alors fébrilement les signes incontestables d'un décès irrémédiable*.


« Il est un danger effroyable, immense, qui nous menace tous également, grands et petits, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, épée de Damoclès suspendue sur nos têtes, en tout lieu, en toute heure(1)... » C'est par ces termes solennels qu'un philanthrope met en garde, sous le Second Empire, ses contemporains. S'agit-il d'épidémie, de catastrophe naturelle ? Non. Ces mots renvoient à une peur immémoriale, mais qui connaît une sorte d'acmé au XIXe siècle : celle des inhumations prématurées. Une peur qui traverse les âges et les frontières La crainte d'être enterré vif est en effet ancienne. Lorsque Bruhier fait paraître en 1742 sa Dissertation sur l'incertitude des signes de la mort [...], il fournit à l'appui de sa thèse des dizaines d'histoires empruntées à la littérature savante ou populaire racontant des cas d'individus enterrés vifs. Ces récits reprennent peu ou prou le même canevas narratif : tel homme ou femme, cru mort, se réveille alors qu'on le veille ; tel autre, alors qu'il était déjà enterré, manifeste des signes de vie au moment où est commis un vol dans sa tombe... Tous attestent de la pérennité de cette phobie à travers les âges et les frontières. Ce qui change, à partir du milieu du XVIIIe siècle, c'est sa prise en compte par le corps médical, qui entreprend de débattre sur le degré de certitude des signes de la mort, les possibilités de confusion entre mort apparente et mort réelle, et la probabilité d'être enterré vif en pareil cas(2). Se voulant rassurants, les médecins attisent en fait les...


Enterré vivant ! Enquête sur une phobie du XIXe siècle

Par Anne Carol
publié dans L'Histoire n° 292 - 11/2004  Acheter L'Histoire n° 292  +

 

 

 

Anne Carol
Professeur des universités - PR2
Habilité à diriger des recherches
carol[at]mmsh.univ-aix.fr

Champs de recherche

Histoire de la pensée et de la pratique médicale époque moderne et contemporaine
Histoire du corps vivant et mort à l'époque contemporaine
Histoire des femmes en France XIXe siècle


Cursus

Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure (Fontenay)
Agrégation d'histoire  (1984)
Doctorat d'histoire à Paris I en 1993
Habilitation à diriger des recherches à Aix-Marseille I en 2004 : Normes, représentations et pratiques médicales France XVIIIe-XXe siècle. Pour une histoire sociale et culturelle de la médecine
Membre de l'Institut Universitaire de France

Sujet de thèse

Thèse de doctorat en histoire dirigée par Jacques Léonard, puis Alain Corbin, soutenue à Paris I en 1993 :
Les médecins français et l'eugénisme 1800-1942. De la mégalanthropogénésie à l'examen médical prénuptial.

Activités d'enseignement

En 2010-2011 à l'Université de Provence :

Les femmes dans la société française au XIXe siècle (niveau L3)

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