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http://www.lexpress.fr/images/jaquettes/93/9782228901093.gifDocument 2006 - L'" affaire Blunt " éclate officiellement en novembre 1979, quand la presse britannique révèle que Sir Anthony Blunt (1907-1983), l'un des plus grands historiens d'art de son temps, " redécouvreur " de Poussin et inspecteur des tableaux de la collection royale, a servi les intérêts de l'Union soviétique. Les Français connaissaient les célèbres espions Burgess, Maclean et Philby, mais il manquait à ce trio un chaînon sans lequel la trahison au profit de l'Est de ces trois gentlemen issus de Cambridge aurait gardé son mystère. En racontant la vie d'Anthony Blunt, Miranda Carter nous fait comprendre comment l'URSS a pu fasciner l'élite britannique dans la première moitié du XXe siècle. Elle brosse notamment une fresque remarquable de la vie quotidienne dans les collèges anglais durant l'entre-deux-guerres.

Avec un père aumônier de l'ambassade de Grande-Bretagne à Paris, c'est en France que Blunt s'initie à la peinture. Au Trinity College de Cambridge, le jeune homme poursuit de brillantes études et fréquente le Club des Apôtres, dont semblent bien avoir été membres tous ceux qui en Angleterre, de John Maynard Keynes à Bertrand Russell, se forgeront un nom en économie, philosophie, politique... voire espionnage. Leur grand principe est contenu dans ces mots de E. M. Forster : «Si j'avais à choisir entre trahir mon pays et trahir mes amis, j'espère que j'aurais le courage de trahir le premier.» De cette maxime Anthony Blunt fera son credo. Comme plusieurs de ses anciens condisciples, il devient marxiste à sa façon dans les années 1930, devant la montée des fascismes et peut-être surtout dans l'idée selon laquelle seule une société de type marxiste pourra promouvoir une morale affranchie des tabous sexuels. Or ces futurs espions sont pour la plupart homosexuels dans une société britannique encore très victorienne.

En 1939, Blunt est déjà une autorité en matière de peinture. Promis au plus bel avenir au sein de l'élite britannique, il va cependant devenir espion au profit de l'URSS durant les années de guerre, tandis qu'il travaillera pour le MI5 (Military Intelligence), le contre-espionnage britannique. Outre livrer des informations aux Soviétiques, il s'emploiera à couvrir d'autres agents sur lesquels pèse le soupçon. Après la victoire des Alliés, il est chargé par Georges VI de récupérer en Allemagne un dossier compromettant sur le " philonazisme " du duc de Windsor, ex-Édouard VIII, et devient inspecteur des tableaux de la collection royale puis directeur de l'illustre Institut Courtauld. La carrière prestigieuse de ce membre à part entière de l'establishment ne sera pas brisée lorsque, en 1964, il acceptera de passer aux aveux sur ses activités d'espion et celles de ses " complices "... en échange d'une immunité totale.

Ce sera le secret le mieux gardé d'Angleterre jusqu'en 1979, quand le journaliste Andrew Boyle révélera tout dans son livre Un climat de trahison (Lattès, 1980). La Chambre des Communes décidera pourtant de ne pas ouvrir d'enquête publique : «La Grande-Bretagne est un pays qui met ses traîtres ordinaires en prison mais laisse les traîtres gentlemen au palais de Buckingham», s'exclamera le député Hamilton. Car tel est bien le fil directeur de toute la biographie d'Anthony Blunt, depuis les années de collège jusqu'aux sphères de l'intelligentsia, en passant par l'espionnage : une succession d'histoires entre gentlemen...

http://www.amheath.com/assets_cm/files/image/84.jpgMiranda Carter est née en 1964. Elle a été éditrice et journaliste avant de consacrer plusieurs années à la biographie d'Anthony Blunt, parue en 2001. Pour ce livre elle a reçu l'Orwell Prize for Political Writing et le Royal Society of Literature Award. Aux États-Unis, le New York Times Book Review a retenu son ouvrage parmi les sept meilleurs de l'année 2002. Aujourd'hui, Miranda Carter est critique littéraire et critique d'art pour le Daily Telegraph. Elle collabore aussi à la London Review of Books et à l'émission " Saturday Review " (BBC Radio 4). Elle prépare une biographie croisée de Nicolas II, Guillaume II et George V.

 

  • La revue de presse Yves Stavridès - L'Express du 26 octobre 2006


Mais qui, en dehors des cercles de l'art, connaissait vraiment ce Blunt ? Tant d'âneries auront circulé sur son compte, et il était sûrement temps que quelqu'un fasse le ménage. Miranda Carter a pris son balai et son courage à deux mains: débarrassé des fantasmes d'usage, son Gentleman espion ne ressemble guère au commander Bond - l'homme ne sait pas même se servir d'un appareil photo - mais sa douloureuse aventure a du style...


Erreurs de jugement, naïveté et masques: en somme, cette biographie d'espion est une épatante réflexion sur l'univers des apparences.

 

  • La revue de presse Marc Riglet - Lire, septembre 2006


L'invraisemblable itinéraire d'Anthony Blunt, membre de l'intelligentsia britannique et traître à son pays.

Ils étaient jeunes, beaux, intelligents et homosexuels. Ils sortaient des public schools - ce qui en dit long sur leurs origines sociales - mais ils détestaient le sport - ce qui laisse pressentir leur tendance à l'anticonformisme. Leur destin se noua à Cambridge, où, dans les années 1930, ils embrassèrent la cause du communisme. Ils poussèrent cet engagement jusqu'au bout puisqu'ils devinrent espions au service de l'Union soviétique.

Gentleman espion : les doubles vies d'Anthony Blunt

Auteur : Miranda Carter

Traducteur : Bernard Blanc

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Éditeur : Payot, Paris, France

Collection : Documents

 

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