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Document 2006 - À partir des registres d'écrou d'une "maison de redressement" ; située au 19 rue de Crimée, à Paris, pendant l'Occupation, Jean-Luc Einaudi enquête sur le sort d'adolescents remis à la police française ou aux Autorités allemandes. Pourquoi ont-ils été arrêtés ? Que sont-ils devenus ? Identité, religion, raison de l'emprisonnement, rédaction qu'on leur demande d'écrire, etc.

Les documents administratifs, dont des fac-similés sont reproduits dans le livre, dévoilent une terrible machinerie. Certains de ces adolescents seront assassinés dans les camps nazis. D'autres ont survécu et témoignent.

Livre de mémoire, Traces n'en pose pas moins la question toujours actuelle de la conscience et de la responsabilité personnelle.

Éducateur, Jean-Luc Einaudi est aussi l'auteur de nombreux ouvrages, notamment sur la période de la guerre d'Algérie. La Bataille de Paris, 17 octobre 1961 (Seuil, 1991) a permis de faire connaître ce crime commis lorsque Maurice Papon était préfet de police.

 

  • Les courts extraits de livres : 27/06/2006

Tandis que l'on pourchasse les anciens propriétaires de l'établissement de l'Orphelinat maçonnique, l'Éducation surveillée, qui, au sein de l'Administration pénitentiaire, est chargée de s'occuper des mineurs, le transforme en un Centre d'Observation pour Mineurs. L'établissement, exclusivement réservé aux garçons, est administrativement rattaché à la prison de La Petite Roquette. Sa contenance théorique est de cent dix places. La direction en est confiée à Monsieur Farge, assisté d'une économe, Madame Legris. Le personnel est constitué d'une quinzaine de surveillants, à la tête desquels se trouve un Premier Maître, de trois ou quatre éducateurs chargés particulièrement de l'observation des mineurs en classe, de deux psychotechniciennes, d'un médecin psychiatre, d'un interne en médecine.

Le 31 mars 1941, les premiers garçons sont transférés au Centre. Ils sont quarante-cinq. Jusqu'au 16 août 1944 et la Libération de Paris, 2404 mineurs, de 14 à 17 ans, vont y séjourner. Vol, tentative de vol, sont les chefs d'inculpation les plus fréquents.

Lorsqu'un garçon arrive au Centre, sur décision d'un juge d'instruction, il est d'abord inscrit sur le registre d'écrou où le greffier note les divers renseignements le concernant : nom, prénom, ainsi que ceux des parents, avec le nom de jeune fille de la mère, date et lieu de naissance, adresse, profession, degré d'instruction, signalement, marques particulières, motif de l'inculpation, nom du juge d'instruction. Une ligne est réservée à la «religion déclarée». Les empreintes digitales de chaque garçon sont également imprimées sur le registre. Par la suite, on note la destination du garçon à sa sortie du Centre. Ce sont ces registres que j'ai retrouvés soixante ans plus tard.

Le séjour au Centre est, en général, de courte durée : de quelques jours à quelques semaines. Les garçons y sont parfois conduits directement mais souvent ils viennent de la prison de La Santé, de la Maison d'Éducation surveillée qui se trouve à la prison de Fresnes ou de la Maison d'Éducation surveillée des Tourelles, située au 141 boulevard Mortier, à Paris, et installée dans les locaux d'une ancienne caserne.

Traces : des adolescents en maison de redressement sous l'Occupation

Auteur : Jean-Luc Einaudi

Genre : Société Problèmes et services sociaux

Éditeur : Ed. du Sextant, Paris, France

 

 

 

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