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Document 2006 - L'habit ne fait pas le moine, dit-on... L'abbé de Choisy, le chevalier d'Eon, Mlle Maupin, célèbre cantatrice à l'Opéra de Paris, la marquise de Morny refusaient le conformisme de leur genre et avaient l'habitude de revêtir les costumes de l'autre sexe. Loin d'être marginaux, ils menèrent souvent leur vie au grand jour. Ainsi, habillé en femme, Timoleon de Choisy écrivit son Histoire de l'Eglise en onze volumes ; mais il vivait sa sexualité au masculin et il eut un enfant de sa servante habillée en comte. Le chevalier d'Eon, au service officiel de Louis XIV en Angleterre, vivait tantôt au masculin, tantôt au féminin. A sa mort, à Londres, les paris sur son sexe atteignirent un chiffre record, mais la femme d'Eon était bien un homme ! Quant à la Maupin, elle s'amusait elle aussi à jouer de cette double identité. Sa vie fut un roman qui inspira Théophile Gautier.


Et que dire des femmes soldats, ces amazones des siècles passés ? Pour montrer que le pouvoir n'a rien à voir avec le sexe biologique, la tsarine Élisabeth de Russie exigeait chaque mardi que sa cour permute de genre à l'occasion du «bal des métamorphoses»...


Plus près de nous, frondeur d'un nouveau genre, Albert est passé à l'acte et, profitant des progrès de la médecine, est devenu Kate. Son histoire emblématique outre-Atlantique annonçait à grand fracas les questionnements de notre société en mutation...

Fernande Gontier a publié de nombreuses biographies (Simone de Beauvoir - Grand prix des lectrices de Elle -, Colette,) et un roman, Les Mémoires de la comtesse d'Aulnoy (Perrin).

 

  • La revue de presse Aurélie Jacques - Le Point du 1er juin 2006

 

L'abbé de Choisy, contemporain de Saint-Simon et membre de l'Académie française, aimait les femmes autant que leurs robes. Travesti et hétérosexuel, il allait à l'Opéra paré d'atours féminins. Dans «Homme ou femme ? La confusion des sexes», Fernande Gontier dresse le portrait de ces personnages illustres chez qui sexe biologique et genre ne coïncident pas...

 

  • La revue de presse Claude Habib - L'Express du 25 mai 2006


... Le nombre des enfants qui naissent entre les deux sexes est faible. Quelque 13000 individus vivraient en France, on compte 1000 naissances par an aux États-Unis. Fernande Gontier vise un public plus large : le libre choix ne concernerait pas que les androgynes au sens clinique; son livre s'adresse à ceux qui ressentent l'ambition de se créer eux-mêmes, ceux qui repoussent la «civilisation judéo-romano-chrétienne» censée réprimer toutes les transgressions.

Cela posé, l'ouvrage raconte, et parfois agréablement, plusieurs changements d'identité sexuelle, en partant des cas célèbres sous l'Ancien Régime, comme l'abbé de Choisy ou le chevalier d'Eon, en passant par des vies de femmes soldats, souvent obscures, ou de lesbiennes, souvent célèbres, pour en arriver à l'extrême contemporain.

Une large part est faite à Kate Bornstein, qui passe aux États-Unis pour la philosophe du «transgenrisme»...

 

  • Les courts extraits de livres : 22/08/2006

 

Le bal des métamorphoses.- Il est évident que, si l'homme était hermaphrodite comme l'escargot, s'il changeait de sexe comme le mollusque crepidula [...], il ne se serait pas donné les mêmes lois. Jean ROSTAND.

Il existait au VVIIe siècle, à la cour de Russie, un bal rituel qui remettait non seulement en cause les comportements et les valeurs de la société, mais atteignait chacun au plus intime de sa conscience en questionnant la spécificité de l'homme et de la femme, et sous l'apparence d'un badinage, la question métaphysique de l'Être. L'impératrice Élisabeth, fille de Pierre le Grand, avait décrété que tous les mardis les hommes paraîtraient à la Cour habillés en femmes et les femmes porteraient l'habit masculin. C'était le bal des métamorphoses.


Les bals masqués où le travesti transsexuel figurait comme un déguisement comme un autre étaient chose courante à Versailles, comme ailleurs. Chacun était libre de se transformer en personnage de roman ou en dieu de l'Olympe, et ceux qui le voulaient pouvaient garder l'anonymat sous le masque. Monsieur, frère du roi Louis XIV, par exemple, se déguisait volontiers en bergère de L'Astrée, mais ni les ministres, ni les généraux, ni le sérieux M. de Colbert, ni le gros duc de Vendôme, ni le roi lui-même n'auraient consenti à paraître en jupons et coiffés de dentelles.


Il n'en allait pas de même à Saint-Pétersbourg où il était interdit aux invités de se masquer. Les dignitaires, les seigneurs de tous âges et de tous gabarits devaient se présenter décolletés, endiamantés, portant rubans et dentelles, le visage orné de mouches, la taille prise dans un corset, les jambes embarrassées par de multiples jupons. Si les jeunes officiers avaient le charme ambigu du Chérubin de Beaumarchais - qui s'était déguisé en fille pour sauver la comtesse de la jalousie du comte son époux -, si les jolies femmes étaient ravies d'exposer leurs jambes dans les habits à la française et de poser un tricorne martial sur leurs boucles poudrées à frimas, pour les grands seigneurs conscients de leur dignité, c'était une singulière épreuve. Il n'y avait pas moyen d'y échapper, l'impératrice elle-même faisait la liste de ses invités et les mettait dans cette situation ambiguë.

Homme ou femme ? : la confusion des sexes

Auteur : Fernande Gontier

Genre : Sociologie, Société

Éditeur : Perrin, Paris, France

 

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