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http://s3.e-monsite.com/2010/08/25/10/resize_550_550//beregovoycrimedetat.jpghttp://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L90xH132/bere1200038767ed-ffce0.jpgDocument 2008 - Le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy décédait « après s'être tiré une balle dans la tempe », selon la version officielle servie aux médias.

Le 1er mai 2003, alors qu'on commémore le dixième anniversaire de sa mort, Eric Raynaud se penche par curiosité sur les archives de 1993. Une photo du Premier ministre le trouble : elle semble montrer un impact de balle au sommet du crâne. Il y aurait donc eu une deuxième balle. C'est-à-dire une de trop ...

C'est le début d'une enquête passionnante durant laquelle l'auteur se verra confirmer l'existence de ce deuxième projectile, rencontrera des dizaines de témoins, dans la Nièvre, à Paris et sur la Côte d'Azur, jusqu'à démontrer l'assassinat de Pierre Bérégovoy. Une enquête très discrète des Renseignements généraux, comme il le découvrira en route, arrive aux mêmes conclusions que lui... Ce fait majeur de la Ve République, longtemps occulté, est toujours resté suspect dans la mémoire collective, à propos de « Béré », un homme proche de la « France d'en bas ».

L'auteur dévoile ici son enquête captivante qui se lit comme un roman policier, conduisant ainsi le lecteur dans les arrière-cours de la République, dans ses manipulations, ses non-dits et autres faux-semblants.

http://www.toutpourlesfemmes.com/conseil/local/cache-vignettes/L200xH250/raynaud-6b358.jpgA Eric Raynaud est journaliste indépendant spécialisé dans l'investigation. Son premier ouvrage, consacré aux disparues de l'Yonne (Les Réseaux cachés des pervers sexuels, Éditions du Rocher, 2004), a reçu le prix de la justice citoyenne, lia été sélectionné pour le prix Comte de Monte-Cristo, soutenu par Jean-Marie Rouart, de l'Académie française, et pour le prix littéraire de la gendarmerie nationale (catégorie enquêtes).



Les courts extraits de livres : 02/01/2008

Préambule : 1er mai 1993 : la France K-O debout

Ce jour-là, c'est un véritable coup de massue sur la tête que prend la France. L'ensemble des Français est K-O debout. Nous sommes le 1er mai 1993, et l'info de l'agence Reuters vient de tomber sur tous les téléscripteurs, à 19 h 02 : « Pierre Bérégovoy, l'ancien Premier ministre de François Mitterrand, s'est tiré une balle dans la tête, près de Nevers. »

Comme très probablement pas mal de monde, j'ai un souvenir très précis de l'instant où j'ai appris ce drame. Avec mon épouse et ma fille, trois ans et demi à l'époque, nous venions de passer un après-midi superbe. Bucolique à souhait. Balade en campagne, découverte d'une kermesse de village, dans une clairière, à laquelle nous nous sommes intégrés un long moment. Pour des instants d'une qualité rare, en compagnie de gens vrais, authentiques, accueillants et sympathiques. Un grand moment de sérénité et de fraîcheur, loin des bruits de la ville, où le cidre frais et les gâteaux maison servaient une convivialité incroyable. Un de ces instants qui vous réconcilient avec l'Homme. C'est ce que nous nous disions, avec mon épouse, en rentrant, lorsque j'ai allumé l'autoradio vers 19 heures. Et sur un flash spécial, j'ai, comme tout le monde, pris cette information en pleine tête. Stupéfait. Knock-out. Je me souviens aussi avoir éprouvé une sorte de coup au coeur, une espèce de nausée furtive, puis un sentiment de profonde tristesse. D'injustice, aussi...

J'ai dû balbutier quelque chose comme : « Tu te rends compte ? Béré suicidé ? C'est complètement énorme, je n'y crois pas... »   De manière tout à fait inconsciente, je ne pensais pas si bien dire...

Je n'ai pas spécialement tendance à raconter ma vie, mais je pense, aujourd'hui, pas loin de quinze ans après, pour avoir eu à en parler des centaines de fois, pour avoir réalisé une enquête à ce sujet, aussi, que mes réactions du moment illustrent assez bien celles des Français dans leur ensemble, ce jour-là, à cette heure-là. Le capital sympathie dont jouissait Pierre Bérégovoy, l'homme de la France d'en bas qui avait réussi à se hisser jusqu'à Matignon, était énorme. Tous les sondages effectués à son sujet ont montré une cote de popularité à faire pâlir la classe politique dans son intégralité.

Et comme probablement toute la France, ce soir-là, j'ai allumé ma télé et suivi toutes les éditions spéciales consacrées à ce fait unique dans les annales : le suicide d'un Premier ministre. La force des images, a fortiori en direct et à propos d'un événement aussi impensable que dramatique, est terrible. Et altère souvent le sens critique. Les commentaires instantanés possèdent la même puissance. À l'image de la plus grande partie des Français - mais pas tous ... -je me suis donc couché, ce soir-là, avec à l'esprit le suicide définitivement officiel, évident et constaté de Pierre Bérégovoy. Le lendemain, les jours, les semaines et les mois suivants, j'ai lu probablement tout ce qui a pu être écrit sur le sujet dans les quotidiens et les périodiques. Parce que je suis journaliste, et que je savais vivre un moment qui marquerait l'Histoire.

Parce que, aussi, j'avais eu l'occasion de rencontrer Pierre Bérégovoy à plusieurs reprises. Et que l'homme me plaisait. Pour ses nombreuses et énormes qualités, mais sans méconnaître ses défauts. Car il en avait aussi, comme tout le monde. Mes confrères des médias étaient unanimes sur tous les faits qui s'étaient officiel­lement déroulés ce 1er mai 1993. Avec bien sûr des variantes, des erreurs dans le timing, des fautes orthographiques dans les noms et les lieux, des approximations; c'est le lot de la profession, en particulier quand l'urgence est totale et absolue. C'est comme ça. Mais globalement, les infos délivrées étaient sur la même et unique ligne. La ligne officielle...

Des années après, j'ai été amené à enquêter sur cette mort, par un des concours de circonstances dont le destin a le secret. Là aussi, c'est comme ça... Il doit y avoir un petit bonhomme, là-haut, qui nous pose de temps en temps le doigt sur la tête, écarte quelques meubles qui nous entourent, et nous met le nez sur une évidence : « Tu vois ce qui était caché, là ? »

Autant le dire tout de suite : la ligne officielle imposée, la version définitive et classée du suicide, a sérieusement pris du plomb dans l'aile. Au point d'apparaître aujourd'hui minable, et notamment bien mal gérée en aval. L'autre version, celle d'un Bérégovoy assassiné, qui traînait comme une rumeur, depuis plus de quatorze années, un peu partout en France, voit en revanche ses actions monter en flèche à la bourse du crime. Car c'en était bien un.

Un crime d'État ? : la mort étrange de Pierre Bérégovoy

Auteur : Éric Raynaud

Date de saisie : 03/01/2008

Genre : Documents Essais d'actualité

Éditeur : Alphée-Jean-Paul Bertrand, Monaco, France

Collection : Édit plus

 

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