Overblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le passé carcéral de la commune de Sainte-Livrade-sur-Lot (Lot-et-Garonne) et de ses environs immédiats est principalement marqué par l'histoire contemporaine de la Seconde Guerre mondiale, bien que la justice d'Ancien Régime y possédait déjà des compétences et structures locales traditionnelles (geôles et justices ordinaires). [1, 2, 3]

Voici les trois éléments majeurs de son histoire pénitentiaire et d'enfermement :

1. Le Camp de Carrère : L'annexe pénitentiaire (1942–1949)

Le site carcéral le plus marquant lié à Sainte-Livrade est le camp de Carrère, situé à la frontière entre Villeneuve-sur-Lot et Sainte-Livrade-sur-Lot. [1, 2]

  • Origine : À la fin des années 1930, l'État exproprie des terres pour y loger les ouvriers d'une future poudrerie nationale. Le projet militaire est abandonné en 1940, laissant des baraquements vides. [1, 2, 3]

  • Usage carcéral : Fin 1942, le site est cédé au ministère de la Justice et devient officiellement une annexe de la Maison centrale d'Eysses. [1]

  • Les détenus : Le régime de Vichy, puis les autorités d'Occupation y transfèrent des prisonniers politiques, des "irréductibles" ainsi que des internés administratifs. À la Libération, le camp sert à l'internement administratif dans le cadre de l'Épuration. Il ferme définitivement ses portes en 1949. [1, 2]

2. Le camp du Moulin du Lot et les camps voisins

Sainte-Livrade a abrité sur son propre sol le camp du Moulin du Lot. [1, 2]

  • Durant la guerre, ce site sert de cantonnement surveillé pour les Groupements de Travailleurs Étrangers (GTE), encadrant notamment des républicains espagnols et des exilés. [1, 2]

  • À la Libération, il a ponctuellement servi à encadrer des prisonniers de guerre. [1]

  • Reconversion historique : En 1956, ce camp militaire et d'internement est transformé pour devenir le CAFI (Centre d'Accueil des Français d'Indochine), accueillant les familles rapatriées d'Indochine après la chute de Diên Biên Phu. [1, 2]

3. Les geôles de l'Ordinaire (Ancien Régime)

Si l'on remonte plus loin dans le temps, sous l'Ancien Régime, Sainte-Livrade-sur-Lot disposait d'un tribunal local (l'« Ordinaire de Sainte-Livrade »). [1]

  • La juridiction disposait de ses propres geôles ou lieux de sûreté pour retenir les prévenus avant leur jugement par la Sénéchaussée. Les condamnés pour des crimes graves (vols sacrilèges, vagabondage) étaient ensuite transférés vers des "maisons de force" ou condamnés au bannissement. [1]

  • La Tour du Roy, édifiée à la fin du XIIIᵉ ou au début du XIVᵉ siècle sur les anciens remparts de la bastide, est une maison-forte seigneuriale.
  • À la suite de la Révolution française, elle a cessé sa fonction défensive pour être réquisitionnée et utilisée comme prison locale. [1]

Photographies : la Tour du Roy de Sainte-Livrade-sur-Lot est construite à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle sur le rempart de la ville. Malgré son appellation de Tour du Roy, il s'agit d’une maison-forte seigneuriale protégeant la cité. Devenue communale à la Révolution, elle sert alors de prison.

Tag(s) : #Prisons anciennes, #Prisons actuelles - Évasions
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :