Document 2005 - 10 novembre 1945 : Paris est plongé dans l'obscurité. Cinémas, théâtres et
restaurants sont fermés. Paris est vide - seuls trois longs cortèges funéraires de quinze cercueils filent vers les Invalides. Sur l'un d'entre eux, une plaque : "Berty Albrecht, résistante du
mouvement Combat, 15 février 1893-31 mai 1943, Compagnon de la Libération, Médaille militaire, Croix de guerre avec palmes, médaille de la Résistance avec rosette". Le lendemain, elle sera
inhumée au Mont-Valérien. Dominique Missika est partie sur les traces de cette héroïne au destin tragique. Son enquête révèle une femme étonnante et complexe : issue de la bonne société
protestante de Marseille, cette mère de famille deviendra surintendante d'usine et militante féminine avant de vivre une grande passion avec Henri Frenay, un saint-cyrien catholique de douze ans
son cadet, qu'elle entraîne dans sa lutte contre le nazisme. Figure emblématique de la Résistance, elle meurt clans des circonstances longtemps mystérieuses, à l'origine d'une légende ici
élucidée. En consultant documents de justice, archives privées et témoignages inédits, l'auteur retrace avec talent les raisons de son engagement, les circonstances de son arrestation par les
Allemands et redonne toute sa place à cette femme exceptionnelle.
Dominique Missikaest éditrice, productrice à France Culture, membre de la Fondation
pour la Mémoire de la Shoah. Elle est l'auteur notamment de La guerre sépare ceux qui s'aiment et de Petit Louis, histoire d'un héros de la Résistance.
La revue de presse Laurent Douzou - Le Monde du 16 décembre 2005
Berty Albrecht, qui reçut la croix de la Libération à titre posthume en août 1943, est une des plus
pures figures de la Résistance française... Dominique Missika relève, à son tour, le défi en mettant sa plume, alerte et chaleureuse, au service de cette forte personnalité, dont elle s'attache à
comprendre le cheminement... Cette vie bien remplie gagna encore en densité à partir de 1940. Au côté d'Henri Frenay, Berty Albrecht fut une pionnière de la Résistance et travailla à faire éclore
le mouvement Combat. Il lui fallut une énergie peu commune pour surmonter les épreuves en 1942... On ne peut lire les pages que lui consacre Dominique Missika sans penser à la définition qu'André
Postel-Vinay donne du héros en parlant de Pierre Brossolette : "C'est celui qui va jusqu'à la limite du courage et au-delà, qui renouvelle sans cesse son effort et qui en meurt." Non sans
préciser : "Mais l'héroïsme, c'est autre chose aussi. Il n'y a pas de véritable héroïsme si l'on garde des illusions sur les hommes, pas d'héroïsme vrai sans vision réaliste des événements et de
leurs lendemains désenchantés, sans la vivacité d'imagination qui fait mesurer à l'avance l'ampleur et les détails du péril." A cette aune, la vie que mena Berty Albrecht entre 1940 et 1943 fait
bien d'elle une héroïne au sens exact du terme.
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La revue de presse Laurent Theis - Le Point du 3 novembre 2005
«Elle a tout donné à la France : son confort, sa liberté, sa famille, et maintenant sa vie.» Ainsi, dans ses Mémoires, Henri Frenay, chef du mouvement de résistance Combat, rend hommage à sa compagne de cœur et de lutte Berty Albrecht, qui, tombée par trahison dans les mains de la Gestapo dans les mêmes conditions que Jean Moulin un mois plus tard, se suicida dans sa cellule, le 31 mai 1943, pour ne pas parler... Dans sa biographie, Dominique Missika a trouvé les mots justes et sensibles pour rendre à sa vérité cette personnalité lumineuse, l'un des quinze martyrs inhumés au mont Valérien.
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La revue de presse Yannick Ripa - Libération du 6 octobre 2005
Alors que tout semblait avoir été dit sur la résistante Berty Albrecht dans la passionnante
biographie rédigée par sa propre fille (Mireille Albrecht, Vivre au lieu d'exister, Editions du Rocher), voilà que trois ans plus tard Dominique Missika nous invite à redécouvrir le parcours
«unique et contradictoire» de cette bourgeoise qui tourna le dos aux conventions de son milieu. La justification de ce nouveau récit de vie serait, à en croire l'éditeur, de mettre fin à la
légende de la décapitation de Berty Albrecht. Les archives la détruisent, révélant que la prisonnière s'est pendue, geste salvateur pour échapper aux tortures de ses bourreaux et préserver le
secret, mort inscrite dans la logique de son existence aux dires mêmes de ses proches. Dominique Missika déconstruit le mythe à la vie longue : François Mitterrand, dont les beaux-parents, les
Gouze, hébergèrent la résistante jusqu'à son arrestation, ne sait en 1989 si la hache ou la corde causèrent sa mort. Pareille hésitation persistante fait sens, ce que s'attache à montrer l'auteur
qui remonte aux sources de la construction de cette version. Mais c'est là la conclusion de l'ouvrage, dont la valeur est ailleurs. Mireille Albrecht avait rédigé un récit intime qui s'attachait
davantage à la personne et à son engagement qu'à l'inscription de l'une et de l'autre dans leur temps. C'est précisément cette dimension retrouvée qui fait l'intérêt de cette étude, nourrie des
travaux en histoire des femmes... Électron libre et incontrôlable, ces traits de personnalité qui furent des qualités pour refuser la défaite et résister étaient par trop avant-gardistes quand
ils servaient la cause féministe, la grande cause de sa vie. Est-ce pour cette raison et par crainte que cet engagement là ne ternisse la figure de la résistante que la féministe Berty Albrecht a
été gommée des mémoires ?...
Auteur : Dominique Missika
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Éditeur : Perrin, Paris, France
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Le duel Jean Moulin Henri Frenay par Robert Belot
Jean-Pierre Azéma04/2003 | n°275 | Débat | 6343 mots |payant
Deux biographies de grands résistants paraissent ce printemps : celle de Jean-Pierre Azéma sur Jean Moulin et celle de Robert Belot sur Henri Frenay. Après avoir choisi un combat commun, le représentant de Charles de Gaulle et le chef de Combat, le plus important mouvement de Résistance intérieure, se sont peu à peu éloignés l'un de l'autre. Pour finalement s'affronter. Portraits croisés de deux héros.
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Berty Albrecht par
11/2005 | n°303 | Livres XIXe-XXIe siècle | 280 mots | gratuit
Perrin, 2005, 332 p., 21 euros.
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