Tout le monde sait ce qui s’est passé place de la
Bastille le 14 juillet 1789 : une forteresse mal protégée prise d’assaut, des cachots ouverts par la foule
et quasiment vides, un gouverneur mis à mort, dont la tête sera promenée par les rues au bout d’une pique… Un symbole de l’Ancien Régime, de sa justice d’exception et de ses pratiques les plus arbitraires, venait de tomber. Mais il n’a pas suffi de prendre la Bastille.
Il a aussi fallu, durant deux longues années, la démolir, au fil d’un chantier qui a mobilisé, en plein coeur de la
capitale, un millier d’ouvriers attachés à la destruction des murs et des tours : monceaux de décombres entassés, trafics en tout genre, accidents, rixes, émeutes, querelles de voisinage ont
émaillé le quotidien de cette ruche. Il a fallu ensuite, entre poétique des ruines chère aux préromantiques et culte révolutionnaire de la fête collective, consacrer ce haut lieu de la
sociabilité parisienne, où se croisaient, de nuit comme de jour, personnalités et anonymes, au cours de visites guidées, de bals et de cérémonies officielles qui entretiennent le souvenir de ce
moment fondateur.
Il a fallu enfin édifier un véritable lieu de mémoire, dans une entreprise de communication sans précédent, où
l’entrepreneur en chef, Palloy, diffusant largement statuettes commémoratives, moellons gravés et médailles, a contribué à assurer sa propre gloire en même temps que celle de l’événement, érigé,
du même coup, au rang de mythe national.
Démolir la Bastille - L'édification d'un lieu de mémoire
Jean-Clément Martin
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