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Document 2008 - En mai 1750, une rumeur persistante faisant état d'enlèvements d'enfants mit Paris en émoi. Les gens disaient que des agents de police déguisés s'emparaient d'enfants et d'adolescents et les envoyaient à l'Hôpital général. Des émeutes graves éclatèrent, des commissariats furent incendiés et des gardes tués. La répression de cette "Marche rouge" fut sévère et se solda par des condamnations à mort. Mais qu'était donc cet Hôpital général de sinistre réputation ? Fondé en 1656 par Louis XIV, il était destiné d'abord à résoudre le problème de la mendicité par le "renfermement" des mendiants. Mais très vite cet établissement laïque géré par le parlement de Paris fut également utilisé pour enfermer d'autres catégories de population : les prostituées, les ivrognes et bientôt les enfants abandonnés, ou confiés à l'ins­titution par des parents sans ressources, puis ceux qui traînaient dans les rues ou simplement y jouaient...


Pour en savoir plus sur le sort fait à ces enfants disparus, Marion Sigaut s'est plongée dans les riches archives de la Salpêtrière qui, avec Bicêtre et La Pitié, formait l'Hôpital général. Outre les conditions de vie inhumaines qui y régnaient, elle éclaire les terribles scandales qu'étouffèrent les dirigeants de l'établissement. Se pourrait-il que la rumeur d'un commerce d'enfants ait eu un fondement ? Que sont vraiment devenus les enfants perdus de l'Hôpital général ? Furent-ils livrés à des libertins qui en usaient en toute impunité ? Furent-ils vendus à la Compagnie des Indes pour peupler la colonie du Mississippi ? Autant de questions auxquelles Marion Sigaut, dans une enquête passionnante, tente d'apporter une réponse.

Marion Sigaut est historienne. Née à Paris en 1950, elle a notamment publié Libres femmes de Palestine (éditions de l'Atelier, 1996) et Mansour Kardosh, un juste à Nazareth (éditions de l'Atelier, 1998, prix Palestine-Mahmoud Hamchari).

 

  • Les courts extraits de livres : 01/11/2008


Introduction :

RUMEURS

En mai 1750, une rumeur persistante faisant état d'enlèvements d'enfants, mit Paris en émoi. Les gens disaient, mais peut-on les croire, que des exempts déguisés (les exempts étaient ce qu'on appelle aujourd'hui des agents de police) s'emparaient d'enfants et d'adolescents, et les jetaient en prison.


Mais pourquoi diable René Berryer, le Lieutenant général de police, aurait-il donné des ordres aussi absurdes ? Comme si la police était là pour arracher leurs enfants aux gens du peuple !


La raison semble n'avoir pas eu sa part dans ces folles rumeurs, qui mirent le roi Louis XV fort en colère. Car on disait bien d'autres choses encore. Écoutons Edmond Barbier, le chroniqueur du temps : "Il se débite dans Paris que l'objet de ces enlèvements d'enfants était qu'il y avait un prince ladre (lépreux), pour la guérison duquel il fallait un bain ou des bains de sang humain, et que n'en n'ayant point de plus pur que celui des enfants, on en prenait pour les saigner des quatre membres et pour les sacrifier, ce qui révolte encore plus le peuple."


Comment croire à de telles balivernes ?


Ce qu'on sait, c'est qu'il y eut des émeutes, des morts, des arrestations et même des condamnations, et qu'il n'y avait pas de prince lépreux et vampire. Et que la raison de cette affaire est inexplicable.


Ou en tout cas inexpliquée.

La marche rouge : les enfants perdus de l'Hôpital général

Auteur : Marion Sigaut

Date de saisie : 05/11/2008

Genre : Société Problèmes et services sociaux

Éditeur : J. Chambon, Paris, France


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L'Alinéa (Martigues) Dialogues (Brest) Durance (Nantes) Maison du livre (Rodez) Mollat (Bordeaux) Ombres Blanches (Toulouse) Sauramps (Montpellier) Thuard (Le Mans)

 

 

 

24 mai 1749

L'Affaire de l'Hôpital général

www.herodote.net/.../evenement.php?jour=17490524

 

Samedi 24 mai 1749, à six heures du matin, Mademoiselle Julie, de son vrai nom Catherine Huet, supérieure de la Salpêtrière à Paris, persuadée qu'elle va être arrêtée, quitte précipitamment l'établissement avec vingt de ses officières.


C'est le début de l'affaire de l'Hôpital général. Tissée d'émeutes et de rumeurs, elle durera huit ans et ébranlera le trône de Louis XV.


Marion Sigaut

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