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http://www.decitre.fr/gi/53/9782714441553FS.gifDocument 2006 - Plus qu'un témoignage, une réflexion sur l'homme et son inextinguible appétit de vivre, sur la nécessité de comprendre l'inimaginable. Sans cris, sans fureur, un plaidoyer vibrant pour le droit à la dignité, un récit pudique et bouleversant. Montevideo, 1972. Carlos Liscano est jeté en prison par le régime militaire à l'âge de vingt-trois ans. Il en sortira treize ans plus tard. Il aura connu la torture, les humiliations, la honte, les étranges relations qui lient victimes et bourreaux, l'absurdité d'un système qui veut lui faire avouer quelque chose qu'il ne sait pas. Mais il aura aussi connu la résistance envers et contre tout, l'amitié indéfectible qui se noue entre camarades d'infortune, l'urgence de l'ouverture au monde et, par-dessus tout, le pouvoir libérateur de l'écriture. Le 14 mai 1985, avec ses derniers compagnons, Carlos Liscano est embarqué dans un fourgon qui va le mener vers la liberté. Une liberté inquiétante, douloureuse, impossible...

 

  • La revue de presse Michèle Gazier - Télérama du 15 mars 2006

 

Montevideo 1972, le jeune Carlos Liscano, 23 ans, est arrêté et torturé par la police de la dictature qui sévit en Uruguay. Il ne ressortira de sa prison que le 14 mai 1985. Là, dans le tunnel d'une vie à l'ombre de la vie, Liscano fait l'expérience de la souffrance, de la peur, du silence, de l'attente, de l'espoir et du désespoir. L'écriture alors s'impose à lui, comme un salut...

Carlos Liscano,... nous bouleverse par la sérénité de son regard, par cette manière émouvante et distanciée de voir dans le pire de ses jours des leçons de vie, des étincelles de lumières, des sources de sagesse...

 

  • La revue de presse Libération du 9 mars 2006 - Philippe Lançon

 

http://www.deslivres.com/images/products/image/Le-fourgon-des-fous.jpgCarlos Liscano est devenu écrivain en prison à Montevideo. Il était enfermé depuis huit ans ; il en avait trente et un. Au début, pendant quatre mois, on l'a torturé. Ensuite, pendant treize ans, il fut un prisonnier politique comme les autres : contrairement aux militaires argentins, ceux d'Uruguay ne firent pas disparaître les hommes et les femmes qu'ils avaient martyrisés. Ils tenaient à leur réputation. C'est en prison que Liscano apprit la mort de sa mère et le suicide de son père. L'un et l'autre étaient ouvriers. La prison comptait 1 300 prisonniers et 1 700 militaires...

Les deux premières phrases du Fourgon des fous, grand et bref texte de remontées autobiographiques sur les mois où il subit la torture, sont également simples : «Je viens d'avoir sept ans. J'apprends à lire l'heure, mais je n'ai pas de montre.» On est en 1956. La famille Liscano vit dans le quartier pauvre, de La Teja, à Montevideo. Ce quartier est également celui de l'actuel président du pays, Tabare Vazquez, élu en octobre 2004. Peu avant l'élection, Liscano a publié un livre d'entretiens avec celui-ci. Ils se connaissaient. Dans leur dialogue, il est question des espoirs que cet homme de gauche donne au pays qui en a peu ; des espoirs que lui, Liscano, ne lui pardonnerait sans doute pas de décevoir. Il est vrai qu'en Amérique latine, les riches et l'armée ne déçoivent jamais, puisqu'on n'en attend rien...

Le Fourgon des fous est écrit au présent, un temps qui ne passe pas, une heure sur laquelle les aiguilles noires sont bloquées, sautant très légèrement sur elles-mêmes, comme lorsque les piles faiblissent. Scènes et réflexions s'enchaînent en petits chapitres. Ces chapitres se font écho. Parfois, on relit le même détail, presque la même remarque. Presque : la mémoire de la douleur, de la torture, du rapport qu'elle crée à son propre corps, de la perversion érotique entre torturé et tortionnaire, cette mémoire travaille par spasmes. Elle part toujours de faits concrets, précis : le supplice du baril, celui du chevalet, tel cri, tel moment.

Ces spasmes reviennent souvent sur le bourreau personnel de celui qu'il torture, cet homme qui fait des reproches à son prisonnier quand il a parlé à un autre bourreau. Liscano le nomme «le responsable» : «Le responsable est la référence du prisonnier, mélange de père autoritaire et sachant châtier, maître de ses esclaves, petit dieu qui administre la douleur, les repas, l'eau, l'air, l'abri, l'hygiène, les passages aux toilettes. Le responsable est une personne nécessaire en ce monde de douleur.» Le torturé ne connaît pas le visage de son tortionnaire. Il connaît sa voix et son odeur : «Le torturé, dit-il, se sent mieux avec son tortionnaire. Il entend sa voix et il se sent bien.»...

La mémoire de Liscano bégaie «la bestialisation et la perversion» avec une délicate sobriété. Elle cherche le mot juste ; elle se cherche. Quand elle se trouve, elle n'insiste pas.

 

  • La revue de presse André Clavel - Lire, de mars 2006


http://media.paperblog.fr/i/273/2735087/carlos-liscano-lecrivain-lautre-ed-belfond-re-L-1.jpegLorsque la dictature fit main base sur l'Uruguay, Carlos Liscano (photographie) - né en 1949 à Montevideo - avait un peu plus de 20 ans. Condamné pour raisons politiques par le régime militaire, il fut expédié en prison le 27 mai 1972, après avoir été cagoulé et menotté. Il resta treize ans en détention et, à sa libération, il s'exila en Suède avec les poches vides et d'affreux souvenirs au fond du coeur. Après un premier roman traduit chez Belfond, La route d'Ithaque, voici Le fourgon des fous, des confessions bouleversantes où Liscano évoque son long calvaire de prisonnier politique... Avec une écriture totalement dépouillée - il appelle ça la «littérature de pauvreté» -, Liscano retrace son quotidien dans les geôles de la dictature, les interrogatoires des policiers, les humiliations, les chantages des tortionnaires, la solitude, la tentation du suicide... Son livre est un témoignage capital sur la dictature uruguayenne, sur l'expérience carcérale, sur ses séquelles spirituelles et physiques. Sans le moindre pathos.

Le fourgon des fous

Auteur : Carlos Liscano

Traducteur : Jean-Marie Saint-Lu

Date de saisie : 02/03/2010

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Éditeur : Belfond, Paris, France

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