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2008- Quelles que soient leur religion, leur origine ethnique et leur langue, les recrues de la Légion étrangère transcendent
leurs différences pour s'unir sous une même bannière : l'identité légionnaire.
Des jeunes de tous pays, victimes des bouleversements géostratégiques de la guerre froide et de l'après-guerre froide,
s'engagent volontairement dans la Légion étrangère pour y servir, parfois pendant de longues années, avec «honneur et fidélité». À l'heure de la formation d'armées multiethniques ou
multiconfessionnelles dans les Balkans, en Afghanistan ou en Irak, la Légion étrangère incarne une vision unitaire particulière des forces armées. Dans cette institution, l'identité légionnaire
prévaut sur les identités et sur les allégeances passées des individus. On est bien loin du cliché qui imprègne toujours l'inconscient collectif, du légionnaire criminel endurci ou ancien
combattant des régimes totalitaires, qui s'engage pour faire peau neuve !
Aujourd'hui, réfugiés du monde communiste et postcommuniste, rescapés des guerres récentes des Balkans et du Caucase, et
laissés-pour-compte de l'implantation de l'économie de marché en Europe de l'Est tentent leur chance à la Légion. Un sur huit seulement sera retenu...
Cette étude à la fois sociologique et géopolitique, élaborée à partir de dizaines de témoignages recueillis par l'auteur au
sein de régiments de la Légion étrangère en métropole et outre-mer (Guyane), analyse le processus d'intégration des jeunes étrangers au sein de cette troupe mythique qui, près de deux cents ans
après sa création, n'a pas d'équivalent dans le monde.
Une troupe d'élite pour un modèle d'intégration...
Ana Pouvreau, docteur ès-Lettres de la Sorbonne (Paris IV),
née à New York en 1967, diplômée de l'Université d'État de New York en russe et en sciences politiques et de Boston University en études stratégiques, est spécialiste des questions de défense.
Elle est l'auteur de deux ouvrages : Une troisième voie pour la Russie (1996) et
Les Russes et la sécurité européenne (1998).
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Les courts extraits de livres : 28/11/2008
Extrait de l'introduction :
«Chaque légionnaire est ton frère d'armes, quelle que soit sa nationalité, sa race ou sa religion.
Tu lui manifestes toujours la solidarité qui doit unir les membres d'une même
famille.»
Code d'honneur du légionnaire
LA LÉGION, INCARNATION DE L'UNIVERSALISME FRANÇAIS
Depuis sa création en 1831 par le roi Louis Philippe, le système de formation et d'intégration des engagés volontaires de la Légion étrangère a eu pour seul objectif la mise en place d'un outil
militaire performant au service de la France.
En poursuivant cet objectif, le «système Légion» assure plusieurs fonctions. En premier lieu, il crée, à partir d'éléments hétéroclites (actuellement cent quarante nationalités y sont
représentées) et isolés, un corps homogène animé par des valeurs communes. En second lieu, il permet la réhabilitation sociale de nombreux individus. Enfin, par l'intégration de jeunes étrangers
dans les forces armées, il sert de «sas» et de tremplin à ces individus en vue de leur intégration définitive dans la société française proprement dite.
Ce système original attire aujourd'hui l'attention des sociologues alors que dans les sociétés occidentales se fait jour la préoccupation selon laquelle la composition ethnique ou religieuse des institutions - et donc également celle des forces armées et de sécurité - doit refléter systématiquement, par souci d'équité, celle de la société en général. Cette préoccupation est particulièrement manifeste sur des théâtres d'opérations tels que les Balkans, l'Afghanistan ou l'Irak où, sous la houlette des Occidentaux, l'heure est à la création d'armées et de forces de police multiethniques et multiconfessionnelles.
Le dilemme qui en ressort est le suivant : comment assurer l'unité et la cohésion de ces nouvelles forces armées et de sécurité en enrayant la méfiance que les divers groupes ethniques et religieux qui les composent sont susceptibles de ressentir les uns vis-à-vis des autres ?
En effet, lorsqu'un individu, au sein d'une institution, est avant tout considéré comme un représentant du groupe ethnique ou religieux dont il est ressortissant, la tentation est grande pour cette personne d'agir en premier lieu au profit de son groupe et non dans l'intérêt général de l'ensemble de l'institution.
Dans ces conditions, comment déterminer un objectif commun ? Comment même envisager de galvaniser les forces disponibles pour terrasser un éventuel ennemi ?
L'absence de vision commune au sein de telles institutions pourrait produire un effet contre-productif - voire neutralisant - sans précédent qui pourrait en menacer la viabilité.
Auteur : Ana Pouvreau
Préface : Louis Pichot de Champfeury
Postface : Robert Rideau
Date de saisie : 17/11/2008
Genre : Politique
Éditeur : Esprit du livre éditions, Seichamps, France
Collection : Stratégie et défense
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