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http://imados.fr/history/82/q-h-s-quartier-de-haute-securite_couv.jpgDocument 2007 - Condamné à quinze ans de réclusion en 1972 pour un braquage qu'il a toujours nié avoir commis, gracié en 1981, Roger Knobelspiess récidive dans les années quatre-vingt. Ayant passé vingt-six ans de sa vie en prison, il est devenu le porte-parole des prisonniers, dénonçant l'inhumanité d'un système carcéral français qui broie les hommes et les pousse à la récidive.


Se battant inlassablement, contre sa peine, contre ses conditions de détention, ce prisonnier, sans cesse transféré de cellule d'isolement en cellule d'isolement n'a jamais cessé de crier son innocence.


Il est l'un de ceux qui servirent de cobaye pour l'une de ces inventions démocratiques de pointe : le Quartier de Haute Sécurité. Un homme devient dangereux non pas en fonction du délit commis mais de son insoumission. S'il refuse de se taire, n'accepte pas sa peine, se révolte de quelque façon, il sera mis en Q.H.S.


Ce livre a été engendré face au silence du Q.H.S., hors de l'espoir et du désespoir. Une simple lutte contre la mort lente : dans une cellule blindée, seul 23 heures sur 24.


Ce livre est paru en 1980, alors que Roger Knobelspiess purgeait une première peine qui sera suivie d'une autre condamnation en 1987. Il a été libéré en 1990. Acteur, Roger Knobelspiess a joué dans une dizaine de films (Capitaine Conan de Bertrand Tavernier, Cantique de la racaille de Vincent Ravalée...). Auteur, il a publié huit livres, dont Le Roman des Ecameaux (Grasset, 1984) et Désordres de mémoires (Le Rocher, 2004).

 

  • Les courts extraits de livres : 23/06/2007

http://www.babelio.com/couv/16837_912891.jpegPour comprendre les raisons qui me vouent au laminoir judiciaire et pénitentiaire, il faut savoir ma vie, mon enfance et mon milieu social. C'est inséparable de l'erreur qui me frappe...


Je suis né dans une ville de province normande, sous son ciel gris et sa pluie, à Elbeuf en Seine-Maritime. Une ville ouvrière qui suintait les odeurs de textile, des usines de draps fins, de lainage, de bonneterie, et les miasmes de récentes implantations chimiques et mécaniques. Une ville d'usure, une ville de sueur avec ses bistrots et son alcoolisme névrotique des jours de paie. Les dimanches étaient mornes et vides, la ville donnait son repos aux bagnes patronaux. Elle était comme en arrêt de vie, déserte ! Elle attendait le lundi fatidique de la reprise. Le voisin, le dimanche, venait boire le café chez nous en poussant son refrain : «Je vais me coucher tôt pour être en forme.» Le lundi, l'animation artificielle reprenait à grand train. Et c'était soudain comme un envahissement subit de la ville par ses habitants, des gens pressés de courir là où rien ne les attendait, sinon la contrainte du quotidien : mettre sa fiche dans la pointeuse de l'usine et s'enchaîner dans l'horaire des cadences sous l'œil des contremaîtres. Devant l'église Saint-Jean où nous habitions un baraquement préfabriqué, le car de chez Renault faisait son ramassage comme une horloge bien réglée : de 6 heures à 14 heures, de 14 heures à 22 heures, et de la chambre que j'occupais avec mon frère Jean, je le voyais dans la journée et l'entendais la nuit. J'étais dans mon lit à 22 heures quand résonnait son moteur qui à 6 heures du matin m'éveillait. Il ne fallait pas se plaindre. C'est quasiment sous notre fenêtre que ce car se livrait au remplissage du sang humain pour le rapt de la vie par l'usine. Nous étions neuf à habiter les quatre pièces de ce baraquement vétusté. L'hiver il n'y avait pas de chauffage dans les chambres et il faisait froid car les cloisons étaient en contre-plaqué. Pas de sanitaires, juste un lavabo où l'on se lavait tous à tour de rôle et qui servait également à faire la vaisselle et laver le linge. Sept frères et sœurs, quatre garçons et trois filles. Ma mère Gabrielle et mon père Joseph, surnommé «Tonton» par ses copains de bistrot et de bricolage. C'était un rebelle social, «Tonton». Les flics étaient toujours à venir le harceler pour des soupçons de chapardages et pour des amendes en raison de son automobile hétéroclite, jamais «en règle».

QHS, quartier haute sécurité

Auteur : Roger Knobelspiess

Date de saisie : 14/06/2007

Genre : Sociologie, Société

Éditeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Documents



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http://docs.flammarion.com/Peoples/108146/_photo.jpgRoger Knobelspiess a vécu une jeunesse délinquante faite de petits vols avec son frère Jean. Jean est abattu par un commerçant à qui il avait volé un autoradio.


En 1972, Roger, 25 ans, est condamné à 15 ans de prison pour un braquage qu'il nie avoir commis. En prison, il rencontre Jacques Mesrine.


Gracié par le président de la République François Mitterrand en 1981, il est de nouveau arrêté et réincarcéré en 1983, pour un hold-up qu'il nie avoir commis et dont il sera acquitté en janvier 1986.


En avril 1987, il est arrêté en flagrant délit au cours du braquage de la Banque populaire de Thuir dans les Pyrénées-Orientales. Il est également condamné le 17 avril 1987 à sept ans de prison par la cour d'assises de Rouen pour une fusillade avec des policiers, survenue à Saint-Pierre-les-Elbeuf dans la nuit du 23 au 24 septembre 1982 (fusillade de la rue aux Saulniers). Condamné le 27 octobre 1989 à 9 ans de prison ferme par la cour d'assises de Perpignan, il est finalement libéré en août 1990 grâce au jeu des remises de peine.


Il aura passé au total 26 ans derrière les barreaux.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Knobelspiess

 

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