Roger Belbéoch, qui fut maire-adjoint de Joinville-le-Pont
dans la municipalité de gauche conduite par Guy Gibout (1977 – 1983) est aussi une figure historique du Val de Marne.
Après avoir tenté vainement de passer en Angleterre dès l’armistice de juin 1940, Roger Belbéoch rejoint la Résistance. C ’est à la demande de Robert Deloche (futur maire communiste de Joinville le Pont à la Libération) qu’il va s’engager dans la police, malgré son peu de goût pour ces activités.
En 1942, Roger Belbéoch occupe un poste stratégique au commissariat du XIIème arrondissement de Paris : employé aux écritures, il fournit des faux papiers d’identité, des certificats de travail et d’hébergement. Il convainc ses supérieurs de libérer une femme juive, puis son mari. Le soir, il prévient ceux qui sont recherchés et ceux qui risquent d’être perquisitionnés. Il travaille ensuite au commissariat de Nogent-sur-Marne.
Dénoncé par un collègue, il est aussitôt livré au service des Affaires juives, quai des Orfèvres. On l’interroge, on le tabasse, il reste muet. On le torture, il refuse d’avouer. Une intervention de la Résistance lui permet d’échapper aux forces d’occupation, le temps de se remettre d’un traumatisme crânien et il reprend ses activités au péril de sa vie.
Roger Belbéoch raconte dans un livre, Je n'ai fait que mon devoir, comment son père communiste lui a appris à combattre toutes formes de discrimination, comment l’appel du 18 Juin l’a mobilisé, lui et ses camarades.
Roger Belbéoch répète qu’il n’est « pas un héros ». Il raconte cette peur qui l’étreignait souvent et lui trempait les mains. Il évoque sa fiancée de l’époque, Claudine Kaufmann. Le 16 juillet 1942, le jour de la rafle du Vél’d’Hiv, des policiers français, appliquant les ordres assassins du régime de Vichy, sont venus la chercher avec sa famille. Comme 13 152 autres juifs de Paris et de sa région, Claudine fut livrée à l’occupant nazi et déportée. Il ne l’a plus jamais revue.
Roger Belbéoch a été reconnu comme un Juste parmi les Nations, titre attribué par le musée-mémorial de Yad-Vashem à Jérusalem (Israël).
Roger est le fils de Joseph Belbéoch, ancien combattant de 1914-1918, tombé au combat, à la Libération, le 25 août 1944, sous les balles allemandes sur le pont de Joinville le Pont. Le carrefour qui marque l’entrée du pont de Joinville, côté rive droite, porte son nom.
Roger Belbéoch, un Juste dans la police
Vendredi 16 février 2007
http://www.joinville-le-pont.info/article-5675018.html
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Roger Belbéoch a mené
des actions qui ont permis à des familles juives d'échapper à la déportation. Pour cela il a été nommé Juste parmi les Nations. Dans ce livre, Roger Belbéoch retrace son itinéraire de 1940 à
1944. Alors que les événements s'enchaînent, de l'exode à l'insurrection, il raconte comment son père, communiste, lui a appris à combattre toute forme de discrimination, comment l'appel du 18
Juin l'a mobilisé, et comment le combat contre l'occupant a soudain pris pour lui une tournure imprévue. Envoyé par ses camarades résistants dans les rangs de la police pour noyauter
l'administration de Vichy, fournir des renseignements et des faux papiers, il s'arrange pour prévenir les familles juives menacées d'arrestation. Dénoncé, il est livré au Service des affaires
juives, où il sera interrogé sous la torture ; mais il n'avoue rien. Il revient même à la charge et passe le concours d'inspecteur. Jusqu'à la Libération, il va agir sans relâche, multipliant les
planques, les faux certificats, les opérations de sauvetage. " Il y a eu des grandes figures qui portaient un idéal et qui nous éclairaient, dit-il, elles ont souvent payé de leur vie pour la
Libération. Il y a aussi eu des petites mains, une Résistance composée de gens comme vous et moi, qui n'ont fait que leur devoir. " Le témoignage de Roger Belbéoch est suivi d'une postface de
l'historien Jean-Marc Berlière, qui met en perspective le rôle de la police française durant l'Occupation.
Roger Belbéoch (Auteur), Vincent Brocvielle (Auteur), Jean-Marc Berlière (Postface)
Broché: 149 pages
Éditeur : Robert Laffont (12 janvier 2007)
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