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Portrait du jour : Marie-Claude Aristégui, journaliste et auteure de "Je peux tuer qui je veux"

 

Dessin baroque avec le glaive, provient du site d’images gratuites « Pixabay",

image modifiée par 

 

Réactualisation portrait du jour Marie-Claude Aristégui

Culture et justice développe la rubrique Portrait du jour, ouvre ses pages aux fidèles lecteurs de la page et reçoit avec infiniment de plaisir Marie-Claude Aristégui

Bienvenue Marie-Claude Aristégui  sur le très discret et prisé Culture et justice Ph.P.

 

Née à Bordeaux, Marie-Claude Aristégui a vécu dans différentes villes du sud-ouest. Journaliste, elle a travaillé pour plusieurs titres de la presse écrite régionale et nationale (« Sud Ouest », Midi-Libre », « Le Monde », « Le Point »). Ensuite, elle a poursuivi sa carrière au journal « Sud Ouest », à Périgueux, Pau, puis toujours pour ce quotidien régional, en tant que grand reporter à Bordeaux et à La Rochelle jusqu’en 2018.

Elle a écrit des romans policiers dont « Sinon l’hermione coulera » (avec Arnaud Develde, en 2014) », « Ossau la vallée du mensonge » (2017) et “La Rochelle, Belle et mortelle” (juin 2019).

 Est-ce votre métier de journaliste qui vous a donné envie d’écrire des romans ?

— C’est d’abord mon goût pour l’écriture qui m’a incitée à choisir la profession de journaliste en presse écrite. Et mon désir également d’exercer un métier dynamique et en prise avec l’actualité. Ensuite, j’ai voulu utiliser la matière issue de mes diverses rencontres pour la développer dans un vrai-faux roman. C’était le premier (en 2011) et ce n’était pas franchement une réussite. Les portraits étaient plutôt réussis, mais l’intrigue destinée à les relier était fade, c’était un prétexte et ça se voyait. Après, j’ai décidé de raconter vraiment des histoires. De les inventer.

 Ce que ne fait pas un journaliste ?

— Il peut raconter des histoires, il ne peut pas les inventer. Cela finirait par se voir…

 Les deux exercices sont-ils réellement liés ?

— Non. Le travail d’un journaliste consiste, principalement à décrire des situations existantes et à rapporter les propos des personnes interviewées. On a la possibilité de poser toutes les questions que l’on souhaite, on peut les orienter comme l’on veut, mais ensuite, il faut retranscrire fidèlement les réponses. Un journaliste est un observateur, pas un acteur. Dans un roman, on fabrique des personnages, on leur fait dire ce que l’on veut. C’est très différent.

 Vous servez-vous de vos romans pour faire passer des messages ?

— Oui, j’estime avoir une pensée singulière et je pense utile de la faire connaître. Mais non ! Je plaisante. Je ne délivre aucun message. À travers mes personnages, je me contente de commenter ou de ridiculiser quelques travers de la société actuelle. Ou de me moquer de moi-même, par le biais de ces personnages justement.

 Quelles sont vos sources d’inspiration ?

— La vie quotidienne, les gens que je connais, ceux que je croise, l’actualité, mes lectures plus au moins consciemment.

 Vous lisez beaucoup ?

— Oui et depuis toujours. Dans des registres très différents.

 Pourriez-vous nous citer rapidement quelques titres qui vous ont marquée ou particulièrement intéressée ces dernières années ?

— « Arrive un vagabond » (Robert Goolrick), « Le chardonneret » (Donna Tart), Karoo et Price (Steve Tesich) « Par un matin d’automne » (Robert Goddard).

 Un livre que vous relisez encore aujourd’hui ?

— Le Journal de Jules Renard.

 Pourquoi écrivez-vous des romans policiers ?

— Par goût du sang. Non. Je plaisante encore. D’ailleurs, il y a peu d’hémoglobine dans mes « polars ». Pas assez de « viande froide » selon l’expression d’un éditeur. J’écris des romans policiers pour être sûre d’avoir un cadre dans lequel je suis bien obligée de m’inscrire. Cela évite d’aligner des considérations générales que l’on pourrait croire originales et qui sont banales. Cela évite aussi de divaguer. Ou de se regarder le nombril pendant des heures. Des pages, en l’occurrence.

 Dans chacun de vos romans, le personnage principal est un homme. Pourquoi ?

— Vous avez l’air de penser que c’est grave !

— Non… Je constate seulement.

— Ben oui. C’est un fait. Je ne saurais dire pourquoi. Peut-être pour prendre du recul. Ou pour en avoir l’air. Pour que l’on ne pense pas que je parle de moi. Pour ces raisons, ou pour d’autres, je ne sais pas. Et cela ne m’inquiète pas vraiment…

 En réalité, ces personnages vous ressemblent-ils ?

— Probablement un peu. Notamment ceux qui sont pressés, maladroits, caustiques, vite irrités… mais sympathiques.

 Vous est-il facile de trouver des éditeurs ?

— Oui. Et non. Mes romans policiers sont inscrits dans des lieux identifiables. Le dernier par exemple est ancré à La Rochelle et Châtelaillon, en Charente-Maritime en somme. Cela permet de séduire des éditeurs régionaux. Ce n’est pas la meilleure façon d’intéresser un éditeur national. Même si mes polars ne sont pas à proprement parler des romans « terroir ». Ils peuvent exister hors des frontières locales. De toute façon, ce marché local et régional, évolue aussi, certains éditeurs régionaux développent désormais leur activité bien au-delà des limites de leur département et même de leur région.

 Vous préparez un nouveau « polar » ? Et, si oui, où situez-vous l’intrigue ?

— Pour l’instant, tout se joue à Pau et en Béarn (comme pour « Ossau la vallée du mensonge ») mais je peux encore changer d’avis. Je verrai. Ce qui ne changera pas… c’est le protagoniste principal. Il s’agit… d’un homme.

 Vous voulez dire quelques mots sur le dernier « La Rochelle belle et mortelle » ?

— Heu… Oui. Le point de départ est une disparition. Celle d’une jeune femme. C’est l’occasion de camper des personnages issus de milieux différents pour décrire leurs sentiments, leurs réactions dans des circonstances troublantes, et de dévoiler des secrets familiaux au fil des pages. Je me suis également attachée à l’ambiance. Il me semble que dans un roman l’ambiance est capitale, c’est ce qui permet d’entrer dans l’histoire. Et surtout, d’y rester.

 

" Je peux tuer qui je veux. Croyez-moi, c'est bien agréable. " Cette plaisanterie d'un goût douteux va bouleverser la vie de son auteur, Nicolas Villandry. Le médecin palois est romancier à ses heures. Alors, quand au lendemain de sa causerie dans un village sans histoire, un homme est poignardé devant son hôtel, il va se retrouver malgré lui au coeur de l'enquête. D'autant qu'un corbeau lance les gendarmes sur la piste d'un passé enfoui, que le polar de Villandry vient justement de ressusciter...

Paru le 13 octobre 2020 Editeur Moissons noires

 

 

Relecture et mise en page Ph. P et S.P.

 

 
Tag(s) : #portrait du jour criminocorpus
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