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Il y a soixante-dix ans, la ville de Béziers, dans l’Hérault, apprenait la disparition d’un de ses enfants, mort à l’autre bout du monde, au bagne de Cayenne. Qui était le mystérieux Pierre Laget, ce notable que le gouvernement français avait décoré de la Légion d’honneur et de la Croix de Guerre ? Médecin honorable et apprécié, cet homme fut pourtant soupçonné d’avoir diaboliquement empoisonné quatre membres de sa famille, ce qu’il niera toute sa vie !

L’auteur, après une longue, inédite et passionnante enquête, plonge au cœur de l’histoire de celui que les journaux français appelèrent le Dr Mystère. Son enfance, sa double vie, sa famille, son procès… Une affaire peu connue, palpitante, déroutante, qui enthousiasmera les lecteurs…

288 pages – 20 illustrations

Date de parution : 23 octobre 2015

 

Le passage de Pierre Laget dans les bagnes de Guyane, qui a duré de 1932 jusqu'à sa mort en 1944, est marqué par un statut très particulier lié à sa condition de notable et de professionnel de santé.
Contrairement à la majorité des bagnards soumis aux travaux de force épuisants, il a bénéficié de conditions d'incarcération privilégiées. [1, 2, 3]
Voici ce que l'on sait de son quotidien et de sa fin tragique au bagne :
1. Une affectation privilégiée aux Îles du Salut
À son arrivée en Guyane, Pierre Laget est affecté aux Îles du Salut, et plus particulièrement sur l'Île Royale. C'est une chance relative pour lui, car le climat y est beaucoup moins insalubre et mortifère que dans les camps de la forêt ou des marais sur le continent (comme à Saint-Laurent du Maroni). Il y côtoie notamment un autre prisonnier célèbre de l'époque : Guillaume Seznec. [1]
2. Le statut de « déporté en blouse blanche »
Grâce à ses compétences de chirurgien-dentiste et à son niveau d'instruction, l'administration pénitentiaire décide de ne pas l'envoyer casser des cailloux ou abattre des arbres.

  • Il est affecté à l'hôpital de l'Île Royale en tant qu'infirmier et auxiliaire médical.
  • Dans cette fonction, il soigne aussi bien ses codétenus que les surveillants militaires et leurs familles. Ce poste lui épargne la rigueur physique des travaux forcés traditionnels et lui confère une certaine considération au sein de la communauté pénitentiaire. [1, 2]
3. Une fin ironique : la mort par le poison
Malgré ce traitement de faveur, la perspective de finir ses jours en détention loin de la métropole lui devient insupportable alors que la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin. [1]
Le 1er septembre 1944, alors que le processus de liquidation progressive du bagne commence à être évoqué, Pierre Laget décide de mettre fin à ses jours. Par une sinistre ironie de l'histoire, l'homme qui avait été condamné pour avoir empoisonné sa famille à l'arsenic se suicide en absorbant lui-même une dose massive de poison. Il laisse derrière lui un dernier message écrit avant de mourir. [1, 2, 3]

 

 
 

Pierre Joseph Laget était un dentiste qui a su, sous l’apparence rassurante d’un professionnel respecté, dissimuler un tempérament froid et calculateur. Dès le début de sa vie adulte, Laget met en œuvre un plan funeste pour s’enrichir en manipulant son entourage par le biais de remèdes empoisonnés. Son modus operandi consiste à administrer de l’arsenic dans des tisanes, ingénieusement déguisées en traitements thérapeutiques, et ainsi à provoquer la mort ou l'affaiblissement de ses victimes. Son premier mariage avec Sarah Alexandre tourne rapidement au drame. La mort subite et mystérieuse de cette épouse suscite alors les premières suspicions. Sans attendre, Laget contracte une seconde union avec Suzanne Alexandre, la sœur de Sarah. La mort de Suzanne, survenue en 1929, suit un schéma identique : l’administration répétée d’arsenic dissimulé dans des tisanes, dont les analyses médico-légales finissent par révéler des doses mortelles. Ce comportement criminel ne s'arrête pas là, puisque Laget tente également d’empoisonner sa propre sœur, Marie‑Louise, afin de régler des différends financiers et personnels. La succession de ces actes – deux décès avérés par empoisonnement et une tentative sur un membre de la famille – le conduit à être arrêté en février 1930. Son attitude froide, combinée aux preuves irréfutables des analyses toxicologiques, lui vaudra le surnom sinistre de « Docteur Tisane ». Finalement, condamnation pour le meurtre de Suzanne et pour la tentative d’empoisonnement sur Marie‑Louise viendra couronner une vie d’adulte marquée non par la quête du savoir, mais par la mise en place méthodique d’un système de crimes visant à s’enrichir aux dépens de ses proches.

Tag(s) : #Affaires criminelles, #Bagnes coloniaux
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