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Norbert Heyriès (de son nom complet Norbert-Gaston-Gabriel Heyriès) était un médecin colonial et médecin-capitaine français, principalement connu pour son affectation dans les bagnes de Guyane entre 1939 et 1942. [1, 2]

Éléments clés de sa vie et de sa carrière

  • Formation : Il soutient sa thèse de médecine en décembre 1930 sur le thème du « Coup de chaleur chez le nourrisson ». [1]

  • Parcours colonial : Avant la Guyane, il sert notamment au Sénégal en tant que médecin militaire. Il y est décrit comme un médecin polyvalent, contraint par l'isolement d'officier comme chirurgien, épidémiologiste ou généraliste. [1]

  • L'expérience du bagne : Affecté aux îles du Salut en Guyane durant la Seconde Guerre mondiale, il y dirige les services médicaux. Durant cette période, il côtoie la dure réalité du système pénitentiaire colonial et collabore ironiquement avec des figures singulières du bagne, à l'instar de l'ancien médecin condamné Pierre Laget, qui lui servait d'infirmier. [1, 2]

Ses archives personnelles (lettres, rapports officiels, photographies et témoignages administratifs) ont été conservées par Claire Jacquelin et ont fait l'objet d'un ouvrage historique de référence intitulé Aux Bagnes de Guyane : Forçats et médecins, publié chez Maisonneuve et Larose. Ce fonds documentaire offre un éclairage précieux sur les conditions sanitaires extrêmes et les interactions complexes entre le corps médical et les relégués. [1, 2, 3]

 

Le médecin capitaine Norbert Heyriès a servi dans les bagnes de Guyane (notamment aux îles du Salut) entre 1939 et 1942. [1, 2, 3]

Rôle et témoignage du docteur Heyriès

  • Fonction : Médecin militaire colonial, il a géré la santé des forçats, des gardiens et de leurs familles dans des conditions très difficiles. [1, 2]

  • Archives : Il a rapporté des lettres, des documents administratifs et des carnets qui ont permis à la psychiatre et auteur Claire Jacquelin de publier l'ouvrage Aux bagnes de Guyane : forçats et médecins. [1, 2, 3]

  • Assistance : Il a notamment été aidé dans ses tâches par un forçat et ancien médecin condamné, Pierre Laget. [1]

Les états de service du médecin capitaine Norbert Heyriès se concentrent principalement sur son affectation coloniale durant la Seconde Guerre mondiale, marquée par une polyvalence médicale extrême dans le contexte particulièrement rude de la Guyane. [1]

Voici le résumé de sa carrière et de ses fonctions connues :

1. Affectation en Guyane française (Novembre 1939 – 1941)

Arrivé à l'hôpital général de Cayenne le 22 novembre 1939 (probablement par le navire Biskra), il y exerce des responsabilités colossales du fait de la pénurie de personnels en temps de guerre. Ses états de service à Cayenne cumulent les fonctions de : [1, 2]

  • Médecin-chef résident de l'hôpital Jean Martial.

  • Directeur et chirurgien responsable de l'hôpital des forçats (deux bâtiments intégrés à l'ensemble hospitalier de Cayenne).

  • Spécialiste multi-casquettes : Ophtalmologiste, radiologue et même vétérinaire pour les besoins de la colonie.

  • Autorité sanitaire : Agent de la santé du port de Cayenne et médecin-chef du centre de réforme. [1, 2]

2. Mutation aux Îles du Salut (1941 – 1942)

Après son passage à Cayenne, il passe l'essentiel du reste de son séjour guyanais affecté directement sur les îles du Salut (Royale, Saint-Joseph, Diable), le cœur le plus dur de l'administration pénitentiaire. [1]

  • Chirurgien des îles : Décrit comme un praticien très compétent, il y opère de nombreuses pathologies lourdes, notamment des extractions de calculs rénaux (fréquents à cause du climat et de l'alimentation des bagnards) et les blessures par arme blanche issues des rixes entre détenus. [1]

  • Double patientèle : En plus des forçats, il assure le suivi et les soins des surveillants militaires (les gardiens du bagne) ainsi que de leurs familles. C'est durant cette période qu'il utilise le forçat et ancien médecin Pierre Laget comme infirmier principal pour l'épauler. [1, 2]

3. Mutation en Martinique (1942)

Après un peu plus de deux ans passés en Guyane sous l'autorité de l'administration de Vichy, le docteur Heyriès obtient sa mutation pour les Antilles. Il permute ses fonctions avec un confrère et rejoint la Martinique en 1942 pour y poursuivre sa carrière de médecin militaire colonial. [1]

Ses carnets de bord, rapports officiels et correspondances privées accumulés pendant ces années de service constituent aujourd'hui l'un des fonds d'archives majeurs pour comprendre la médecine pénitentiaire coloniale. [1, 2]

Après sa mutation en Martinique en 1942, les traces historiques détaillées des états de service du médecin capitaine Norbert Heyriès s'interrompent.

Pourquoi son parcours après 1942 est-il méconnu ?

  • Nature des archives : Le livre de référence historique et psychiatrique publié par Claire Jacquelin (Aux bagnes de Guyane : forçats et médecins) se fonde exclusivement sur le fonds documentaire, les carnets de bord et la correspondance privée que le docteur Heyriès a rapportés et conservés de ses années au bagne (1939-1942). Sa vie et ses affectations ultérieures ne faisaient pas l'objet de ce recueil. [1, 2]

 

  • Secret militaire et anonymat : En dehors de sa parenthèse documentée dans l'administration pénitentiaire de Guyane, Norbert Heyriès a continué sa carrière comme médecin militaire colonial classique. Ses affectations suivantes sont protégées par le secret des dossiers individuels militaires (conservés par le Service Historique de la Défense à Vincennes ou au Centre des Archives du Personnel Militaire à Pau), qui ne sont consultables que par ses ayants droit ou sous dérogation...

 

Tag(s) : #Bagnes coloniaux
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