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Mauzac, camp Sud : prison pour femmes de 1947 à 1951
Dans l’immédiat après-guerre, l’histoire des femmes incarcérées au camp de Mauzac (situé en Dordogne, à l'est de Bergerac) est intimement liée à la période de l’Épuration et au traitement des femmes accusées de faits de collaboration. [1, 2]
Cette incarcération s'est déroulée en deux phases distinctes :
1. L'Épuration sauvage et les premières vagues (1944–1946)
Dès la libération de la région en juin 1944, les forces des maquis locaux conduisent leurs prisonniers à Mauzac. Un rapport du 29 juin 1944 signale ainsi l'incarcération de 229 détenus, dont 48 femmes. [1]
Ces femmes sont principalement des suspectes arrêtées pour « collaboration horizontale » (relations avec l'occupant allemand), dénonciation ou collaboration économique. Le flot de détenus, hommes et femmes confondus, gonfle rapidement dans les structures des camps Nord et Sud pour atteindre un pic général de 1 740 internés en mai 1946. [1, 2]
2. Le Camp Sud : Une prison officielle pour femmes (1947–1951)
Le 2 mai 1945, le site perd son statut militaire pour passer sous la direction du ministère de la Justice. À partir du 22 octobre 1947, le Camp Sud de Mauzac est officiellement reconverti en prison pour femmes, sous la direction de Joseph Chaussat. [1, 2, 3]
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L'effectif : Entre octobre 1947 et février 1951, un total de 946 femmes y sont incarcérées. Le pic de détention est atteint le 26 février 1948 avec 547 détenues simultanées dans le camp. [1, 2]
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Le profil des détenues : Il s'agit en grande majorité de femmes condamnées par les cours de justice ou les chambres civiques lors de l'Épuration légale. Bien que le camp soit en Dordogne, la majeure partie des prisonnières proviennent de transferts d'autres prisons de France (notamment du Blanc dans l'Indre ou de Tours). En 1948, le préfet de la Dordogne s'était d'ailleurs ému auprès du garde des Sceaux de voir arriver des détenues qui avaient résidé dans le département avant leur arrestation, craignant des tensions locales. [1, 2]
Une détenue célèbre : Magda Fontanges
Parmi les prisonnières notables de l'après-guerre à Mauzac figure l'actrice et journaliste Madeleine Corabœuf, connue sous le nom de Magda Fontanges. Ancienne maîtresse de Benito Mussolini, elle avait été condamnée en janvier 1947 par la Cour de justice de la Seine à 15 ans de travaux forcés pour intelligence avec l'ennemi (elle avait notamment espionné pour le compte de l'Abwehr en Italie et en Espagne). Elle purgea une partie de sa peine au camp de Mauzac. [1]
Le statut de prison pour femmes du Camp Sud prend fin le 15 février 1951, date à laquelle les dernières détenues de l'Épuration sont libérées ou transférées, avant que le site ne change à nouveau d'affectation. [1, 2]
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L'apport essentiel de l'historien Jacky Tronel sur cette question réside dans son travail de défrichement d'une histoire pénitentiaire locale totalement oubliée, qu'il a sortie des archives pour l'intégrer à la recherche scientifique nationale. [1, 2]
- La quantification exacte de cette population : 946 femmes incercérées au Camp Sud entre 1947 et 1951. [1]
- L'établissement du profil sociologique et pénal de ces femmes, révélant la présence de profils lourds (dont 11 anciennes condamnées à mort dont la peine avait été commuée). [1]
- La distinction claire entre l'« Épuration sauvage » de la Libération (les tondues de la Dordogne) et l'« Épuration légale » gérée par les cours de justice, qui a rempli le Camp Sud sous la direction de l'administration pénitentiaire. [1, 2, 3]
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- Il a notamment mis à l'honneur les recherches de Jacky Tronel sur « l'Art derrière les barbelés » à Mauzac.
- Ce projet commun met en lumière les dessins, poèmes et œuvres réalisés par les détenus (hommes et femmes) sous les verrous. Pour Poisson, relayer ce travail est une manière de restituer la dignité et l'expression des personnes incarcérées face à la dureté du système pénitentiaire de l'époque. [1, 2]
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