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La prison militaire du Cherche-Midi était une ancienne maison d'arrêt et de correction militaire située à Paris (au 38 rue du Cherche-Midi, puis s'étendant vers le boulevard Raspail). [1, 2]

Histoire et fonctionnement

  • Construction et ouverture : Édifiée entre 1847 et 1851 à l'emplacement d'un ancien couvent, elle ouvre ses portes le 30 décembre 1851. [1, 2, 3]

  • Modèle architectural : Elle s'inspire du système pénitentiaire américain d'Auburn, combinant un encellulement individuel pour la nuit et des ateliers de travail collectif pendant la journée. [1]

  • Événements marquants :

    • C'est là que fut écroué le capitaine Alfred Dreyfus entre octobre 1894 et janvier 1895.

    • En juin 1940, face à l'avancée allemande, la prison est évacuée vers le sud de la France (notamment à Mauzac).

    • Durant l'Occupation, les autorités allemandes y internent des résistants et des opposants politiques (tels que Honoré d'Estienne d'Orves). [1, 2, 3]

  • Démolition : Après la guerre, la détention militaire cesse et le site devient une maison d'arrêt civile avant d'être totalement démoli à partir de 1961 La Maison des sciences de l'homme a ensuite été construite sur une partie de son emplacement. Le porche d'entrée a été sauvé et réinstallé à Créteil comme mémorial. [1, 2, 3, 4, 5]

L’apport essentiel de l’historien Jacky Tronel a été de sortir la prison du Cherche-Midi de ce qu'il a lui-même qualifié de « trou noir de l'histoire pénitentiaire ». Ses recherches exhaustives menées à l'EHESS et au sein de la plateforme Criminocorpus ont permis de reconstituer de manière inédite le fonctionnement et la trajectoire de ce lieu. [1, 2, 3]

Ses contributions majeures s'articulent autour de trois axes principaux :

1. La mise en lumière de « l'exode » de la prison en juin 1940

Avant les travaux de Jacky Tronel, le sort des prisonniers militaires au moment de la débâcle de 1940 était largement méconnu. L'historien a documenté avec précision le repliement de la prison militaire de Paris vers la Dordogne et la zone libre. [1, 2]

  • Il a retracé la longue errance des détenus sur les routes de l'exode face à l'avancée allemande.

  • Il a analysé comment les structures du Cherche-Midi ont été recréées et réinstallées dans le Sud-Ouest, notamment au camp de Gurs puis au camp de Mauzac. [1, 2]

2. Une étude sociale et institutionnelle complète (1847-1947)

Jacky Tronel ne s'est pas contenté de raconter les grands événements ou d'évoquer les détenus célèbres (comme Alfred Dreyfus). Ses recherches ont apporté : [1]

  • Une compréhension fine de la population carcérale globale, incluant les soldats ordinaires, les insoumis, les déserteurs et les prisonniers politiques. [1, 2]

  • Une analyse de l'architecture du site et de son fonctionnement quotidien fondé sur le modèle d'Auburn (isolement nocturne et travail collectif en journée). [1, 2]

3. La transmission mémorielle et le documentaire de référence

En collaboration avec le réalisateur Hervé Colombani, Jacky Tronel a concrétisé ses recherches dans le documentaire de référence de la plateforme Musée Criminocorpus : « Rue du Cherche-Midi : 150 ans d'histoire pénitentiaire et de justice militaire ». Ce support s'appuie sur des plans, des archives inédites et des témoignages pour faire revivre visuellement ce site totalement démoli dans les années 1960. [1, 2, 3]

Il anime également le blog spécialisé Histoire pénitentiaire et Justice militaire qui reste une mine d'or pour les chercheurs travaillant sur le Cherche-Midi et le régime de Vichy. [1, 2]

1. Une reconnaissance de sa rigueur et de son statut d'historien

Bien que Jacky Tronel ait un parcours d'autodidacte (issu du monde de l'imprimerie avant de valider son diplôme de l'EHESS), Philippe Poisson le considère comme un chercheur et historien émérite. Il salue régulièrement la rigueur et l'exhaustivité de ses recherches sur la prison militaire du Cherche-Midi et sur l'histoire de la justice militaire. [1, 2, 3]

2. Un rôle de « passeur de mémoire » et de relais médiatique

Philippe Poisson utilise la visibilité de son propre portail de référence, Culture et justice, pour partager massivement et « sans modération » les avancées de son ami. Que ce soit pour relayer ses articles de blog, annoncer ses conférences (comme le séminaire sur le patrimoine judiciaire), ou promouvoir ses publications dans des revues régionales, il agit comme un amplificateur essentiel de ses travaux auprès du public. [1, 2, 3]

3. Une complicité intellectuelle et amicale

Dans ses billets de blog et ses interventions, Philippe Poisson qualifie systématiquement Jacky Tronel de « fidèle ami » et de « précieux collaborateur ». Tous deux partagent la même passion pour l'histoire des prisons et la mise en lumière des parcours des détenus de la Seconde Guerre mondiale. Cette collaboration étroite s'illustre notamment par leur implication croisée au sein de l'association et de la plateforme Criminocorpus. [1, 2, 3, 4, 5]

 
Tag(s) : #Prisons actuelles - Évasions, #Prisons anciennes, #Coup de coeur du jour
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