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L'histoire carcérale d'Aiguillon, dans le Lot-et-Garonne, est principalement rattachée à son passé judiciaire local sous l'Ancien Régime et au XIXe siècle, ainsi qu'à des événements de détention liés à la Seconde Guerre mondiale.
Le rez-de-chaussée du Présidial (dit « le Parlement ») d'Aiguillon a servi de prison pour le système judiciaire local avant d'être définitivement abandonné lors des réformes majeures de la carte pénitentiaire. [1]
Voici les grandes étapes de l'histoire carcérale et pénitentiaire d'Aiguillon :
1. La prison du Présidial (Ancien Régime et XIXe siècle)
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La fonction de justice : Sous l'Ancien Régime, Aiguillon possédait un tribunal (Présidial) et un Parlement local. Comme c’était la coutume, les sous-sols et le rez-de-chaussée de ces édifices de justice servaient de geôles pour maintenir les prévenus avant leur jugement. [1]
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Le maillage du XIXe siècle : Au milieu du XIXe siècle, le tissu carcéral du Lot-et-Garonne était très éclaté. Aiguillon, aux côtés de villes comme Casteljaloux ou Castillonnès, complétait les structures principales d'Agen. Ces petites prisons de proximité accueillaient les personnes condamnées à de très courtes peines ou en attente de transfert. [1, 2]
2. Le décret de 1926 et la fermeture des petites prisons
L'appareil judiciaire français a subi une restructuration profonde au début du XXe siècle :
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Le décret du 6 septembre 1926 : Signé sous le gouvernement de Raymond Poincaré, ce décret supprima de nombreux tribunaux d'arrondissement et ferma les petites maisons d'arrêt jugées insalubres, inutiles ou trop coûteuses. [1]
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Disparition des geôles d'Aiguillon : C’est au cours de cette grande vague de rationalisation (entre 1926 et 1927) que les structures de détention d'Aiguillon furent définitivement rayées de la carte pénitentiaire officielle au profit de la Maison d'arrêt d'Agen. [1, 2]
3. La Seconde Guerre mondiale : Rafles et détentions provisoires
Bien qu'Aiguillon n'ait plus abrité de prison officielle à cette époque, la ville a été le théâtre de détentions arbitraires tragiques sous l'Occupation :
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La rafle du 4 juin 1944 : Une colonne de SS (liée à la division Das Reich) mena une rafle au lieu-dit « Misères » à Aiguillon, visant des réfractaires au STO et des résistants. Une vingtaine d'hommes y furent arrêtés et brièvement détenus localement avant d'être déportés vers le camp de Buchenwald.
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L'arrestation du 17 juin 1944 : Suite à la découverte d'un dépôt d'armes secret, de nouvelles arrestations eurent lieu dans la commune, marquant l'histoire de la résistance locale. [1, 2]
La chronique judiciaire et criminelle de la commune d'Aiguillon, située dans le Lot-et-Garonne, est marquée par des drames de nature très diverse. Les affaires vont des crimes de sang familiaux récents aux violences à caractère raciste, en passant par les exactions commises pendant la Seconde Guerre mondiale. [1, 2, 3]
Voici les principales affaires judiciaires et criminelles notables liées à la commune d'Aiguillon :
1. L'affaire Noël Delmouly (2025) : L'incendie mortel sur fond de dictature familiale
L'un des faits divers criminels récents les plus marquants d'Aiguillon s'est soldé devant la cour d'assises du Lot-et-Garonne. [1]
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Les faits : Noël Delmouly a volontairement provoqué un incendie criminel à Aiguillon, causant la mort de son beau-père. [1, 2]
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Le contexte : Le procès a mis en lumière une personnalité extrêmement complexe, marquée par de lourdes addictions et des troubles psychiques. Le grand frère de l'accusé a décrit à la barre l'ambiance de la maison comme « une espèce de dictature » menée par un père tyrannique. [1]
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Le verdict : Les jurés ont reconnu l'altération de son discernement au moment des faits. Il a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle, une peine combinant la détention et une étroite prise en charge médicale. [1]
2. L'affaire du harcèlement et des violences racistes (2024)
En novembre 2024, la commune d'Aiguillon a attiré l'attention des médias nationaux, notamment via une enquête du média StreetPress, concernant de graves accusations de harcèlement raciste systémique. [1]
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Les faits : Plusieurs habitants de la commune d'origine marocaine ont déposé des plaintes et dénoncé une campagne de harcèlement quotidien. [1]
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La dérive criminelle : Cette affaire, qui a fait l'objet de procédures judiciaires, s'est traduite par des insultes répétées, des interventions d'huissiers instrumentalisées et des agressions physiques violentes (allant jusqu'à des dents cassées). [1]
3. Les crimes de sang de l'histoire rurale (XIXe - début XXe siècle)
Bien qu'il n'y ait pas de grand tueur en série propre à la commune, Aiguillon s'inscrit pleinement dans les dynamiques des « archives du crime » étudiées par les historiens du Lot-et-Garonne. Dans cette région agricole historiquement riche en liquidités cachées, la justice locale a eu à traiter plusieurs affaires typiques : [1, 2, 3, 4]
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Les crimes de voisinage et de convoitise : Le vol de numéraire (l'argent liquide caché dans les fermes) a été le mobile de plusieurs agressions sanglantes autour d'Aiguillon au XIXe siècle.
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Les drames familiaux : Le refus de mariages par les parents ou les questions d'héritage foncier ont souvent mené à des parricides ou des infanticides jugés à Agen. [1, 2]
4. Le raid et les dénonciations du 4 juin 1944
Sur le plan du droit pénal international et des crimes de guerre, le lieu-dit « Misères » à Aiguillon a été le théâtre d'un crime odieux de l'armée d'occupation allemande. [1]
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Les faits : À la suite du sabotage d'une voie ferrée entre Aiguillon et Nicole par la Résistance, une colonne de SS (guidée par des dénonciations locales) a mené une rafle.
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Le bilan : Une vingtaine d'hommes, dont des adolescents (comme Maurice Amiel, 17 ans) et des réfractaires au STO, ont été arrêtés illégalement avant d'être déportés vers le camp de concentration de Buchenwald. [1]
Pour étudier de manière approfondie le passé carcéral et judiciaire d'Aiguillon ainsi que du Lot-et-Garonne, les ressources se partagent entre la documentation sur les structures locales (comme son Présidial), les synthèses pénitentiaires départementales, et les ouvrages sur la criminalité régionale.
1. Orientations bibliographiques (Ouvrages et Revues)
Bien qu'il n'existe pas de monographie exclusivement dédiée à la seule prison d'Aiguillon (les geôles locales ayant été fermées au début du XXe siècle), plusieurs travaux de référence intègrent l'histoire pénitentiaire et judiciaire de la commune :
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Fournie Danielle (dir.), Le Lien, bulletin d’histoire judiciaire et pénitentiaire en Lot-et-Garonne, n° 10, 2022.
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Notice : Édité en collaboration avec l'École Nationale d'Administration Pénitentiaire (ÉNAP), ce numéro thématique est entièrement consacré au réseau des petites prisons départementales entre 1800 et 1940. Il analyse l'évolution de ces structures de proximité (dont faisait partie Aiguillon) avant les décrets de suppression de 1926. [1]
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Armand Jean-Michel, 47 affaires criminelles en Lot-et-Garonne : Les archives du crime, Geste Éditions, 2021.
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Notice : Cet ouvrage explore les dossiers de la Cour d'assises du Lot-et-Garonne du Moyen Âge à nos jours. Il s'avère précieux pour comprendre la typologie de la criminalité rurale dans le secteur du Confluent (Aiguillon/Marmande/Agen). [1]
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Caujolle Patrick, Les grandes affaires criminelles de Lot-et-Garonne, Éditions De Borée, 2014.
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Notice : Une anthologie de faits divers et d'affaires judiciaires reconstitués à partir des chroniques judiciaires régionales et des documents d'archives. [1]
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Koscielniak Jean-Pierre, Collaboration et épuration en Lot-et-Garonne, 2003.
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Notice : Cet ouvrage historique documente les vagues d'arrestations, d'internements provisoires et les procédures d'exception (notamment liées à la rafle du 4 juin 1944 à Aiguillon). [1]
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2. Notices historiques et institutionnelles
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Notice sur le Présidial d'Aiguillon (Le Parlement de Justice) :
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Créé après l'achat du duché d'Aiguillon sous l'égide de Richelieu (vers 1637), l'édifice intégrait l'autorité de justice et ses geôles attenantes. Les notices de la Médiathèque du Confluent d'Aiguillon détaillent l'évolution architecturale de ce bâtiment civil (sis rue Gambetta) dont le rez-de-chaussée servit longtemps de lieu de rétention. [1]
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Notice du Décret d'administration Poincaré (6 septembre 1926) :
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Ce texte législatif marque la fin officielle du passé carcéral d'Aiguillon. Conçu pour rationaliser les coûts de l'État, il entraîne la fermeture des prisons d'arrondissement et des geôles locales jugées insalubres au profit de la Maison d'arrêt d'Agen et du pôle d'Eysses à Villeneuve-sur-Lot. [1]
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3. Sources d'archives et inventaires à consulter
Pour mener une recherche documentaire ou généalogique directe, les fonds d'archives officiels disposent de séries spécifiques :
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Les Archives Départementales de Lot-et-Garonne (Fonds de la Série Y) :
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La Série Y (Établissements pénitentiaires) regroupe l'intégralité des registres d'écrou, rapports de surveillance, et états de la population carcérale du département pour la période 1800-1940. L'introduction aux instruments de recherche pénitentiaires est librement consultable via leur Portail des archives numérisées. [1, 2]
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Les Archives Judiciaires (Séries B, L et U) :
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Série B (Ancien Régime) : Pour retrouver les sentences du Présidial d'Aiguillon.
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Série U (1800-1958) : Pour consulter les dossiers de procédures, les fonds des tribunaux de première instance et les assises. [1]
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Le Fonds Communal d'Aiguillon :
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Répertorié sur le portail FranceArchives, l'inventaire des délibérations du conseil municipal d'Aiguillon (1791-1941) et les liasses liées à la Police (1792-an IX) et à la Justice (an VI) contiennent les rapports locaux sur la gestion et les réparations des locaux de sûreté de la commune. [1]
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"Le carnet de recherche de Criminocorpus a été créé en 2008 sur la plateforme Hypotheses avec l'objectif de couvrir l'actualité de la recherche en histoire de la justice. Il s'est progressivem...
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