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La commune d'Issigeac ne possède pas de grand centre pénitentiaire historique, mais son passé est marqué par une justice seigneuriale locale sous l'Ancien Régime liée aux évêques de Sarlat. [1, 2]
1. La prison seigneuriale d'Issigeac
Sous l'Ancien Régime, le seigneur d'Issigeac (l'évêque de Sarlat) détenait les pouvoirs spirituels et temporels. À ce titre, la cité possédait sa propre justice et ses structures de détention : [1, 2, 3]

  • Le bâtiment de la prison : Historiquement, un bâtiment spécifique du bourg faisait office de prison locale. Le portail de cet édifice arborait d'ailleurs les armes de l'évêque, et le logement du concierge (geôlier) se situait juste à côté. [1]
  • Faits historiques d'évasion : Les archives départementales de la Dordogne conservent des traces de l'activité judiciaire locale. Un dossier criminel des années 1786-1787 fait notamment état d'une procédure contre un individu suspecté d'avoir favorisé l'évasion des prisons d'Issigeac de trois détenus (les nommés Lachaize dit Castang, Bardot et Borderie). [1]
2. Risques de confusion fréquents
Lorsque l'on cherche le « passé carcéral » dans ce secteur de la Dordogne, il s'agit très souvent d'une confusion géographique avec deux sites célèbres du Périgord :
  • Le Centre de détention de Mauzac : Situé à une trentaine de kilomètres au nord d'Issigeac, le Centre de détention de Mauzac est une institution majeure du patrimoine carcéral de la Dordogne. Créé en 1939 comme poudrière, il est devenu une prison militaire en 1940, un lieu d'internement sous l'Épuration, puis un modèle de « prison ouverte » unique en France initié par Robert Badinter en 1986. [1, 2, 3, 4]
  • La Maison Forte de Reignac : Située plus à l'est dans la vallée de la Vézère, ce château-falaise est célèbre pour ses oubliettes, son authentique cachot et son exposition permanente sur l'histoire de la torture et de la peine de mort au Moyen Âge. [1, 2]

L’évolution historique du système judiciaire et de la criminalité à Issigeac reflète fidèlement les mutations de la justice provinciale du Périgord, passant d'une justice seigneuriale ecclésiastique forte sous l’Ancien Régime à une centralisation républicaine progressive.

L'analyse des archives départementales permet de retracer cette double trajectoire.


1. L’Ancien Régime : La Haute Justice des Évêques de Sarlat

Jusqu'à la Révolution, Issigeac est une importante seigneurie temporelle appartenant aux évêques de Sarlat, qui y possédaient leur palais épiscopal. La structure judiciaire y est alors très hiérarchisée : [1]

  • L'exercice de la Haute Justice : L’évêque de Sarlat y détient le droit de « haute justice ». Cela signifie que son tribunal local a théoriquement le pouvoir de juger toutes les affaires civiles et criminelles, et de prononcer des châtiments corporels, des bannissements, voire la peine de mort. [1, 2]

  • Le personnel judiciaire : La justice n'est pas rendue par l’évêque en personne mais déléguée à des officiers locaux (baillis, juges, procureurs fiscaux). Les actes notariés d'Issigeac montrent également une forte activité de médiation privée pour éviter le coût des procès. [1, 2]

  • La criminalité de l'époque : Contrairement aux idées reçues, la criminalité jugée à Issigeac relève rarement du grand banditisme. Il s’agit principalement d'une criminalité de subsistance et de voisinage : vols de récoltes, insultes, violences verbales ou physiques lors des foires, et contestations de taxes seigneuriales. Les affaires de mœurs ou les homicides graves sont souvent captés par la justice royale (Sénéchaussée de Bergerac ou de Périgueux) par le mécanisme de la « prévention royale ». [1, 2]

  • Une affaire locale marquante (1786) : Les archives conservent la trace d'un procès criminel à Issigeac lié à l'évasion de trois détenus (Lachaize, Bardot et Borderie) de la prison locale. Cette affaire illustre la fragilité des infrastructures carcérales de l'époque, souvent de simples pièces gardées par un concierge.

2. Le tournant révolutionnaire et le XIXe siècle : Perte de souveraineté

La nuit du 4 août 1789 et les décrets de 1790 abolissent définitivement les justices seigneuriales. Issigeac bascule dans le système judiciaire moderne : [1]

  • La justice de paix : Issigeac devient le chef-lieu d'un canton et se voit attribuer un Tribunal de Justice de Paix. Cette institution de proximité gère les petits litiges du quotidien (conflits de propriété, dégradations, injures).

  • Une criminalité rurale en mutation : Au XIXe siècle, la criminalité à Issigeac s'articule autour du monde agricole. Le tribunal traite des vols de bétail, du braconnage dans les bois environnants, et des rixes alcoolisées lors des marchés traditionnels. Les crimes plus graves (meurtres, incendies volontaires) sont transférés à la Cour d'assises de la Dordogne à Périgueux.

3. Du XXe siècle à nos jours : La centralisation

Au cours du XXe siècle, la baisse de la démographie rurale et les réformes de la carte judiciaire entraînent le démantèlement progressif des structures locales :

  • La fermeture de la Justice de Paix : Comme partout en France, les justices de paix sont supprimées en 1958 au profit des tribunaux d'instance. Les compétences judiciaires d'Issigeac sont alors définitivement transférées vers le Tribunal de Bergerac.

  • La criminalité contemporaine : Aujourd'hui, le secteur d'Issigeac connaît une criminalité faible, essentiellement suivie par la Communauté de brigades de Gendarmerie. Elle se concentre sur les cambriolages de résidences secondaires, les infractions routières et les incivilités liées à l'activité touristique estivale.


Synthèse de l'évolution
Époque Institution compétente Type de criminalité majoritaire
Ancien Régime (XVe-XVIIIe) Tribunal seigneurial de l'Évêque Délits ruraux, fraudes aux droits seigneuriaux, violences de foires.
XIXe siècle Justice de Paix d'Issigeac Braconnage, conflits de voisinage, vols de bétail.
Époque moderne (XXe-XXIe) Tribunal Judiciaire de Bergerac Atteintes aux biens (cambriolages), contentieux routiers.

I. Notices historiques thématiques d'Issigeac

L'histoire d'Issigeac se découpe en quatre grandes périodes structurantes :

  • L’Antiquité : Des thermes gallo-romains à la légende d'Isis

    • Les vestiges : La forme circulaire du bourg d'Issigeac proviendrait de l’implantation d’un camp romain (lié à Publius Crassus, lieutenant de Jules César).

    • La villa : En 1994, des fouilles de voirie ont mis au jour une importante villa gallo-romaine du IVe siècle dotée d'une zone thermale (mosaïques et décors en stuc).

    • Toponymie : La légende locale associe l'origine du nom du village au culte de la déesse égyptienne Isis, bien que les toponymistes penchent plutôt pour le domaine gallo-romain d'un nommé Isiciacus. [1, 2]

  • L'Époque moderne : Le bastion des Évêques de Sarlat

    • Issigeac devient la résidence d'été des évêques de Sarlat. Monseigneur François de Salignac de la Mothe-Fénelon (oncle du célèbre écrivain Fénelon) y fait bâtir le château des Évêques en 1666, de style classique, qui centralisait alors le pouvoir et la justice seigneuriale locale. [1, 2]

    • Le Haut Moyen Âge : La nécropole et le prieuré

    • Une nécropole mérovingienne s’installe sur les ruines de la villa romaine.

  • La première mention écrite de l'église Saint-Martin remonte à 1008. En 1153, un monastère (prieuré) rattaché à la grande abbaye de la Sauve-Majeure (Gironde) y est solidement établi. [1, 2, 3]
  • Le Moyen Âge tardif : Destructions et reconstruction
  • Le sac de 1300 : En plein conflit régional, la cité d'Issigeac est pillée et incendiée par Renaud de Pons, seigneur de Bergerac.
  • Guerre de Cent Ans : La ville subit l'occupation des troupes anglaises en 1437. C'est après ces ravages que le village se reconstruit pour donner le remarquable ensemble de maisons à pans de bois (colombages) visible aujourd'hui (comme la célèbre Maison des Têtes du XIVe siècle). [1, 2, 3]

 

II. Bibliographie de référence sur Issigeac

Pour approfondir l'histoire de la commune, plusieurs ouvrages et monographies scientifiques font autorité :

1. Ouvrages généraux et monographies cantonales

  • Bourrier (Christian), Issigeac : histoire et toponymie (connu aussi sous le titre Issigeac et son canton), Éditions P.L.B., coll. « Fleur de lys », 1992, 96 p. (L'ouvrage de référence le plus accessible sur l'évolution globale du bourg). [1, 2]

  • Bourrier (Christian), Issigeac, Éditions P.L.B., 2004. [1]

  • Bouyssy (Jean-Jacques Oscar), Notice historique sur Issigeac, réédition moderne par des éditeurs d'histoire locale (original datant de la fin du XIXe siècle / début XXe). [1]

2. Articles scientifiques et Bulletins de sociétés savantes

Les archives les plus précises se trouvent dans les volumes de la Société historique et archéologique du Périgord (SHAP) : [1]

  • Fayolle (Marquis de), « Maison avec pan de bois (XVe et XVIe siècles) à Issigeac », Bulletin de la SHAP, tome 37, 1910, p. 207-209. (Étude architecturale des maisons médiévales du bourg). [1]

  • Lavergne (Géraud), « Les archives de l'Église réformée d'Issigeac en 1673 », Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, 1913. (Essentiel pour comprendre les déchirements des Guerres de Religion dans le Bergeracois). [1]

  • Anonyme / Recueil historique, « Principaux faits de l'histoire d'Issigeac, depuis la fin du treizième siècle jusqu'au milieu du seizième », publié dans le Bulletin de la SHAP, Tome 16, 1889. (Une chronologie exhaustive dépouillant les archives de la Sauve-Majeure et de la suzeraineté d'Issigeac). [1]

3. Presse locale ancienne (Sources primaires)

  • Le Patriote d'Issigeac et du Périgord, journal républicain, indépendant et progressiste (parution bihebdomadaire entre 1895 et 1897, imprimé à Bergerac). Consultable via le projet de la Presse locale ancienne de la BnF. [1]


III. Où consulter ces documents ?
  1. Archives Départementales de la Dordogne (Périgueux) : Pour les registres paroissiaux, la série G (clergé séculier - évêché de Sarlat) et la série B (justices d'Ancien Régime).
  2. Médiathèque de Périgueux : Elle conserve les fonds locaux et les collections complètes des bulletins de la SHAP.
  3. Le portail Guyenne.fr : Qui a numérisé et retranscrit une grande partie des bulletins historiques du XIXe siècle concernant Issigeac. [1, 2]
Tag(s) : #Prisons actuelles - Évasions, #Prisons anciennes
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