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Bien qu'il n'y ait pas de grand complexe pénitentiaire historique sur la commune, les recherches locales et l'architecture de la bastide révèlent plusieurs lieux de sûreté, prisons locales et structures de justice ayant existé à Beaumont-du-Périgord à travers les siècles. [1, 2]

En voici les traces répertoriées :

1. Le vestige de l'ancienne prison médiévale (XIIIe siècle)

Dans le centre historique, l'architecture conserve une trace directe de la justice seigneuriale et royale d'origine. Un vestige de muraille de l'ancienne prison du XIIIe siècle est encore visible aujourd'hui. [1, 2]

  • Où la trouver ? Ce mur médiéval est intégré à la façade sud de la Maison de Monsec. Lors de la construction des bastides, la justice et la détention des petits délinquants ou des prisonniers civils étaient souvent gérées au plus près des bâtiments de pouvoir ou des maisons fortes. [1, 2]

2. Les geôles du couvent des Récollets (XIXe siècle)

Après la Révolution et au cours du XIXe siècle, la réorganisation des espaces publics a conduit à installer l'administration dans l'ancien couvent des Récollets. Le bâtiment a été divisé pour accueillir plusieurs services : [1]

  • Côté Nord : C'est ici que furent installées conjointement la mairie, l'école, la justice de paix et une petite prison de sûreté (destinée aux détentions provisoires avant transfert vers Bergerac).

  • Côté Sud : Il abritait le logement de l'instituteur puis le presbytère. [1, 2]

3. Les « Lieux de justice » environnants

La toponymie et les archives locales gardent l'empreinte de la haute et basse justice qui s'exerçait dans le secteur :

  • Le Moulin de la Justice (Lieu-dit Capy) : Situé en périphérie sur la D25, ce nom rappelle l'emplacement historique où étaient exécutées les sentences ou fixés les gibets de la juridiction locale. [1]

  • Les chambres de sûreté de la Gendarmerie : À l'époque moderne, comme dans tout chef-lieu de canton, la brigade de gendarmerie locale disposait de chambres de sûreté (cellules de garde à vue) pour maintenir l'ordre public avant le déferrement des individus vers le tribunal d'arrondissement.

À l'instar de son histoire pénitentiaire, la commune de Beaumont-du-Périgord n'est pas le théâtre de grandes affaires criminelles historiques célèbres ou d'homicides majeurs. Les grandes affaires qui marquent la mémoire collective du département se déroulent généralement dans d'autres secteurs (comme le célèbre et tragique crime de Hautefaye dans le Périgord Vert, ou encore l'affaire récente du meurtre de Karen Beaumont Carter à Trémolat en 2025, une commune voisine dont le nom de famille de la victime prête parfois à confusion). [1, 2]

L'histoire judiciaire de Beaumont-du-Périgord se compose plutôt d'affaires plus locales ou insolites :

1. Les insurrections populaires et jacqueries (XVIe - XVIIe siècles)

Si Beaumont n'a pas de grand fait divers criminel individuel, elle a été profondément marquée par l'histoire des révoltes des Croquants. En tant que bastide et chef-lieu de juridiction, la commune a vu ses officiers royaux et ses collecteurs d'impôts pris pour cibles lors des grands soulèvements paysans de la région. Ces affaires de rébellion collective se réglaient par des jugements de trahison et des exécutions publiques, souvent menées au lieu-dit Le Moulin de la Justice.

2. L'affaire insolite du cambrioleur « caché sous le fumier » (2018)

Dans l'histoire judiciaire moderne et locale, Beaumont-du-Périgord a fait les titres de la presse régionale pour une affaire de cambriolage particulièrement insolite jugée par le tribunal de Bergerac. [1]

  • Les faits : En février 2018, un jeune cambrioleur récidiviste s'est introduit dans une propriété de Beaumont-du-Périgord.

  • L'arrestation : Repéré par les gendarmes, l'homme a tenté le tout pour le tout pour leur échapper en s'enterrant et en se cachant de longues heures sous un tas de fumier agricole. Il a finalement été découvert par les forces de l'ordre et lourdement condamné par la justice périgourdine. [1]

3. La délinquance itinérante et les vols de lotos

Comme d'autres petites communes rurales de la Dordogne, le secteur de Beaumont subit parfois des raids de délinquance astucieuse. Des affaires d'envergure départementale ont mis en lumière des équipes de cambrioleurs spécialisés qui ciblaient les habitations des riverains de Beaumont et des environs pendant que ces derniers participaient aux lotos associatifs des villages, donnant lieu à de grands procès collectifs devant le tribunal correctionnel de Périgueux. [1, 2]

Le passé carcéral de Beaumont-en-Périgord (devenu Beaumontois-en-Périgord) diffère grandement de celui de sa voisine Lalinde. À Beaumont, il ne s'agit pas d'un grand complexe d'internement national comme Mauzac, mais plutôt de l'exercice d'une justice locale, seigneuriale puis républicaine, ancrée dans l'histoire de cette ancienne bastide royale anglaise fondée en 1272. [1, 2, 3]

Voici les notices historiques thématiques suivies de la bibliographie et des sources d'archives pour explorer ce passé.


📝 Notices thématiques sur le passé carcéral de Beaumont

⚖️ La Haute Justice et le Moulin de la Justice

En tant que bastide et chef-lieu de juridiction doté d'une charte de coutumes dès 1277, Beaumont disposait du droit de haute et basse justice. [1, 2]

  • Le Gibet de Capy : La toponymie locale conserve la trace de l'application des peines de mort au lieu-dit Capy (sur la D25), où se trouve encore le Moulin de la Justice. C’est à cet endroit que s’élevaient les fourches patibulaires (les gibets) où étaient exécutés et exposés les condamnés. [1]

⛓️ Les geôles de la Bastide médiévale

À l'époque médiévale et sous l'Ancien Régime, l'enfermement préventif s'organisait directement au cœur des structures défensives de la ville. [1]

  • La Porte de Luzier et les tours : Sur les seize portes fortifiées initiales de la bastide, seule la monumentale Porte de Luzier subsiste. À l'instar des chambres fortes de l'église fortifiée Saint-Front, ces structures en pierre intégraient de petites geôles ou « chambres de détention » temporaires gérées par les officiers royaux ou les baillis pour enfermer les voleurs et les rebelles avant leur jugement. [1, 2, 3]

🪖 Révoltes populaires et répression : Les Croquants

L'histoire pénale de Beaumont a été marquée par les Jacqueries des Croquants (XVIe et XVIIe siècles). La commune fut le théâtre d'insurrections paysannes majeures où les collecteurs d'impôts et les officiers de justice étaient pris pour cibles. La répression judiciaire qui s'en suivit donna lieu à de vagues d'arrestations, d'enfermements dans les tours de la ville et d'exécutions pour trahison au Moulin de la Justice. [1, 2]

🚓 L'époque moderne : Les chambres de sûreté de la Gendarmerie

Après la Révolution et durant les XIXe et XXe siècles, Beaumont-en-Périgord devient un chef-lieu de canton. [1]

  • La rétention de proximité : La brigade de gendarmerie locale fut équipée de chambres de sûreté (cellules de garde à vue). Ces geôles républicaines servaient au maintien de l'ordre public, permettant d'écrouer brièvement les contrevenants, vagabonds ou auteurs de délits ruraux avant leur transfert (déferrement) vers la maison d'arrêt et le tribunal d'arrondissement de Bergerac. [1]


📚 Bibliographie indicative

Pour approfondir l'histoire de la justice, de la répression et de l'enfermement dans ce secteur du Périgord Pourpre :

  • Ouvrages généraux et notices sur la justice locale :

    • Nobiliaire du Limousin et notices sur le Périgord, Abbé Joseph Nadaud (rééd. 1880), contenant de précieux détails sur les droits de justice seigneuriale des grandes familles du secteur (Biron, etc.).

    • Les Chroniques de la sénéchaussée de Bergerac, qui englobent la juridiction de la bastide de Beaumont. [1, 2]

  • Sur les révoltes populaires (les Croquants) et la répression pénale :

    • Histoire des Croquants : Étude sur les insurrections populaires au XVIIe siècle dans le Sud-Ouest de la France, Y.-M. Bercé (éd. Le Seuil). Cet ouvrage de référence détaille comment les bastides comme Beaumont géraient la détention et le châtiment des insurgés.

  • Publications spécialisées en histoire pénitentiaire régionale :

    • Consultez les travaux du chercheur Jacky Tronel sur le portail d'histoire de la justice Criminocorpus, ainsi que la revue d'histoire Arkheia, qui documentent régulièrement le passé carcéral des communes de la Dordogne. [1, 2, 3]


🗄️ Sources d'archives (Où chercher ?)

Si vous effectuez des recherches généalogiques ou historiques pointues sur des personnes incarcérées ou jugées à Beaumont :

  1. Les Registres d'écrou de la Dordogne : Les Archives départementales de la Dordogne ont numérisé et mis en ligne une grande partie des registres d'écrou historiques du Périgord. Bien que Beaumont transférait ses prisonniers vers Bergerac, les registres de la gendarmerie locale y sont parfois conservés sous la Série Y (Fonds pénitentiaires). [1]

  2. La Justice seigneuriale et royale (Ancien Régime) : À consulter aux Archives départementales sous la Série B (Cours et juridictions), qui regroupe les sentences prononcées par les baillis et sénéchaux de la bastide.

 
Tag(s) : #Prisons anciennes, #Prisons actuelles - Évasions, #Régions - Histoire
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