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L'histoire de la prison de Bressuire, dans le département des Deux-Sèvres, est intimement liée à son architecture panoptique unique et à son rôle de pivot judiciaire local du XIXe au XXe siècle. [1, 2]

Voici les grandes étapes de ce passé carcéral :

1. Les geôles primitives (avant 1866)

Avant la construction de son grand établissement circulaire, Bressuire enfermait ses prisonniers de manière rudimentaire. Ils ont d'abord été installés dans les tours de l'ancienne porte Saint-Jacques, un vestige des fortifications médiévales. [1]

Par la suite, une prison provisoire a été aménagée dans l'actuelle rue Jean-Jaurès. Pour l'anecdote, la tradition locale veut que les propriétaires successifs de la maison située au numéro 6 de cette rue se transmettent encore la clé d'origine de cette ancienne geôle. [1]

2. La prison panoptique (1866 – 1952)

Il aura fallu 22 ans de tractations et de chantiers pour concrétiser le nouvel établissement, dessiné par l'architecte départemental Edmond Brazier. Mise en service en 1866, la prison s'est établie juste à côté du tribunal. [1, 2]

  • Une architecture circulaire : C'était l'un des rares exemples de structure panoptique dans la région. D'un diamètre de 34 mètres, le bâtiment était parfaitement rond et ceinturé de deux murs d'enceinte. Cette configuration permettait aux gardiens de surveiller toutes les cellules depuis un poste central. [1]

  • Capacité et statut : Conçue sur deux étages, elle disposait de quartiers strictement séparés pour les hommes et les femmes, pour une capacité totale de 28 détenus. Elle cumulait les fonctions de maison d'arrêt, de maison de correction et de dépôt de police. [1]

  • Profil des détenus : L'établissement n'a accueilli que très peu de grands criminels, la majorité des prisonniers y purgeant de courtes peines de droit commun. Une exception notable est l'incarcération en 1931 du double meurtrier Marcel Salvy. [1]

Cliché photographique : jusqu’en 1968, la silhouette imposante de la prison de Bressuire dominait les alentours du tribunal. Elle a été détruite pour créer un parking (photo collection Jacques Ethioux).© Photo NR

3. De la Guerre d'Espagne à la Libération

La prison a connu des vagues d'occupation très diverses au cours du XXe siècle :

  • 1937 (Réfugiés espagnols) : Alors qu'elle commençait à se vider de ses prisonniers dès 1934, la prison a été réutilisée pour offrir un hébergement d'urgence à de nombreux civils fuyant la Guerre d'Espagne. [1]

  • Septembre 1944 (L'Épuration) : Au lendemain de la Libération, l'établissement reprend sa fonction carcérale. Le 4 septembre 1944, la maison d'arrêt rouvre officiellement pour interner 32 collaborateurs civils et militaires. Les archives municipales conservent un registre manuscrit de cette période, qui fait grimper la liste jusqu'à 49 prisonniers et prisonnières au plus fort des arrestations politiques. [1]

4. Désaffectation et démolition (1968)

La prison a été officiellement désaffectée en 1952. Sa silhouette massive a continué de dominer le paysage bressuirais pendant seize ans encore, avant d'être entièrement démolie en 1968. [1, 2]

L'absence de protection patrimoniale à l'époque a scellé son sort : le bâtiment circulaire a été rasé pour faire place à l'actuelle place Charles-de-Gaulle et à son parking public. Aujourd'hui, seule la « rue de la Prison » témoigne encore, par son nom, de cet ancien complexe carcéral. [1, 2]

Pour étudier et documenter le passé carcéral de Bressuire (Deux-Sèvres), les chercheurs et passionnés d'histoire peuvent s'appuyer sur un ensemble de notices historiques et de références bibliographiques spécialisées. Le corpus s'articule autour de deux grandes périodes : la justice seigneuriale du Moyen Âge et l'institution carcérale moderne (XIXe-XXe siècles).


1. Notices historiques et fonds d'archives

  • « La prison n'était pas qu'une rue » — Archives Municipales de Bressuire
    Cette notice historique officielle et documentée retrace la genèse de la prison panoptique construite par l'architecte Edmond Brazier. Elle détaille les 22 ans de démarches administratives nécessaires à son édification, ses dimensions exactes (34 mètres de diamètre), sa capacité d'accueil originale (28 détenus) et sa destruction finale en 1968. Le fonds iconographique (notamment la série photographique cotée 8 Z) conserve la mémoire visuelle du bâtiment et du percement de la rue de la Prison en 1870. Les détails sont accessibles sur le site des Archives de Bressuire.
    [1]

  • Notice sur la porte Saint-Jacques — Archives de Bressuire
    Notice retraçant l'histoire de la première fortification médiévale qui servit de geôle primitive aux détenus de la ville avant sa démolition définitive décidée en 1836 pour cause de vétusté.
    [1]

  • Les registres de l'Épuration (Septembre 1944) — Secrétariat de la Mairie de Bressuire
    Registre manuscrit spécifique recensant l'écrou, le profil et le parcours des 32 à 49 collaborateurs civils et militaires internés à la maison d'arrêt de Bressuire immédiatement après la Libération de la région.


2. Bibliographie spécialisée et académique

Époque médiévale et moderne (La justice seigneuriale et les premières geôles)

  • BONNAUD Muriel, Justice et société dans la châtellenie de Bressuire (XIVe-XVe siècle), Éditions Classiques Garnier, Paris.

  • Cette étude majeure, issue d'une thèse de doctorat soutenue en 2011 sous la direction de Martin Aurell, analyse l'appareil judiciaire local à la fin du Moyen Âge. À travers le dépouillement minutieux des registres judiciaires du chartrier de Saint-Loup, l'autrice y explore le fonctionnement quotidien de la justice, la délinquance locale et les méthodes de détention ou de punition dans le Bocage. Une recension de l'ouvrage est notamment disponible sur la plateforme Criminocorpus. [1, 2]

  • SOCIÉTÉ DES AMIS DU VIEUX-BRESSUIRE, Histoire abrégée de la ville et baronnie de Bressuire : Des origines à nos jours, réédition numérique.

  • Un cycle de monographies locales comprenant des sections dédiées aux institutions féodales, à l'histoire des vieilles rues (dont la rue Jean-Jaurès et ses anciennes geôles) et à l'évolution de la criminalité de l'Ancien Régime jusqu'au XXe siècle. [1, 2]

Époque contemporaine (XIXe et XXe siècles)

  • HISTOIRE ET PATRIMOINE DU BRESSUIRAIS (HPB), Bulletins de la société historique.
    L'association publie régulièrement des monographies thématiques indispensables. Le dossier spécial « La Justice à Bressuire des origines à nos jours » compile les plans d'architecte de la structure panoptique de Brazier, le quotidien des gardiens, ainsi que les rapports d'inspection de la maison de correction. D'autres articles de la revue étudient l'impact local des grands conflits (guerre de Vendée, prisonniers de la Guerre d'Espagne en 1937). Les sommaires et travaux peuvent être consultés directement auprès de l'Association Histoire et Patrimoine du Bressuirais.
    [1, 2, 3]

Tag(s) : #Prisons anciennes, #Prisons actuelles - Évasions
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