Du Moyen Âge jusqu'à nos jours, des citoyens font la police sans être policiers, notamment pour encadrer les foules, comme la garde nationale ou les services d'ordre des manifestations.
Au moment de maintenir l'ordre public, le pouvoir peut s'appuyer sur des citoyens auxiliaires de police. Au 19ᵉ siècle, face à une émeute qui risque de dégénérer en révolution, il peut compter sur l'armée et la gendarmerie, mais aussi sur la garde nationale, une milice de citoyens en armes. Ces citoyens policiers peuvent parfois porter eux-mêmes le mécontentement.
La garde nationale, des citoyens en armes
La première institutionnalisation de la police citoyenne intervient avec la Révolution. En 1789, il n'existe pas de forces de l'ordre structurées sous la responsabilité de l'État. La garde nationale, héritière des milices bourgeoises de l'Ancien Régime chargées de protéger la propriété, est créée dès la mi-juillet pour assurer le maintien de l'ordre. Alors que la police professionnelle se structure sous l'Empire, la garde nationale se maintient, plus ou moins sollicitée selon les régimes.
Le service y est obligatoire pour les citoyens, toujours des hommes, quelques jours par mois, à leurs frais. La définition du "citoyen" fait écho aux oscillations politiques du siècle : les régimes démocratiques comme la Première République élargissent le recrutement, tandis que les régimes autoritaires le réservent aux propriétaires. L'historien Arnaud-Dominique Houte, auteur de Citoyens policiers. Une autre histoire de la sécurité publique en France, de la garde nationale aux voisins vigilants (La Découverte, 2023), décrit le quotidien des hommes au sein de la garde nationale : "C'est une institution qui, la plupart du temps, ne fait rien. [Elle] est obligée d'occuper le corps de garde, mais son bilan opérationnel est néant. C'est une institution d'hommes qui utilisent probablement cette corvée [...] comme un dérivatif. On imagine que c'est plutôt un espace de sociabilité." ... (Arnaud Houte - Professeur d'Histoire contemporaine)
À propos du podcast
Du lundi au vendredi de 9h à 10h
Du lundi au vendredi, "Le Cours de l'histoire" remet au goût du jour le récit de l'histoire, réservant un traitement à toutes ses occurrences dans l'espace public comme dans les productions culturelles, tout en restant très attentif à l'actualité de la recherche.
En vingt ans, les questions ont évolué, les problématiques se sont déplacées, l’enjeu politique que représente le savoir historique pour nos sociétés, pour les citoyens comme pour les pouvoirs n’est plus le même : à bien des égards, il occupe une place plus importante que jamais. Le Cours de l’histoire remet au goût du jour le récit de l’histoire, réservant un traitement à toutes ses occurrences dans l’espace public comme dans les productions culturelles, tout en restant très attentif à l’actualité de la recherche.
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