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Il y a 100 ans, le château de Thouars était une prison.
| D.R SERVICE PATRIMOINE DE LA VILLE DE THOUARS
L'histoire pénitentiaire de la ville de Thouars (Deux-Sèvres) est singulière : elle est marquée par une absence prolongée de structure carcérale officielle jusqu'à la fin du XIXe siècle, compensée par l'utilisation de ses célèbres fortifications médiévales comme lieux de détention provisoire, avant d'accueillir l'une des plus importantes maisons centrales de la région au sein même de son édifice le plus prestigieux. [1, 2]
Le passé carcéral de Thouars se divise en deux réalités historiques : des geôles d'Ancien Régime improvisées dans les tours de la ville, suivies par la transformation massive du Château des ducs de La Trémoille en prison centrale de 1872 à 1925. [1, 2]
1. Avant 1872 : Les geôles fortifiées et les lieux de sûreté
Jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle, Thouars ne dispose pas d'une véritable prison d'arrondissement (les condamnés au long cours dépendant du tribunal de Bressuire). Pour assurer l'enfermement des prévenus locaux ou le transit des prisonniers, les autorités utilisent les éléments défensifs de la cité : [1]
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La Tour Prince de Galles : Cette imposante tour de défense du XIIe siècle, vestige des remparts médiévaux, a servi de prison dès l'Ancien Régime. Elle servit notamment de lieu de sûreté pour interner les faux-sauniers (les contrebandiers du sel sous l'Ancien Régime). Elle conserva cette fonction de geôle d'étape jusqu'à la fin du XIXe siècle. [1]
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La Porte au Prévost : Cet autre accès fortifié de la ville fut brièvement aménagé en dépôt et lieu de rétention au début du XIXe siècle. Cependant, en raison de son extrême délabrement et de l'insalubrité des locaux, son utilisation comme prison fut de courte durée. [1]
2. Le Château de Thouars : La Maison centrale de détention (1872 - 1925)
Le tournant majeur de l'histoire carcérale thouarsaise intervient après la guerre franco-allemande de 1870. L'État recherche de grands complexes pour désengorger ses structures pénitentiaires et décide d'investir le joyau architectural de la ville. [1]
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La reconversion du monument : En 1872, le grandiose Château des ducs de la Trémoille (édifié au XVIIe siècle) perd ses attributs d'apparat pour être converti en maison centrale de détention. Des barreaux sont posés aux fenêtres, les grands salons sont transformés en dortoirs et les structures de surveillance sont maçonnées dans la cour. [1, 2]
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Le profil des détenus : Le château devient alors un lieu de détention correctionnel d'envergure, accueillant des condamnés à de longues peines. [1, 2]
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La fermeture : Après un peu plus de cinquante ans d'activité, la maison centrale ferme définitivement ses portes en 1925, libérant ses derniers prisonniers. [1, 2]
Note historique : Dès 1933, soit quelques années seulement après le départ des gardiens et des détenus, le bâtiment entame une troisième vie radicalement différente en devenant un collège public (l'actuel collège Marie de la Tour d'Auvergne). [1]
L’évolution historique des affaires criminelles et judiciaires à Thouars reflète la transformation de cette ancienne place forte féodale en un grand pôle pénitentiaire et ferroviaire, avant de faire face aux réalités contemporaines de la justice pénale.
La criminalité à Thouars est passée d'insurrections militaires d'envergure nationale au XIXe siècle à une délinquance de droit commun marquée par de récents drames de huis clos.
1. Le XIXe siècle : Complots politiques et répression carcérale
Au sortir de la Révolution, les affaires judiciaires de Thouars quittent le cadre des justices seigneuriales d'Ancien Régime pour s'inscrire dans les soubresauts politiques nationaux. [1]
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L’Affaire Berton (1822) – La Conspiration républicaine : Le 24 février 1822, Thouars devient le point de départ d'une tentative de coup d'État contre la monarchie de Louis XVIII. Menée par le général d’Empire Jean-Baptiste Berton, une troupe d'insurgés s'empare de l'hôtel de ville de Thouars, y hisse le drapeau tricolore et proclame un gouvernement provisoire. La trahison du mouvement à Saumur entraînera l'arrestation des conjurés. Le procès historique et politique qui s’ensuit verra l'exécution de Berton, marquant les mémoires locales. [1, 2]
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La criminalité de la Maison centrale (1872-1925) : Avec la transformation du Château de Thouars en maison de force en 1872, la délinquance locale est supplantée par la criminalité interne de la prison. Gardant jusqu'à 500 détenus de longue peine, l'établissement génère ses propres chroniques criminelles (agressions de gardiens, mutineries et évasions tragiques, comme celle d'Armand Calen en 1906, un assassin condamné abattu au cours de sa fuite). [1]
2. Le tournant industriel et le XXe siècle : Une délinquance de nœud ferroviaire
À la fin du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, Thouars devient l'une des plus importantes cités cheminotes de l'Ouest de la France. [1]
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L'impact de la démographie : La population explose (passant de 2 600 à plus de 10 000 habitants). Les archives de police de cette époque (série Moderne des Archives municipales de Thouars) témoignent d'une mutation de la délinquance. [1, 2]
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La typologie des délits : Les affaires portées devant le tribunal de Bressuire (dont dépend Thouars) concernent alors principalement des vols de marchandises sur les lignes de fret Paris-Bordeaux, des rixes d'estaminets entre ouvriers du rail, du vagabondage et des escroqueries financières liées à l'expansion industrielle.
3. L'époque contemporaine : Des huis clos dramatiques aux assises
Au début du XXIe siècle, la criminalité thouarsaise s'est recentrée sur des faits divers d'ordre privé ou psychiatrique, ayant nécessité l'intervention de la Cour d'assises des Deux-Sèvres à Niort. [1, 2]
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Le drame de l'hôpital (2020) : L'assassinat de l'infirmière Élodie Multon par un patient psychiatrique en crise au centre hospitalier de Thouars a profondément marqué l'opinion. Le procès, achevé en juillet 2024, s'est concentré sur la responsabilité pénale des malades mentaux et s'est soldé par une condamnation à 25 ans de réclusion.
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L'affaire de séquestration du Thouarsais (Jugée en 2026) : En janvier 2026, la Cour d'assises des Deux-Sèvres a jugé à huis clos quatre bourreaux pour des faits commis à Thouars en 2022. Un jeune homme vulnérable de 19 ans placé sous curatelle avait été séquestré, torturé et violé dans un appartement de la ville, illustrant la violence de certaines dérives marginales modernes.
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Criminalité de réseaux (2025-2026) : La physionomie judiciaire très récente de la ville fait face à l'apparition de trafics de stupéfiants de proximité (démantèlements réguliers de réseaux de revente de cocaïne/héroïne) et à des faits de violences urbaines ciblées (règlements de comptes à main armée, incendies criminels de véhicules). [1, 2, 3, 4, 5, 6]
Pour explorer et étudier le passé carcéral de la ville de Thouars (Deux-Sèvres), qu'il s'agisse des geôles fortifiées médiévales antérieures à 1872 ou de la célèbre Maison centrale aménagée dans le château, plusieurs notices de fonds d’archives et travaux de recherche locaux constituent des ressources bibliographiques indispensables.
1. Les notices de sources primaires (Archives publiques)
L'étude historique directe s'appuie sur deux centres de conservation majeurs qui abritent les registres et les correspondances de l'administration pénitentiaire :
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Les Archives départementales des Deux-Sèvres (Niort) :
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Fonds de la Maison centrale de détention de Thouars : Ce fonds massif regroupe la gestion quotidienne, les dossiers du personnel et les rapports d'inspection de la prison installée dans le château des ducs de La Trémoïlle (1872-1925).
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Les registres d'écrou : Les chercheurs peuvent consulter les fiches détaillées de chaque détenu (signalement, motif de la condamnation, transferts, conduite). Comme le précise la notice descriptive nationale sur FranceArchives et les registres d'écrou de la Maison centrale de Thouars, l'ensemble de ces documents est désormais librement communicable puisque le délai légal de protection de 50 ans lié à la vie privée est largement révolu. [1]
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Les Archives municipales de Thouars :
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Série Moderne (Police et justice locale) : Utile pour l'analyse des lieux de sûreté de la commune. On y trouve les arrêtés municipaux, la correspondance avec le tribunal de Bressuire et les rapports d'insalubrité sur les structures médiévales.
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2. Études historiques, notices et bibliographies spécifiques
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Sur la période antérieure à la Maison centrale (Avant 1872) :
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Poisson (Philippe), « Les prisons à Thouars avant 1872 », notice de synthèse publiée sur le portail d'histoire pénale Criminocorpus / Portrait Culture Justice. Cette notice documente l'absence de véritable prison d'arrondissement et l'usage temporaire et inconfortable de la Tour Prince de Galles et de la Porte au Prévost pour retenir les prévenus condamnés par le tribunal de Bressuire. [1]
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Sur l'histoire du monument et sa fermeture (1925) :
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Les articles rétrospectifs de la presse locale, à l'instar de la chronique d'Ouest-France sur les 100 ans de la fermeture de la prison du château de Thouars, qui retracent la reconversion définitive de l'édifice ducal en collège public en 1925. [1]
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Sur l'histoire générale des ducs de La Trémoïlle :
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Les bulletins de la Société d'Histoire, d'Archéologie et des Arts du Pays Thouarsais (SHAAPT). Leurs publications régulières contiennent des notices architecturales majeures détaillant comment les structures intérieures du château ont été profondément modifiées et dégradées par l'aménagement des dortoirs et des ateliers de travail des prisonniers à partir de 1872.
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3. Élargissement bibliographique : Le contexte des geôles seigneuriales
Pour comprendre la nature des lieux d'enfermement médiévaux de Thouars (comme la Tour Prince de Galles), les travaux de recherche sur la typologie des cachots en France apportent un éclairage méthodologique indispensable :
Telliez (Romain), Geôles, fosses, cachots… : lieux carcéraux et conditions matérielles de l'emprisonnement en France à la fin du Moyen Âge, Éditions de la Sorbonne / Plateforme HAL SHS. Cet ouvrage décrypte la topographie de l'inconfort des tours médiévales et la réglementation (parfois bafouée) entourant le traitement des prisonniers par les geôliers. [1, 2]
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