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Le passé judiciaire et carcéral de la ville de Loches (Indre-et-Loire) est profondément lié à sa célèbre forteresse, la Cité royale de Loches. [1, 2]
Le Donjon : de résidence comtale à prison d'État (XVe siècle)
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Prisonniers célèbres : Il a vu passer des détenus illustres, tels que Ludovic Sforza (duc de Milan), fait prisonnier à Novare en 1500 et mort au donjon en 1508, ainsi que diverses figures politiques ou religieuses de l'époque (comme des femmes protestantes enfermées lors des guerres de Religion). [1, 2]
De la Révolution à la fermeture en 1926
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Déclin et fin d'activité : Au fil du XIXe siècle et du début du XXe siècle, la population carcérale diminue fortement (on ne compte plus que quelques détenus dans les années 1920). [1]
Le rôle judiciaire de la ville
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Patrimoine : Sous le Second Empire (et au cours du XIXe siècle), la ville s'est dotée d'infrastructures publiques majeures, dont son palais de justice. [1]
L’histoire du maquis Lecoz (ou Le Coz) constitue l’une des pages les plus sombres, complexes et ambiguës de la Résistance en Indre-et-Loire. Opérant dans la région de Loches au cours de l'été 1944, ce groupe est historiquement qualifié de "maquis noir" en raison des dérives criminelles de son chef, alors même qu'il comptait dans ses rangs de jeunes patriotes sincères. [1, 2, 3, 4]
👤 Le "Capitaine Lecoz" : Un imposteur charismatique
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Derrière le pseudonyme du capitaine ou docteur "Lecoz" se cachait en réalité Georges Dubosq (né en 1903). Loin d'être un officier militaire ou un médecin, Dubosq était un criminel multirécidiviste et un voleur d'avant-guerre.
Plus grave encore, les enquêtes d'après-guerre ont révélé qu'il avait été un ancien agent au service de la Gestapo à Angers avant de fuir vers la Touraine au printemps 1944 pour se réinventer en chef de la Résistance. Doté d'un magnétisme et d'un charisme indéniables, il parvient à bluffer son entourage et à attirer des recrues. [1, 2, 3, 4]
⛺ La création du maquis (Juin - Août 1944)
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L'installation : Rejeté par d'autres réseaux officiels, Dubosq monte son propre groupe fin juin 1944 aux côtés de quelques initiés. Le maquis s'installe d'abord dans le bois de Chanceaux-près-Loches, puis s'enfonce dans la forêt de Loches (vers Chemillé-sur-Indrois). [1, 2, 3]
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Les effectifs : Profitant du débarquement de Normandie et du désir massif de la jeunesse locale de prendre les armes contre l'occupant, ses effectifs grimpent rapidement pour atteindre 150 à 180 hommes. [1, 2]
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Reconnaissance paradoxale : En menant habilement quelques embuscades réelles contre des convois ou soldats allemands isolés, Lecoz parvient à obtenir l'aide matérielle de Londres et une homologation officielle début août 1944. [1, 2]
⚔️ Entre faits d'armes et "Maquis Noir"
Le maquis Lecoz mène une double existence qui terrifie la région :
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Les actions militaires : Le groupe réalise une douzaine d'actions de guérilla authentiques contre les Allemands. Surtout, le 16 août 1944, profitant du repli des troupes d'occupation de Loches, le maquis Lecoz entre dans la ville et s'affiche en grand "libérateur" sous les acclamations de la population. [1, 2]
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Le règne de la terreur et du pillage : En parallèle, Georges Dubosq instaure une discipline tyrannique. Menant la grande vie de château en château (comme à Montpoupon ou à Mareuil), il orchestre d'immenses vagues de rackets, de pillages de fermes et d'extorsions de fonds sous prétexte de punir les collaborateurs. [1, 2, 3]
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Les exécutions sommaires : On lui impute entre 17 et 18 assassinats de sang-froid. Il fait exécuter des civils fortunés pour les voler, mais aussi de vrais résistants envoyés pour l'enquêter ou des maquisards de sa propre troupe qui tentaient de déserter face à ses dérives. Au total, il amasse une fortune évaluée à l'époque à près de 15 millions de francs. [1, 2, 3]
📉 Les combats de Loches et la fin du groupe
La gloire locale de Lecoz est éphémère. Le 20 août 1944, les troupes allemandes reviennent en force reprendre Loches lors d'une violente contre-attaque. Pendant que ses jeunes hommes se battent courageusement (une vingtaine y laissent la vie), des témoignages rapportent que Lecoz brille par son absence au front, s'enivrant dans les cafés loin des tirs. La ville sera définitivement libérée le 2 septembre par les forces régulières et américaines. [1, 2, 3, 4]
⚖️ L'arrestation et le procès
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Alerté par des rapports de police accablants sur les crimes du "capitaine", le commissaire de la République Michel Debré ordonne son arrestation, qui intervient le 22 octobre 1944. [1, 2]
Georges Dubosq est jugé par le tribunal militaire d’Angers, condamné à mort pour pillages, assassinats et trahison, et fusillé le 16 mai 1946. [1]
Note historique : Soucieux de faire la part des choses, l'État a officiellement reconnu en 1947 la sincérité des jeunes résistants qui s'étaient engagés sous ses ordres, en homologuant rétroactivement le maquis comme "Unité Combattante" pour la période où ils ont effectivement combattu l'armée allemande. Pour explorer la mémoire de cette affaire, vous pouvez consulter le parcours thématique conçu par les Archives d'Indre-et-Loire. [1]
L’histoire de la ville de Loches est documentée à travers de riches notices historiques et des fonds d’archives répartis principalement entre les Archives municipales de Loches (conservées en partie à la Bibliothèque municipale) et les Archives départementales d’Indre-et-Loire (AD 37). [1, 2]
Voici la notice de synthèse historique et le guide des sources d'archives disponibles pour chaque grande époque.
🏰 Le Moyen Âge (Ve - XVe siècle) : Une place forte stratégique
Notice historique
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Origines et Castrum : Citée dès le VIe siècle par Grégoire de Tours, Loches se développe autour d'un monastère fondé par saint Ours et d'un castrum (forteresse) sur son promontoire rocheux. [1, 2]
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L’ère Plantagenêt : Autour de l’an 1000, le comte d'Anjou Foulques Nerra y bâtit un donjon en pierre monumental. La place passe ensuite sous domination des rois d'Angleterre (Henri II, Richard Cœur de Lion). [1, 2]
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Le rattachement à la Couronne : En 1205, le roi de France Philippe Auguste s'empare de Loches après un long siège. En 1249, Saint Louis en achète définitivement la seigneurie. La ville devient une résidence royale privilégiée (Charles VII y rencontre Jeanne d'Arc en 1429 après la délivrance d'Orléans). [1, 2, 3]
Sources d’archives majeures
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Chartes et fondations religieuses : Les documents médiévaux concernant la collégiale Notre-Dame (actuelle Saint-Ours) et les abbayes environnantes (comme Beaulieu-lès-Loches) sont conservés dans la Série G (Clergé séculier) et la Série H (Clergé régulier) des AD 37.
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Titres féodaux et royaux : Les actes des rois de France et comptes de châtellenie se trouvent dans la Série A (Domaine royal) des AD 37.
⚜️ L’Ancien Régime (XVIe - XVIIIe siècle) : Centre administratif et carcéral
Notice historique
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Prospérité et Renaissance : Située sur l'axe commercial Paris-Espagne, Loches prospère. Les rois y font construire le Logis Royal et la ville se pare de monuments Renaissance (Tour Saint-Antoine, Hôtel de Ville).
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Administration locale : Loches devient le siège d'un gouvernorat royal, d'un bailliage et d'une maîtrise des Eaux et Forêts.
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La Prison d'État : Dès la fin du XVe siècle sous Louis XI, la forteresse se mue en une redoutable prison d'État (le duc de Milan Ludovic Sforza y est incarcéré en 1500). [1, 2, 3]
Sources d’archives majeures
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Registres paroissiaux : Indispensables pour la généalogie, ils consignent les baptêmes, mariages et sépultures des paroisses lochoises (Saint-Ours, Saint-Antoine) et sont accessibles en ligne sur le portail des Archives départementales d’Indre-et-Loire (Série 5E).
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Comptes et délibérations de la ville : Les Archives municipales de Loches possèdent de précieux registres de comptes de la ville dès le début du XVIe siècle (microfilmés sous la cote 4Mi 48 aux AD 37).
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Justice d'Ancien Régime : Le fonds du Bailliage de Loches est classé en Série B aux AD 37. [1, 2, 3, 4]
🏢 L’Époque Contemporaine (Depuis 1789) : Sous-préfecture et modernisation
Notice historique
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Mutation post-révolutionnaire : À la Révolution, la ville perd son statut de résidence royale mais devient le chef-lieu d'un district, puis une sous-préfecture sous le Consulat.
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Urbanisme au XIXe siècle : La ville se modernise hors de ses remparts médiévaux. Elle édifie un nouveau Palais de Justice, une gare ferroviaire et restructure son espace urbain tout en protégeant son cœur historique. Le donjon sert de maison d'arrêt départementale jusqu'à sa fermeture en 1926.
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XXe siècle : En 1968, Loches crée l'un des premiers "secteurs sauvegardés" de France pour préserver son patrimoine, aujourd'hui valorisé par le label "Ville d'art et d'histoire". [1, 2, 3]
Sources d’archives majeures
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État civil et Recensements : Les registres d'état civil (dès 1792) et les listes nominatives de recensement de la population lochoise (1836–1946) sont entièrement numérisés.
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Cadastre Napoléonien : Les plans cadastraux de Loches (notamment les plans de 1826) permettent de suivre l’évolution parcellaire de la commune.
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Fonds de la Sous-Préfecture : Classés en Série Z (AD 37), ils éclairent la vie économique, politique et administrative de tout l'arrondissement aux XIXe et XXe siècles.
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Archives Judiciaires et Carcérales : Les registres d'écrou de la prison de Loches (1830–1914) ainsi que les archives du tribunal d'arrondissement sont conservés en Série Y et Série U.
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Études des remparts (XIXe-XXe) : Une étude historique et foncière complète sur l'évolution de la citadelle contemporaine est librement téléchargeable sur le site des Archives de la Touraine.[1, 2]
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Politique éditoriale sur la page Culture et justice - Le blog de Philippe Poisson
"Le carnet de recherche de Criminocorpus a été créé en 2008 sur la plateforme Hypotheses avec l'objectif de couvrir l'actualité de la recherche en histoire de la justice. Il s'est progressivem...
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