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L'évolution historique de la gendarmerie à Houdan s'inscrit dans le temps long. Elle témoigne de la transformation d'une force de sécurité d'Ancien Régime, sédentarisée pour surveiller les axes stratégiques, en une brigade moderne et périurbaine d'Île-de-France.

L'histoire de cette implantation se décline en quatre grandes étapes :

1. Les origines : La Maréchaussée d'Ancien Régime

L'existence d'une force de sécurité à Houdan remonte bien avant la création officielle de la Gendarmerie nationale. Sous l'Ancien Régime, Houdan est une ville-frontière fortifiée et un point de passage routier stratégique sur l'axe Paris-Normandie-Bretagne. [1]

  • La sédentarisation (1720) : À la suite de la grande réforme de 1720 sous Louis XV, les unités de la Maréchaussée (ancêtre de la gendarmerie) sont sédentarisées afin de couvrir plus efficacement le royaume. [1]

  • Le suivi cartographique : Les données de l'Atlas historique de la Gendarmerie attestent formellement de la présence et de la permanence d’une brigade de la Maréchaussée à Houdan tout au long du XVIIIe siècle, avec des jalons précis documentés en 1771, 1772, 1773 et 1779. [1]

2. Le tournant révolutionnaire et le XIXe siècle

  • 1791 : La naissance de la Gendarmerie nationale : Par la loi du 16 février 1791, la Maréchaussée est dissoute pour laisser place à la Gendarmerie nationale. La brigade de Houdan est immédiatement intégrée dans ce nouveau dispositif républicain. Elle est répertoriée dans les réorganisations successives de l'Empire et de la Restauration (notamment en 1810). [1, 2, 3]

  • Une brigade de carrefour : Tout au long du XIXe siècle, les gendarmes à cheval de Houdan ont pour mission principale la surveillance de la route nationale, la lutte contre le vagabondage et le banditisme de grand chemin, ainsi que l'exécution des ordres de la Justice de paix locale établie dans la commune.

3. La modernisation au XXe siècle

Avec l'avènement de l'automobile et l'évolution démographique de la région parisienne, la brigade de Houdan s'adapte :

  • Elle abandonne progressivement les chevaux pour se motoriser.

  • Ses effectifs et ses locaux évoluent pour faire face à la périurbanisation croissante de l'ouest de l'Île-de-France. Les archives de la gendarmerie des Yvelines mentionnent une activité continue tout au long du siècle, notamment en 1984, période de forte restructuration des compétences territoriales. [1]

4. Le XXIe siècle : La caserne moderne de Houdan-Maulette

Le changement le plus visible de l'histoire contemporaine de la brigade concerne son infrastructure :

  • Le déménagement et l'inauguration (2010) : Devenus trop exigus et inadaptés aux exigences de la gendarmerie moderne au sein de la ville historique, les anciens locaux de Houdan sont abandonnés au profit d'un complexe neuf construit à la limite de la commune limitrophe. La nouvelle gendarmerie de Houdan-Maulette est officiellement inaugurée le 22 octobre 2010 au 41 Avenue Gérard Annel à Maulette.

  • Statut actuel : Intégrée au Groupement de gendarmerie départementale des Yvelines, la brigade de Houdan-Maulette assure aujourd'hui des missions polyvalentes (sécurité publique, police judiciaire, sécurité routière) sur un vaste territoire rural et périurbain. [1, 2, 3, 4]

La brigade de gendarmerie de Houdan a été confrontée à des affaires criminelles et des faits divers d'ampleur variée, allant des grandes affaires d'État aux résolutions quotidiennes de proximité grâce à leur ancrage local.


1. L'affaire Landru (1919) : L'enquête de proximité à Gambais

L'affaire d'Henri Désiré Landru, l'un de ces tueurs en série les plus célèbres de l'histoire de France, est intrinsèquement liée au territoire de Houdan. C'est dans le village voisin de Gambais que Landru possédait sa fameuse maison isolée. [1]

  • L'intervention de la brigade : Avant que la prestigieuse Police Judiciaire de Paris ne reprenne l'affaire à la suite de la plainte des familles de disparues, ce sont les gendarmes de Houdan qui ont mené les toutes premières investigations locales. Leurs rapports d'enquête de voisinage et les vérifications autour de la "villa Tric" ont fourni les indices initiaux cruciaux (notamment la confirmation des épaisses fumées noires s'échappant de la cheminée de la maison) nécessaires aux inspecteurs de la Sûreté Générale pour procéder à son arrestation à Paris en avril 1919. [1]

2. Le flair d'Ancien Régime : Les enquêtes de la Maréchaussée

Aux XIXe et XXe siècles, la gendarmerie locale s'illustre régulièrement par la résolution de larcins ou de délits de braconnage grâce à des indices matériels parfois étonnants : [1, 2]

  • L'affaire du chapeau perdu (début du XXe siècle) : Lors de la fuite d'un braconnier recherché, un garde champêtre parvient à ramasser le couvre-chef de ce dernier. Transmis à la gendarmerie de Houdan, l'objet fait l'objet d'une véritable enquête de traçage et de voisinage. Après de multiples recherches, la brigade parvient à identifier formellement le délinquant, un habitant de Paris venu chasser illégalement dans la région. [1]

  • Le "vol-plaisanterie" du train (1927) : À la suite du vol des bagages d'une voyageuse (Mme Hughes), les gendarmes ouvrent une enquête minutieuse et parviennent à perquisitionner et à retrouver l'intégralité des objets volés chez d'autres voyageuses du même compartiment. Celles-ci prétextèrent une simple plaisanterie, mais le tribunal de Mantes, appuyé par l'enquête de la gendarmerie, les condamna fermement. [1]

3. La lutte contre les stupéfiants : Le démantèlement de réseaux locaux

À l'époque contemporaine, la brigade de Houdan concentre une grande partie de son activité judiciaire sur l'économie souterraine et le trafic de stupéfiants. [1]

  • La saisie du Tremblay-sur-Mauldre : Les enquêteurs de la brigade de Houdan parviennent à remonter la piste d'un important producteur et revendeur de cannabis local. Lors des perquisitions menées au domicile de sa compagne, les militaires découvrent une véritable installation de culture de plants in-door (matériel de ventilation, lampes chauffantes) ainsi qu'une saisie de 500 grammes d'herbe de cannabis, mettant fin à un trafic qui arrosait le canton. [1, 2]

4. La traque des délits astucieux : La dénonciation calomnieuse de 2013

Les gendarmes ne traquent pas seulement les criminels, ils résolvent aussi les mystères des fausses accusations.

  • Le faux viol de Houdan (août 2013) : Une femme de 40 ans se présente à la brigade de Houdan pour dénoncer un viol d'une extrême gravité. L'affaire mobilise immédiatement d'importants moyens d'enquête, conduisant à l'interpellation et à la garde à vue d'un homme innocent. En reprenant minutieusement les déclarations de la plaignante et en les confrontant aux indices techniques et aux emplois du temps, les gendarmes de Houdan finissent par démasquer la supercherie. La suspecte passe aux aveux et est poursuivie pour dénonciation calomnieuse. [1]


🎖️ Au-delà du judiciaire : L'héroïsme des gendarmes de Houdan

L'histoire de la brigade est aussi marquée par des actes de bravoure hors du commun. Dans la nuit du 30 mars 2019, deux gendarmes de la brigade de Houdan (Joann et Geoffrey), en patrouille de nuit, repèrent un violent incendie qui ravage un bar en plein centre-ville. Sans attendre l'arrivée des pompiers, ils pénètrent courageusement dans les appartements situés au-dessus des flammes et parviennent à évacuer sains et saufs 14 habitants (dont 5 enfants), une action héroïque saluée par toute la hiérarchie militaire et la population locale. [1, 2]

Pour approfondir l’histoire, les structures et l'évolution de la gendarmerie (et de la maréchaussée) à Houdan, voici une notice documentaire et une bibliographie scientifique, historique et archivistique de référence.


📝 Notice thématique : La Gendarmerie de Houdan

  • Période de la Maréchaussée (Ancien Régime) : Dès le début du XVIIIe siècle (réforme de 1720), une brigade de la maréchaussée royale est implantée de manière permanente à Houdan. Rattachée à la compagnie de l'Île-de-France (lieutenance de Mantes), elle est idéalement positionnée sur la grande route de Paris vers la Bretagne et la Normandie pour escorter les courriers, traquer les déserteurs et réprimer le brigandage.

  • Période de la Gendarmerie (XIXe - XXIe siècles) : Devenue Gendarmerie nationale en 1791, la brigade de Houdan est pérennisée en tant que brigade à cheval. Tout au long de son histoire, elle dépend des structures de Seine-et-Oise puis des Yvelines. Elle est le premier échelon territorial de la police judiciaire dans le canton.

  • Axe d'effort historique : La brigade s'est illustrée dans l'histoire criminelle par son implication dans les premières constatations locales de l'affaire Landru (1919) à Gambais, l'aide aux enquêtes de proximité de la Justice de paix de Houdan, et l'adaptation à la périurbanisation (passage au tout-automobile, création de la caserne moderne de Houdan-Maulette en 2010).


📚 Bibliographie et sources de référence

1. Études historiques générales et de la gendarmerie

  • Luc, Jean-Noël (dir.). Histoire des gendarmes : de la maréchaussée à nos jours. Paris : Nouveau Monde Éditions, 2016 (448 p.).

    • Note : L'ouvrage de référence pour comprendre le contexte global des réformes, de la sédentarisation des brigades (1720) et du passage à la gendarmerie moderne qui ont impacté l'unité de Houdan.

  • Brami, Pascal. La Maréchaussée en Île-de-France au XVIIIe siècle. Thèse de doctorat, Université Paris II Panthéon-Assas, 1999.

    • Note : Indispensable pour comprendre le maillage territorial de la lieutenance de Mantes et le rôle exact dévolu aux brigades comme celle de Houdan sous l'Ancien Régime.

  • Hervé, Anne. Houdan, son histoire de A à Z... ou presque. Éditions Sutton, 2023.

    • Note : Contient des repères historiques sur les forces de l'ordre locales, l'emplacement des anciennes casernes de la ville et les faits divers locaux marquants.

2. Cartographie et outils de recherche numériques

  • Société Nationale de l'Histoire et du Patrimoine de la Gendarmerie (SNHPG). L'Atlas historique de la gendarmerie. [En ligne].

    • Note : Cet outil numérique permet de suivre précisément les évolutions d'effectifs et les revues de la brigade de Houdan. On y retrouve l'historique de ses implantations géographiques successives (les fiches de relevés de 1771, 1779, 1810 et 1984).

3. Sources d'archives publiques (Recherche de première main)

Pour mener des recherches généalogiques sur un gendarme de Houdan ou sur des enquêtes spécifiques, deux grands centres d'archives conservent les documents originaux :

  • Archives Départementales des Yvelines (Montigny-le-Bretonneux) :

    • Série B (Maréchaussée) : Procès-verbaux et registres de la maréchaussée de la lieutenance de Mantes et de la brigade de Houdan (XVIIIe siècle).

    • Série R (Affaires militaires) : Dossiers sur les bâtiments des casernes de gendarmerie, réquisitions de la force publique au XIXe siècle.

    • Fonds de la Préfecture (Série M) : Rapports de gendarmerie sur l'esprit public, la surveillance des marchés de Houdan et la police des chemins de fer.

  • Service Historique de la Défense (SHD - Château de Vincennes) :

    • Sous-série G D (Gendarmerie) : Contient l'ensemble des dossiers de personnel (contrats d'engagement, états de service) des gendarmes ayant servi à Houdan depuis la Révolution française, ainsi que les historiques des inspections annuelles de la brigade par la hiérarchie militaire.

Tag(s) : #Affaires criminelles, #Police - Gendarmerie - Femmes, #Revues Historiques
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