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Des juifs internés dans le camp de Pithiviers (Loiret), en juin 1941. BETTMANN / BETTMANN ARCHIVE
Le passé carcéral et judiciaire de Pithiviers est principalement marqué par son camp d'internement de la Seconde Guerre mondiale et par l'évolution de ses institutions de justice locale. [1, 2]
Le camp de Pithiviers (1939–1949)
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Camp d'internement et de déportation (1941–1942) : Réquisitionné par le régime de Vichy et sous contrôle allemand, il devient un rouage tragique de la Shoah. Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants juifs — souvent arrêtés lors de la rafle du Billet vert (mai 1941) ou de la rafle du Vél d'Hiv (juillet 1942) — y sont parqués dans des conditions inhumaines avant d'être déportés vers le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. [1, 2, 3]
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Camp de prisonniers politiques et d'épuration (1942–1946) : Après le départ des derniers convois vers Auschwitz, le camp sert de camp de concentration pour détenus politiques jusqu'en 1944, puis est utilisé à la Libération pour enfermer des personnes condamnées pour faits de collaboration lors de l'Épuration. [1, 2]
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Centre pénitentiaire (1946–1949) : Transformé brièvement en centre pénitentiaire gérant des condamnations correctionnelles et des contraintes par corps, le site est définitivement fermé par l'administration en 1949. Les archives de cette période sont conservées via le Centre pénitentiaire de Pithiviers sur FranceArchives. [1]
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Lieu de mémoire : Aujourd'hui, l'ancienne gare de Pithiviers abrite un mémorial et une exposition permanente inaugurés en juillet 2022 pour perpétuer le souvenir de ces déportations. [1]
⚖️ Les Archives Judiciaires (Tribunaux de Pithiviers)
Pithiviers a longtemps possédé des juridictions de premier plan pour son arrondissement. Les fonds d'archives se divisent selon les périodes et les types de tribunaux :
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L'Ancien Régime (Châtellenie et Bailliage) : Les documents sur la justice seigneuriale et royale antérieure à 1789 sont classés dans les séries anciennes des Archives départementales du Loiret.
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La Justice de Paix de Pithiviers (1790-1958) : Compétente pour les petits litiges civils et les infractions mineures (contraventions). Le fonds est inventorié sous les cotes 3 U 26668-26709 pour la période 1797-1943, puis complété par le versement 1047 W jusqu'en 1961. [1]
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Le Tribunal d'Instance de Pithiviers : Ayant succédé aux justices de paix, l'ensemble de ses archives définitives conservées au moment de sa fermeture (couvrant la période 1919-2003) a été versé sous la cote 1496 W. [1]
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Le Tribunal de Première Instance / Correctionnel : Pour les délits plus graves, les dossiers de procédure, jugements et plumitifs d'audiences se trouvent dans la série U (XIXe siècle jusqu'en 1940) puis dans les séries W (fonds contemporains après 1940).
⛓️ Les Archives Carcérales (Maison d'arrêt et Centre pénitentiaire)
L'histoire de la prison de Pithiviers est ponctuée de fermetures, de réouvertures et de mutations administratives majeures.
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La suppression de 1926 et les réouvertures : Suite à la réforme Poincaré de 1926, les maisons d'arrêt de Gien et de Pithiviers sont supprimées. Les archives de la Préfecture du Loiret (Sous-série 30 W) conservent tous les dossiers relatifs à cette fermeture, l'utilisation ultérieure des bâtiments (1927), puis les projets de réouverture éventuelle dès 1941. [1]
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Le Centre pénitentiaire de l'après-guerre (1946-1949) : Le versement 1411 W aux Archives du Loiret est un fonds majeur dédié au centre pénitentiaire de Pithiviers pour l'immédiat après-guerre. Il se compose essentiellement de :
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Registres d'écrou : Couvrant les condamnations prononcées par le tribunal correctionnel entre 1946 et 1949. Un registre alphabétique des détenus facilite grandement les recherches nominatives.
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Contraintes par corps : Un registre spécifique répertorie les incarcérations pour dettes sur cette même période. [1]
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La Seconde Guerre mondiale (Le Camp de Pithiviers) : Durant l'Occupation, les structures d'internement de Pithiviers (le camp de transit) ont été tristement utilisées pour le rassemblement des Juifs (notamment après la rafle du Billet Vert en 1941) avant leur déportation vers Auschwitz. Bien que géré par les autorités de Vichy et l'occupant allemand, les documents d'archives sur l'administration et le quotidien de ce camp se trouvent en Série Z (fonds des sous-préfectures et préfecture de l'Occupation) aux AD 45, ainsi qu'au Mémorial de la Shoah à Paris qui conserve des copies et originaux des registres d'internement. [1]
🏛️ Consultation et accessibilité des documents
Les recherches s'effectuent principalement au pavillon de lecture des Archives départementales du Loiret situé à Orléans. [1]
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Délais de communicabilité : Conformément à la législation sur le patrimoine :
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Les registres d'écrou et documents touchant à la vie privée sont librement communicables 50 ans après la clôture du registre ou la date du document.
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Les dossiers contenant des données médicales de détenus requièrent un délai de 120 ans à compter de la naissance de la personne (ou 25 ans après son décès). [1]
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Fonds municipaux : Pour l'histoire des bâtiments de la prison ou du tribunal au cœur de la ville, les Archives municipales de Pithiviers conservent les permis de construire, délibérations du conseil municipal et plans d'alignement urbain. [1]
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Politique éditoriale sur la page Culture et justice - Le blog de Philippe Poisson
"Le carnet de recherche de Criminocorpus a été créé en 2008 sur la plateforme Hypotheses avec l'objectif de couvrir l'actualité de la recherche en histoire de la justice. Il s'est progressivem...
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