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L’enregistrement des internés au camp de Pithiviers Collection

Musée de la Résistance Nationale – Champigny-sur-Marne

L’évolution historique de la gendarmerie de Pithiviers (Loiret) suit fidèlement les grandes mutations des institutions de sécurité en France. Forgée dès l'Ancien Régime, sa présence s'est renforcée au fil des siècles pour s'adapter aux exigences de contrôle du monde rural et de maintien de l'ordre contemporain. [1, 2, 3]


🛡️ 1. Les origines : La Maréchaussée d'Ancien Régime

  • La justice prévôtale : Avant la Révolution française, la sécurité sur les grands chemins et la répression du vagabondage incombent à la Maréchaussée. Pithiviers, ville de bailliage et carrefour agricole important du Pithiverais, abrite très tôt une brigade de cavaliers de la maréchaussée. [1, 2]

  • La transition (1791) : En pleine mutation révolutionnaire, la loi des 16-22 janvier 1791 supprime la maréchaussée pour donner naissance à la Gendarmerie nationale. La brigade de Pithiviers troque alors ses anciens attributs royaux pour les insignes républicains tout en conservant ses missions de police de proximité. [1, 2]

🏢 2. Le XIXe siècle : Consolidation et contrôle rural

  • Une force de proximité : Sous le Consulat, l’Empire et les monarchies successives, Pithiviers s'impose comme une sous-préfecture dotée d'un tribunal d'arrondissement. La gendarmerie y devient l'outil central de la police judiciaire. [1]

  • Lutte contre la marginalité : Le rôle des gendarmes pithiverais s'articule essentiellement autour de la surveillance des campagnes, le contrôle des flux de marchandises du Gâtinais et de la Beauce, et l'arrestation des vagabonds ou des déserteurs militaires. [1]

  • Infrastructures : C'est au cours de ce siècle et au début du XXe siècle que la gendarmerie s'ancre dans le paysage urbain local, notamment avec l'occupation des bâtiments militaires de la ville, à l'image de la vaste Cerne La Haye. [1]

🖤 3. La Seconde Guerre mondiale : La page sombre de l'Occupation

L'histoire de la gendarmerie de Pithiviers connaît son épisode le plus tragique et controversé entre 1941 et 1944. [1]

  • La garde du camp de transit : À la suite de la rafle du "Billet Vert" en mai 1941, le pouvoir de Vichy utilise le camp d'internement de Pithiviers (initialement prévu pour des prisonniers de guerre allemands) pour y interner les Juifs arrêtés.

  • Le rôle des gendarmes : Sous l'autorité administrative de la préfecture du Loiret, ce sont les gendarmes de la compagnie du Loiret (incluant les effectifs locaux) qui sont requis par l'État français pour assurer l'enregistrement des internés, la garde extérieure du camp et la surveillance des convois ferroviaires de déportation vers Drancy. [1, 2]

⚡ 4. De l'après-guerre à nos jours : Modernisation et Gendarmerie Mobile

  • Spécialisation judiciaire et territoriale : Dès les années 1970, les unités de Pithiviers se modernisent avec la création de la Brigade de Recherches (BR) et du Peloton de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie (PSIG), unité d'élite locale projetée sur les interventions urgentes et sensibles.

  • L'Escadron de Gendarmerie Mobile : Pithiviers se distingue également en devenant le siège d'unités de gendarmerie mobile (maintien de l'ordre public). L'Escadron 46/3 de Gendarmerie Mobile, basé à Pithiviers, est régulièrement déployé partout en France lors de grands événements ou de crises intérieures.

  • Aujourd'hui : La gendarmerie territoriale est installée au sein de la caserne moderne "La Haye", située au 62 Faubourg d'Orléans à Pithiviers. Elle coordonne l'activité de la Communauté de Brigades (COB) pour assurer la sécurité de l'ensemble de l'arrondissement. [1, 2, 3, 4]

Pour mener des recherches approfondies sur l'évolution de la gendarmerie à Pithiviers (Maréchaussée, brigade territoriale et escadron mobile), il convient de croiser des notices de fonds d'archives officiels et des travaux bibliographiques spécialisés en histoire de la force publique.


🗃️ Notices et Sources d'Archives

L'activité de la gendarmerie de l'arrondissement de Pithiviers est documentée dans les archives militaires centrales et territoriales :

1. Le Service historique de la Défense (SHD) – Vincennes & Châtellerault

Le SHD conserve la mémoire institutionnelle et opérationnelle des brigades du Loiret au travers du fonds des Unités départementales du Loiret (1868-1959) : [1, 2]

  • La Section de Pithiviers : Les dossiers incluent les registres de correspondance courante au départ (R/2), ainsi que les précieux registres de correspondance confidentielle au départ (R/4), indispensables pour comprendre le climat politique et social local (notamment durant l'entre-deux-guerres et l'Occupation). [1]

  • Les Brigades rattachées : L'évolution des brigades limitrophes de l'arrondissement est également documentée. À titre d'exemple, on y trouve les notices de la Brigade territoriale de Sermaises (1932-1947) ou de la brigade de Beaune-la-Rolande. [1, 2]

2. Les Archives départementales du Loiret (AD 45)

Les fonds de la préfecture permettent de suivre le casernement, la logistique et l'articulation de la gendarmerie avec l'autorité civile : [1]

  • Série 4M (Police et Sécurité publique) : Elle contient les rapports périodiques des commandants de compagnie, la surveillance des axes routiers (Beauce et Gâtinais) et les grands procès-verbaux de maintien de l'ordre.

  • Fonds de la Seconde Guerre mondiale (Série Z) : Cette section éclaire le rôle trouble et tragique imposé aux forces de l'ordre réquises par le régime de Vichy pour l'administration et la garde extérieure du camp d'internement de Pithiviers entre 1941 et 1944. [1]


📖 Éléments Bibliographiques

La gendarmerie de Pithiviers s’inscrit dans l'historiographie globale de la gendarmerie française. Les travaux suivants permettent d’en comprendre les mutations structurelles. [1]

1. Bibliographie Générale de l'Arme

Pour contextualiser la transition entre la Maréchaussée d'Ancien Régime et la Gendarmerie contemporaine : [1]

  • EBEL (Édouard), HABERBUSCH (Benoît), LUC (Jean-Noël), Bibliographie de l'histoire de la gendarmerie, CRGN-SHD. Ce vaste travail d'inventaire mis à jour recense les articles d'histoire locale et mémoires universitaires dédiés aux brigades territoriales.

  • ALARY (Éric), L'histoire de la gendarmerie de la Renaissance au troisième millénaire, Paris, Calmann-Lévy. L'auteur y détaille notamment les vagues de restructurations territoriales aux XIXe et XXe siècles. [1, 2, 3]

2. Bibliographie sur la Période de l'Occupation (1940-1944)

Le cas spécifique de la gendarmerie du Loiret confrontée à la gestion des camps de transit fait l'objet d'études historiques de référence : [1]

  • CAZALS (Claude), La Gendarmerie sous l'Occupation, Paris, Éditions de la Musse. Cet ouvrage consacre des analyses majeures sur l'attitude, les dilemmes, mais aussi les actes de résistance passive ou active des gendarmes en poste à Pithiviers et Beaune-la-Rolande face aux exigences des autorités allemandes et de la préfecture. [1]

3. Histoire des Unités Mobiles

  • Historique de la Gendarmerie Mobile : Pour retracer l'implantation locale de la gendarmerie mobile à Pithiviers (qui héberge aujourd'hui l'Escadron 46/3 de Gendarmerie Mobile), les revues de la Société nationale Histoire et patrimoine de la gendarmerie (SNHPG) éditent régulièrement des monographies sur l'anniversaire et l'évolution des casernes de subdivision. [1]

Tag(s) : #Police - Gendarmerie - Femmes, #Régions - Histoire, #Guerre 1939 -1945 - Vichy
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