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Laure Diebold-Mutschler est l'une des six seules femmes faites Compagnon de la Libération, ordre créé par de Gaulle à Brazzaville en novembre 1940 pour honorer des combattants exceptionnels de la France Libre et de la Résistance intérieure.

 

Née le 10 janvier 1915 dans une famille alsacienne très patriote, Laure Diebold-Mutschler (Mutschler est son nom de jeune fille) entre en Résistance dans un réseau d'aide aux prisonniers évadés en Alsace dès 1940. Elle travaille ensuite à la Délégation générale de Jean Moulin à Lyon dès 1942 puis à Paris avant son arrestation en septembre 1943. La jeune femme fut immatriculée au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA, services secrets de la France Libre) sous le pseudonyme de "Mado" et affectée aux services de Jean Moulin, représentant du général de Gaulle et délégué du Comité national français, en qualité d'agent P2 (renseignement) avec le grade de lieutenant. Selon sa notice biographique à l'Ordre de la Libération, "Laure Diebold fait preuve d'une activité extraordinaire, travaillant jour et nuit, à son domicile de la banlieue de Lyon, pour la Délégation générale dont elle est la dactylo". Déportée à Buchenwald après son arrestation par la Gestapo, gravement malade, elle est promise au four crématoire mais sauvée par un médecin tchèque du laboratoire du camp qui escamote sa fiche à deux reprises. Libérée en avril 1945 par les Américains, très affaiblie, elle arrive à Paris un mois plus tard et, conduite à l'Hôtel Lutetia, elle retrouve son mari Eugène Diebold, également de retour de déportation. Après la Libération, Laure Diebold-Mutschler travaille à la Direction générale des études et recherches (DGER, devenu Sdece, puis DGSE) et réside à Fontenay-aux-Roses jusqu'en 1950.


Elle est décédée prématurément en 1965 à l'âge de 50 ans, conséquence des mauvais traitements qu'elle a subis en déportation et a été déclarée "Mort pour la France". La vie de cette héroïne peu connue de la Résistance est retracée par Anne-Marie Wimmer dans "Code : Mado. Mais qui donc est Laure Diebold-Mutschler ?", un ouvrage qui vient de paraître aux éditions Ponte Vecchio.

 

Le site de l'Ordre de la Libération

 

 

Hommage à Fontenay-aux-Roses à Laure Diebold, héroïne de la Résistance.


Une allée du parc Sainte-Barbe de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) sera baptisée aujourd'hui, jeudi 16 juin,"allée Laure Diebold-Mutschler" en hommage à cette héroïne de la Résistance, membre du secrétariat de Jean Moulin pendant l'Occupation.

 

"Laure Diebold-Mutschler a servi Jean Moulin et a été nommée Compagnon de la Libération, mais l’Alsace ne s’en souvient pas. Anne-Marie Wimmer a décidé de lui offrir une notoriété posthume.


Si l’on en croit le colonel Mary-Basset, lui-même grand résistant, Laure Diebold-Mutschler fut rien de moins qu’ « une sorte de directrice administrative de la Résistance ». Elle fut une des très rares femmes (six seulement, sur 1 038) auréolées du titre prestigieux de Compagnon de la Libération. Ses funérailles, à Lyon, ont reçu les honneurs militaires. C’est une héroïne alsacienne, et pourtant l’Alsace l’ignore : elle fait partie, regrette Vladimir Trouplin, conservateur du musée de l’Ordre de la Libération, de ces nombreuses « oubliées de l’Histoire », de ces soldats discrets de « l’armée des ombres » qui a osé résister à la puissance barbare du III eReich.

Le souvenir de Laure Diebold, née Mutschler (1915-1965), qui a vu le jour à Erstein, a grandi à Sainte-Marie-aux-Mines et est décédée à Lyon, n’est publiquement entretenu qu’en deux lieux alsaciens : son nom baptise une place de Sainte-Marie-aux-Mines et une rue d’Erstein. À cela s’ajoutent une rue à Lyon et une autre à Gueugnon-sur-Loire.

Pas mal ? Bien trop peu aux yeux d’Anne-Marie-Wimmer. Peintre, auteur de quelques livres, cette autre Ersteinoise de naissance est animée par une « sainte colère » depuis qu’elle a découvert simultanément, il y a trois ans, l’existence et l’oubli de « Laure ».

C’était en avril 2008, par le biais de l’archiviste d’Erstein, à l’occasion d’un ouvrage sur cette ville. « J’en ai parlé autour de moi : personne ne savait qui c’était ! »

Anne-Marie Wimmer s’est alors investie d’une mission : lui assurer une notoriété posthume par la grâce d’un livre, publié aujourd’hui aux éditions Ponte-Vecchio.

L’ouvrage alterne deux histoires: celle de la résistante (c’est sa première biographie) et celle de l’enquête de l’auteur, qui se met en scène avec des accents de journal intime.

En 1940, à 25 ans, Laure Mutschler aide des personnes à quitter l’Alsace annexée à travers les Vosges. Repérée, elle fuit elle-même, fin 1941, et rejoint Lyon. À partir de 1942, elle devient la secrétaire de Jean Moulin puis celle de ses successeurs sous le pseudonyme de Mado. En septembre 1943, elle est arrêtée. « Elle sait tout, mais ne dit rien ». Le décret lui attribuant la Croix de la Libération précise que, « sous la torture, elle a gardé un complet silence ». Déportée à Ravensbruck, libérée par les Américains en avril 1945, elle mène ensuite une carrière de secrétaire et de bibliothécaire. Aujourd’hui, elle est inhumée à Sainte-Marie-aux-Mines, dans le caveau de la famille de son mari. « Née catholique dans le Bas-Rhin, enterrée chez les protestants dans le Haut-Rhin, elle devrait faire l’unanimité, non ? »

Pourquoi ce déficit de reconnaissance ? Anne-Marie Wimmer avance une explication : « Les trois femmes compagnons de la Libération les moins connues sont celles qui n’ont pas eu d’enfants. Donc personne pour porter le flambeau… » Il y a une autre raison, évidente : l’immense modestie de la résistante, dont la discrétion fut justement, dans cette mission, une qualité majeure.

Hervé de Chalendar

LIRE« Code : Mado, Mais qui est donc Laure Diebold-Mutschler ? », Anne-Marie Wimmer, Ponte-Vecchio éditions, 262 pages, 21 €. On pourra notamment trouver cet ouvrage dans les endroits suivants : librairie Hartmann, Colmar ; espace culturel du centre Leclerc, Altkirch ; librairie Gangloff, Strasbourg."

 

Quelques liens utiles

 

Six femmes seulement "compagnon de la libération"…

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article - 26/11/09 - de Gaulle fin 45 début 46, une cinquantaine de dossiers étaient à l’étude du conseil de l’ordre. Le décret du 23 janvier 1946 mettant fin à l’attribution des croix de la Libération…

Dans l'honneur et par la victoire : femmes compagnon de la libération

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article - 05/02/10 - de couverture Le 16 novembre 1940, à Brazzaville, le général de Gaulle créait l'ordre de la Libération, destiné à honorer et à encourager par l'exemple les résistants -…

www.dailymotion.com/video/xfj4xo_ordre-de-la-liberation_news4 mn - 5 nov. 2010
Envoyer une vidéo. home > actu et politique > vidéos > ordre de la libération ... Regarder plus de vidéos de VilledeGrenoble. Clip l'Eté Oh Parc ...
 
www.ecpad.fr/lhistoire-de-lordre-de-la-liberation15 mn - 31 mars 2011
L'histoire de l'Ordre de la libération. Durée : 898.6 secondes. Bitrate : 476633 bits par seconde. nombre de frames : 22465. Codec video ...
 
Tag(s) : #Femmes dans les guerres
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