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L'itinéraire et la carrière d'André Mornet (souvent orthographié à tort Mornay dans la mémoire populaire), procureur général français né en 1870 et mort en 1955, retracent le parcours de l'une des figures de la magistrature les plus redoutables et controversées du XXe siècle. [1, 2, 3]
Voici les grandes étapes de son itinéraire professionnel et personnel :
1. La formation et les débuts (1892 - 1914)
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1892 - 1895 : Après de brillantes études de droit à Paris, il prête serment comme avocat. Il obtient son doctorat en 1895.
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1897 : Il réussit le concours de la magistrature et commence sa carrière au ministère de la Justice, avant de devenir substitut du procureur à Reims (1898) puis à Paris (1903).
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1912 : Il est promu substitut du procureur général. [1, 2, 3]
2. Le « Procureur de la mort » de la Grande Guerre (1914 - 1918)
Mobilisé en 1915 avec le grade de sous-lieutenant, il est affecté aux conseils de guerre. C'est là qu'il forge sa réputation de magistrat intransigeant : [1, 2, 3]
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Il requiert de manière systématique et implacable la peine de mort contre les déserteurs et les mutins de la Première Guerre mondiale.
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1917 : Il instruit et mène l'accusation lors de grands procès pour espionnage et trahison, envoyant au peloton d'exécution des figures célèbres comme Mata Hari et l'homme d'affaires Bolo Pacha. [1, 2, 3, 4]
3. Les sommets de la magistrature et la Seconde Guerre mondiale (1919 - 1944)
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Entre-deux-guerres : Sa carrière culmine à la Cour de cassation, dont il devient avocat général en 1922, puis conseiller à la chambre civile en 1930. [1, 2]
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Janvier 1940 : Il fait valoir ses droits à la retraite. [1, 2]
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La période de Vichy (1940 - 1943) : Bien que retraité, il accepte de reprendre du service sous le régime de Philippe Pétain. En septembre 1940, il est nommé vice-président de la commission de révision des naturalisations, un organe qui applique avec zèle les lois antisémites et xénophobes du pouvoir en dépoillant des milliers de personnes (notamment juives) de leur nationalité française. [1, 2, 3]
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Le tournant (1943) : Sentant le vent tourner à la fin de l'été 1943, il rompt avec Vichy et rejoint le Comité national judiciaire, un réseau de magistrats de la Résistance. [1]
4. Le procureur des grands procès de la Libération (1944 - 1945)
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À la Libération, son ralliement tardif à la Résistance et sa réputation d'accusateur public sans pitié lui permettent d'être nommé par le gouvernement provisoire, en novembre 1944, procureur général près la Haute Cour de justice. [1, 2]
C'est lui qui va mener les réquisitoires les plus importants de l'Épuration : [1]
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Procès de Philippe Pétain (juillet-août 1945) : Il réclame avec sévérité la peine de mort contre l'ancien chef de l'État pour haute trahison.
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Procès de Pierre Laval (octobre 1945) : Il obtient également sa condamnation à mort. [1, 2]
Fin de vie
Après avoir marqué l'histoire judiciaire française en requérant la mort contre ceux qu'il avait servis quelques mois plus tôt, André Mornet se retire définitivement dans l'Indre. Il publie ses mémoires en 1949 (Quatre ans à rayer de notre histoire) et s'éteint en juillet 1955 à Nohant-Vic. [1, 2]
Voici les ressources documentaires, références bibliographiques et notices concernant le Procureur général André Mornet (1870-1955), figure centrale et controversée de la justice française lors des deux guerres mondiales (accusateur de Mata Hari, puis de Pétain et Laval). [1, 2, 3]
1. Autobiographie et Écrits d'André Mornet
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Mornet, André. Quatre ans à rayer de notre histoire, Paris, Éditions Self, 1949, 335 p. (Notice BNF 34190615).
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Note technique : Il s'agit de ses mémoires et de son journal rédigé entre le 17 juin 1940 et le 5 juillet 1944. L'ouvrage retrace sa vision de l'Occupation et tente de justifier son positionnement (notamment sa participation à la commission de révision des naturalisations de Vichy avant son adhésion tardive à la Résistance judiciaire). [1, 2, 3, 4]
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2. Biographies de référence
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Bouchard, Jean-François. André Mornet, le procureur de la mort, Paris, Glyphe Éditions, 2020, 220 p..
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Présentation : Cet ouvrage biographique récent dresse un portrait au vitriol du magistrat, le décrivant comme impitoyable et opportuniste, analysant son rôle dans l'exécution de soldats « pour l'exemple » en 1914-1918 et sa collaboration avec Vichy avant de requérir la mort à la Libération. Voir la fiche de l'éditeur sur Éditions Glyphe. [1, 2, 3]
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3. Articles et Études universitaires
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Rousselet, Marcel. « André Mornet (1870-1955), la justice comme une guerre », Revue d'histoire de la justice, N° 33.
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Analyse : Cet article scientifique étudie la rhétorique et la carrière de Mornet en démontrant comment il a transposé les codes de la guerre au sein de l'enceinte judiciaire, devenant le magistrat le plus célèbre mais aussi le plus caricaturé de son époque. Disponible en texte intégral sur le portail Cairn.info. [1, 2]
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Clionautes (Éditions numériques). « Extrait du réquisitoire du procureur général Mornet contre le maréchal Pétain (1945) ».
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Analyse technique : Étude textuelle de la plaidoirie historique du procès de la Haute Cour de justice, mettant en lumière la démonstration technique du crime de haute trahison reproché à Philippe Pétain. Document consultable sur Clio-Texte. [1]
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4. Notices biographiques et d'Archives
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Notice Criminocorpus : Biographie du Procureur Mornet, Musée d'histoire de la justice, des crimes et des peines. Elle détaille son cursus académique exceptionnel (1er prix de droit civil en 1889, thèse de doctorat sur la récidive) et les étapes techniques de sa carrière au sein des ministères et des parquets. À consulter sur Criminocorpus. [1]
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Fonds d'archives de FranceArchives : Le dossier Procureur général André Mornet (1940-1945) regroupe deux exemplaires dactylographiés de son journal officiel, des notes manuscrites a posteriori, ainsi que des copies de pièces secrètes et de télégrammes diplomatiques allemands (fonds de l'ambassadeur Otto Abetz) transmis pour l'instruction à la Haute Cour. Inventaire accessible sur FranceArchives. [1]
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Notice du Barreau de Paris : Le Lieutenant Mornet (1870-1955). Un focus historique dédié à son rôle spécifique de commissaire du gouvernement mobilisé auprès du 3e conseil de guerre de Paris en 1917 (procès de Bolo Pacha et du Bonnet Rouge). Disponible sur le site du Musée du Barreau de Paris. [1, 2]
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Politique éditoriale sur la page Culture et justice - Le blog de Philippe Poisson
"Le carnet de recherche de Criminocorpus a été créé en 2008 sur la plateforme Hypotheses avec l'objectif de couvrir l'actualité de la recherche en histoire de la justice. Il s'est progressivem...
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