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La « grande évasion » de la prison de Mauzac se déroule dans la nuit du dimanche 5 novembre 1961. Cet événement spectaculaire, largement documenté par l'historien Jacky Tronel, implique la fuite simultanée de 39 détenus politiques algériens appartenant au Mouvement national algérien (MNA) d'Ahmed Messali Hadj. [1, 2, 3]

Deux ans avant la sortie du célèbre film américain La Grande Évasion, ce fait divers hors norme défraie la chronique et ébranle l'administration pénitentiaire en pleine guerre d'Algérie. [1]
1. Le contexte : Le regroupement du MNA à Mauzac
En décembre 1960, le ministère de la Justice décide de regrouper les condamnés politiques se réclamant du MNA. L'objectif est de les séparer des détenus du FLN (Front de libération nationale), les deux factions indépendantistes se livrant une guerre fratricide sanglante, y compris au sein des prisons françaises. [1, 2]
Dès janvier 1961, le Camp Nord de Mauzac (l'ancienne prison militaire) reçoit ainsi des vagues de transferts pour atteindre un effectif d'environ 260 prisonniers politiques algériens. [1, 2]
2. Le plan : Un tunnel creusé sous les planchers
L'évasion est minutieusement planifiée et s'exécute sans aucune aide extérieure. [1]

  • L'excavation : Profitant de la structure des baraquements en bois du Camp Nord dont les planchers sont légèrement surélevés, les prisonniers creusent un tunnel depuis le dortoir n°5. [1, 2]
  • Les dimensions : L'ouvrage est un exploit technique : un conduit de 60 centimètres de diamètre, creusé en chicanes à une profondeur allant de 1,20 mètre à 2 mètres, et long d'une vingtaine de mètres. [1]
  • La sortie : Le tunnel passe entièrement sous le chemin de ronde et la double enceinte de barbelés pour déboucher discrètement dans un fossé longeant la route départementale n°31. [1]
Dans la nuit du 5 novembre, entre 21 heures et minuit, les détenus s'y glissent par petits groupes de 5 ou 6 avant de s'évanouir dans la campagne périgourdine. [1, 2]
3. La traque et l'impact politique
L'alerte est donnée le lendemain matin, déclenchant une immense chasse l'homme dans toute la Dordogne et les départements limitrophes, mobilisant des centaines de gendarmes et de policiers. [1]
  • Tous repris : N'ayant aucun relais extérieur et ne connaissant pas la région, les 39 fugitifs sont tous capturés dans les jours qui suivent (notamment sur la commune de Lacropte). Épuisés et affamés, ils n'opposent aucune résistance lors de leurs arrestations. [1, 2]
  • L'analyse de Jacky Tronel : Comme le souligne l'historien, bien que l'évasion ait échoué sur le plan logistique (puisqu'aucun n'a réussi à s'échapper définitivement), elle constitue une victoire politique et médiatique majeure pour la cause des prisonniers algériens. Cet événement a mis en lumière leurs conditions d'enfermement et a accentué la pression sur le gouvernement français, participant à la dynamique historique qui mènera, quelques mois plus tard, aux accords d'Évian et à l'indépendance de l'Algérie. [1]
Tag(s) : #Guerre d'Algérie, #Prisons anciennes, #Prisons actuelles - Évasions, #Régions - Histoire
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