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L'évolution historique des éducateurs en milieu carcéral en France reflète la transformation profonde de la prison, qui est passée d'un lieu d'expiation et de punition stricte à une institution intégrant la réhabilitation et la réinsertion sociale. [1]
- Les acteurs : L'éducation est confiée à des aumôniers, des ordres religieux (comme les Frères des Écoles chrétiennes) ou des instituteurs bénévoles. [1, 2, 3]
- Le public ciblé : L'effort se concentre presque exclusivement sur l'enfance délinquante pour extirper les mineurs de « l'école du vice » que constituent les prisons pour adultes. C'est l'époque de la création de la Colonie agricole de Mettray (1839), où les surveillants portent le titre de « contremaîtres » ou « chefs de section », préfigurant un encadrement plus éducatif. [1, 2]
- En 1930, le règlement des maisons d'éducation surveillée tente de formaliser les méthodes éducatives.
- Sous le Front Populaire (1937-1939), les premières réformes structurelles introduisent le profil de moniteur-éducateur au sein de l'Administration pénitentiaire (notamment dans les centres de Saint-Maurice et Saint-Hilaire). On quitte la simple surveillance disciplinaire pour aller vers l'observation psychologique et pédagogique. [1, 2, 3, 4]
- La séparation Justice des mineurs / adultes : L'ordonnance du 2 février 1945 crée l'Éducation surveillée (qui deviendra la PJJ - Protection Judiciaire de la Jeunesse). Les éducateurs de l'Éducation surveillée s'autonomisent pour s'occuper spécifiquement des mineurs. [1]
- Les premiers éducateurs pour adultes : Parallèlement, des éducateurs pénitentiaires (ainsi que les premières assistantes sociales des prisons) sont officiellement recrutés et nommés dès la fin de l'année 1949 pour intervenir auprès des adultes en détention. Leur rôle est d'évaluer les détenus et de préparer les régimes d'exécution des peines. [1, 2, 3, 4]
- Les éducateurs de l'Administration pénitentiaire acquièrent un statut spécial (décret de décembre 1958).
- Ils sont désormais scindés en deux missions : l'observation en détention et l'accompagnement en « milieu ouvert » (les comités de probation, ancêtres des SPIP), pour suivre les condamnés à l'extérieur des murs et éviter la récidive.
- En 1966, la création de l'École Nationale d'Administration Pénitentiaire (Énap) permet d'unifier et de professionnaliser la formation de ces agents. [1, 2, 3, 4]
- En 1999, les services extérieurs fusionnent pour donner naissance aux SPIP (Services Pénitentiaires d'Insertion et de Probation).
- Le titre d'« éducateur pénitentiaire » s'efface pour devenir CPIP (Conseiller Pénitentiaire d'Insertion et de Probation). Ce changement s'accompagne d'une technicisation de la profession, désormais axée sur l'évaluation de la dangerosité, la prévention de la récidive et la mise en œuvre des aménagements de peine (bracelets électroniques, libérations conditionnelles).
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