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À l'instar de nombreuses communes du Moyen-Agenais, la ville de Tonneins (Lot-et-Garonne) possède une histoire pénale et judiciaire discrète mais ancrée dans son rôle historique de pôle économique régional (notamment grâce au commerce du tabac et du chanvre).

N'ayant jamais abrité de grand centre pénitentiaire départemental, son histoire est celle d'une justice de proximité et d'un rôle de détention provisoire. [1, 2]

 

1. La notice historique et institutionnelle

  • La Justice de Paix (1790-1958) : Lors de la réorganisation administrative de la Révolution, Tonneins devient le siège d'une justice de paix. Ce tribunal gérait les litiges civils du quotidien ainsi que les infractions mineures (via le tribunal de simple police). L'institution a fonctionné jusqu'à la réforme judiciaire de 1958. [1]

  • Le tribunal de commerce : Reflet de sa puissance économique fluviale et de sa célèbre manufacture royale des tabacs, Tonneins a bénéficié d'une juridiction commerciale propre pour régler les conflits entre marchands et négociants de la Garonne.

  • Les structures d'enfermement : La ville n'a jamais disposé d'une prison d'arrondissement (comme Marmande ou Villeneuve-sur-Lot) ni d'une centrale (comme la célèbre Centrale d'Eysses à Villeneuve). Elle possédait en revanche une chambre de sûreté (ou geôle locale), gérée par la gendarmerie ou la sénéchaussée, pour la rétention des prévenus avant leur transfert vers les prisons d'Agen ou de Marmande. [1, 2]

  • Seconde Guerre mondiale : Durant l'Occupation, la ville subit la terreur de la Milice française. Bien qu'aucun grand camp d'internement n'ait été basé directement à Tonneins, la commune était entourée par les Groupements de Travailleurs Étrangers (GTE) du secteur, notamment à Casseneuil et Sainte-Livrade. Les résistants arrêtés localement étaient transférés à la prison d'Eysses ou à Agen avant d'être déportés. [1, 2, 3]

  • Un projet pénitentiaire moderne (2025) : Début 2025, le site historique de l'ancienne Manufacture des Tabacs de Tonneins a fait l'objet de discussions locales et de propositions pour être transformé en établissement pénitentiaire moderne, afin de réhabiliter cette immense friche industrielle. [1]

2. Pistes bibliographiques et sources d'archives

Pour étudier le passé judiciaire de Tonneins, les ressources se concentrent essentiellement aux Archives départementales de Lot-et-Garonne (AD47) : [1, 2]

Archives administratives et judiciaires

  • Série U (Fonds judiciaires - Post 1789) : Consulter les répertoires des justices de paix du canton de Tonneins. Ces archives contiennent les procès-verbaux d'audiences, les arbitrages ruraux et les affaires de simple police.

  • Série Y (Établissements pénitentiaires) : Le document de référence est Le Lien, bulletin d'histoire judiciaire et pénitentiaire en Lot-et-Garonne (notamment le numéro 10 rédigé par Danielle Fournié), produit en collaboration avec l'École Nationale d'Administration Pénitentiaire (ENAP) basée à Agen. Il retrace l'organisation des geôles et prisons du département entre 1800 et 1940.

  • Série J (Archives communales déposées) : Les Archives communales de Tonneins (séries Police et Justice, couvrant la période de l'An VI à 1940) conservent des pièces locales sur la répression, la criminalité de droit commun et l'ordre public. [1, 2]

Ouvrages de référence

  • Fournié (Danielle), Le réseau des prisons en Lot-et-Garonne (1800-1940), Agen, Archives départementales / ENAP.

  • Laval (Alain), Histoire de Tonneins : des origines à nos jours, Édit. du Grelon. Cet ouvrage d'histoire locale aborde la police des ports sur la Garonne, les révoltes paysannes (les Croquants) et l'impact des tribunaux révolutionnaires dans la cité.

  • Marboutin (Canon), La Justice républicaine à Tonneins pendant la Révolution, Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen. Une étude historique précieuse sur la transition judiciaire de 1789. [1]

La ville de Tonneins, historiquement paisible cité fluviale du Lot-et-Garonne, a vu ses chroniques judiciaires marquées par des affaires d’une grande gravité, allant de la criminalité de droit commun rurale sous l'Ancien Régime jusqu'à de dramatiques affaires criminelles contemporaines.


1. L'affaire historique : La criminalité liée au fleuve et à la Révolution

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les principales affaires judiciaires de Tonneins sont intrinsèquement liées à son activité économique : la contrebande de tabac (autour de sa Manufacture Royale) et la criminalité fluviale sur la Garonne.

  • La justice républicaine (1792-1794) : Durant la Terreur, Tonneins connaît une intense activité de son tribunal de district. Des figures locales, notables déchus ou prêtres réfractaires, y sont jugés pour sédition contre la République avant d'être envoyés vers les prisons d'Agen. [1, 2]

  • Les révoltes paysannes : Le secteur de Tonneins est historiquement un foyer de jacqueries (les Croquants). Les tribunaux locaux ont eu à traiter de nombreuses affaires de rébellions armées collectives contre les collecteurs d'impôts de l'État.


2. Le drame contemporain : Le meurtre de Vanesa (2022)

Il s'agit de l'affaire criminelle la plus retentissante et la plus douloureuse de l'histoire moderne de la commune. [1]

  • Les faits : Le 18 novembre 2022, Vanesa, une jeune collégienne d'origine colombienne âgée de 14 ans, est enlevée en pleine rue à la sortie de son collège Germillac à Tonneins. Repérée par les caméras de vidéosurveillance de la ville, la voiture du suspect permet une identification rapide. Le corps de l'adolescente, violée et étranglée, est retrouvé la nuit même dans une maison abandonnée à Birac-sur-Trec. [1, 2, 3]

  • Le suspect : Romain Chevrel, un intérimaire originaire de Marmande alors âgé de 31 ans, avoue immédiatement le crime. L'enquête révèle un profil sociopathique lourd et une condamnation antérieure pour agression sexuelle sur mineur lorsqu'il était adolescent. [1, 2, 3]

  • Échéance judiciaire (2026) : Après une reconstitution des faits organisée à Tonneins en janvier 2025, le procès de Romain Chevrel devant la Cour d'assises du Lot-et-Garonne est fixé du 7 au 11 décembre 2026. Il y encourt la réclusion criminelle à perpétuité. [1, 2, 3]


3. L'affaire de la Résidence des Tabacs (2024)

Un autre fait divers sordide s'est noué rue Gambetta, au cœur de Tonneins, dans la nuit du 18 au 19 décembre 2024. [1]

  • Les faits : William Lacoste, un homme de 47 ans souffrant d’un handicap mental et en situation de grande vulnérabilité, meurt sous les coups de son voisin de palier, Tarik Boujraoui (36 ans).

  • Le contexte : L’instruction a mis en lumière un terrible scénario d’emprise et d'actes de torture réguliers. Le suspect extorquait la modeste pension de sa victime, lui infligeait des violences gratuites depuis plusieurs mois et allait jusqu’à filmer les sévices avec son téléphone portable. [1, 2]


4. Affaires connexes : L'assassinat de Buzet-sur-Baïse (2022)

Bien que le crime ait eu lieu dans une commune voisine, la ville de Tonneins est apparue au centre du dossier de l'assassinat de Tiago Ribeiro. En avril 2022, ce père de famille est abattu d’une balle dans la tête devant son domicile. L'enquête et le procès (tenu aux Assises en 2026) ont démontré que le drame avait pour origine une violente altercation survenue quelques heures plus tôt lors d'une soirée alcoolisée dans un établissement de Tonneins. [1, 2]

Pour structurer vos recherches sur le passé judiciaire, pénal et policier de la commune de Tonneins, voici une notice de synthèse institutionnelle suivie d'une bibliographie sélective des sources imprimées et des fonds d'archives disponibles.


NOTICES HISTORIQUES ET INSTITUTIONNELLES

1. La Justice de Paix du canton de Tonneins (1790-1958)
Créée par l'Assemblée constituante en 1790, la justice de paix de Tonneins constituait le premier échelon de l'édifice judiciaire moderne.

  • Compétences : Le juge de paix de Tonneins gérait au civil les litiges du quotidien (conflits de voisinage, baux ruraux, contestations de limites de propriétés, conseils de famille). Au pénal, il présidait le tribunal de simple police pour punir les contraventions locales, le braconnage ou les petites violences.

  • Évolution : L'institution siégeait à la mairie de Tonneins jusqu'à sa suppression nationale par la réforme de décembre 1958.

2. Le Tribunal de commerce et la police du fleuve
Du fait de sa position stratégique sur la Garonne et de l’importance de son port (exportation du chanvre, du tabac, des pruneaux), Tonneins a possédé ses propres structures consulaires et de régulation marchande. Les litiges commerciaux, les faillites et les affaires de délinquance fluviale (vols sur les gabarres, contrebande) y étaient arbitrés, sous la surveillance conjointe de la gendarmerie et des douanes.

3. Les structures de détention temporaire (Geôles et Violons)
Tonneins n'a jamais abrité de prison départementale (maison d'arrêt ou maison centrale).

  • Les personnes arrêtées en flagrant délit ou en attente de jugement étaient placées dans la chambre de sûreté (le « violon ») de la gendarmerie de Tonneins.

  • Pour les détentions préventives prolongées et l'exécution des peines de prison, les prévenus étaient transférés à la prison de Marmande (chef-lieu d'arrondissement) ou à la maison d'arrêt d'Agen.


SOURCES ARCHIVISTIQUES (Archives départementales de Lot-et-Garonne - AD47)

  • Sous-série 4 U 33 (Justice de paix de Tonneins) : Fonds indispensable regroupant les minutes des jugements civils, les répertoires du greffe et les sentences de simple police du XIXe siècle jusqu'à 1958.

  • Série L (Période révolutionnaire) : Documents relatifs au Tribunal de district de Tonneins (1790-1795) et à la répression des prêtres réfractaires et des suspects sous la Terreur.

  • Série Y (Établissements pénitentiaires) : Registres d'écrous généraux des prisons de Marmande et d'Agen, où apparaissent les fiches d'incarcération des individus arrêtés dans le canton de Tonneins.

  • Fonds des Archives communales déposées de Tonneins (Série G et I) : Documents relatifs à la police locale, à la criminalité rurale sous l'Ancien Régime et aux délibérations municipales sur le maintien de l'ordre.


BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

  • Fournié (Danielle), Le réseau des prisons en Lot-et-Garonne (1800-1940), Agen, ENAP / Archives départementales de Lot-et-Garonne, coll. « Le Lien, bulletin d'histoire judiciaire et pénitentiaire », n° 10.

    • Intérêt : L'étude la plus complète sur la cartographie des lieux d'enfermement du département, détaillant les transferts depuis les petites geôles cantonales (comme Tonneins) vers les centres principaux.

  • Laval (Alain), Histoire de Tonneins : des origines à nos jours, Tonneins, Éditions du Grelon, 1993.

    • Intérêt : Cet ouvrage de référence locale consacre plusieurs chapitres à l'administration de la ville, à la milice bourgeoise, aux révoltes des Croquants et à l'impact des institutions judiciaires sur la vie fluviale.

  • Marboutin (Chanoine J.-R.), « Le Tribunal du district de Tonneins pendant la Révolution », Revue de l'Aunis et du Saintonge, réédité dans le Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen.

    • Intérêt : Une étude historique précise sur le fonctionnement de la justice d'exception à Tonneins au moment de la chute de la monarchie.

  • Lagrange (A.), Chronique du crime et de la justice en Agenais au XIXe siècle, Agen, Imprimerie Moderne, 1922.

    • Intérêt : Recueil d'affaires criminelles régionales (assises du Lot-et-Garonne) illustrant les affaires de mœurs, les infanticides et les grands vols commis dans la vallée de la Garonne, notamment autour de Tonneins.

Tag(s) : #Affaires criminelles, #Prisons actuelles - Évasions, #Prisons anciennes, #Justice - Peine de mort - Expertises
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