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La gendarmerie de Beaumont-du-Périgord (devenue officiellement la brigade de Beaumontois-en-Périgord depuis la fusion des communes) s'inscrit dans le maillage historique des forces de l'ordre en Dordogne, passant d'un rôle de surveillance des voies de communication rurales à celui d'une unité territoriale moderne. [1, 2]
L'évolution historique de cette brigade s'articule autour de quatre grandes phases :
1. Les origines : La surveillance de la châtellenie et de la bastide
Sous l'Ancien Régime, la sécurité de la bastide royale de Beaumont (fondée en 1272 par Édouard Ier) reposait sur les prévôts et la justice royale locale.
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Bien que certaines grandes brigades de maréchaussée de Dordogne datent de la grande réforme de 1720 (comme Brantôme-en-Périgord), la militarisation du contrôle de la délinquance routière à Beaumont s'est consolidée à la fin du XVIIIe siècle pour surveiller les axes stratégiques entre Bergerac, Sarlat et Agen. [1]
2. Le développement républicain et le XIXe siècle
À la création de la Gendarmerie Nationale par la loi du 16 février 1791, les anciennes juridictions sont dissoutes au profit d'un maillage cantonal uniforme. [1, 2]
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Beaumont devient le chef-lieu d'un canton du département de la Dordogne. À ce titre, une brigade à cheval (puis à pied) y est pérennisée.
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Au XIXe siècle, sa mission principale consiste à surveiller les foires locales importantes, lutter contre le vagabondage, contrôler la conscription et assurer l'ordre dans le milieu agricole du Périgord pourpre.
3. Les mutations et la Seconde Guerre mondiale
Au XXe siècle, la gendarmerie locale s'adapte aux bouleversements techniques (motorisation, téléphone) et aux réorganisations régionales.
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La période de l'Occupation : Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Dordogne est une terre de forte activité de la Résistance (maquis). Les brigades locales, dont celle de Beaumont, se trouvent dans une position complexe, tiraillées entre les ordres administratifs de Vichy et le soutien clandestin ou passif aux réseaux de maquisards locaux, particulièrement actifs dans les forêts denses environnantes.
4. La modernisation contemporaine : De la vieille caserne au nouveau complexe
La fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle marquent une transformation radicale des infrastructures et de l'organisation opérationnelle :
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La transition administrative : En 2016, Beaumont-du-Périgord fusionne avec trois communes voisines pour former la commune nouvelle de Beaumontois-en-Périgord. La brigade adapte son champ de compétence territoriale à ce nouveau périmètre.
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La nouvelle caserne (2019) : Devenus obsolètes et trop exigus au fil du temps, les anciens locaux du centre-bourg ont été remplacés. En 2019, une toute nouvelle caserne moderne a été livrée au 6, avenue Antoine-Vernet. Ce projet architectural d'envergure (d'un coût d'environ 3,5 millions d'euros) comprend des bureaux techniques adaptés au numérique et 12 logements de fonction neufs pour accueillir les militaires et leurs familles. [1, 2, 3]
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Statut actuel : Aujourd'hui, elle fonctionne comme une brigade territoriale intégrée à la compagnie de gendarmerie de Bergerac, travaillant en étroite coordination avec les brigades voisines (comme Monpazier) pour assurer la sécurité de proximité.
Le secteur de Beaumont-du-Périgord (aujourd’hui Beaumontois-en-Périgord), placé sous la compétence de la gendarmerie locale et de la compagnie de gendarmerie de Bergerac, n'est pas le théâtre d'une grande criminalité de sang récurrente. Les affaires marquantes se divisent entre des actes de résistance héroïques durant l'Occupation, de la délinquance rurale spécialisée, et de récentes opérations d'envergure menées à l'échelle de l'arrondissement.
1. L'affaire de la Gendarmerie de Beaumont : Le combat du 20 décembre 1943
Sur le plan de l'histoire judiciaire et militaire, l'événement le plus dramatique survenu au sein même de la brigade locale se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale. [1]
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Les faits : La gendarmerie de Beaumont-du-Périgord soutenait activement et clandestinement le maquis de l'Armée Secrète (AS), le groupe Leduc. Repérés par l'occupant, les locaux de la gendarmerie sont encerclés par la Gestapo le 20 décembre 1943. [1]
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L'issue : Un violent combat de trois heures s'engage au cœur de la bastide, coûtant la vie à trois policiers nazis. Les forces allemandes finissent par arrêter le chef d'un réseau local, Jean Lacroix, ainsi que 5 gendarmes de la brigade de Beaumont, qui seront déportés. [1]
2. Le phénomène criminel : La bande des "vols de lotos"
Plus récemment, le secteur de Beaumont a fait l'objet d'enquêtes de gendarmerie concernant une délinquance itinérante et astucieuse, très spécifique au milieu rural périgourdin. [1]
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Les faits : Une équipe de cambrioleurs chevronnés avait mis en place un stratagème ciblant le sud de la Dordogne. Ils surveillaient les calendriers associatifs et profitaient du moment exact où la population d'un village (dont Beaumont) s'enfermait dans la salle des fêtes pour participer au loto dominical traditionnel pour piller méthodiquement les habitations vides des environs. [1]
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L'issue : L'enquête et les recoupements de la gendarmerie ont permis de démanteler ce réseau, débouchant sur un grand procès collectif devant le tribunal correctionnel de Périgueux. [1]
3. Les affaires criminelles majeures de la Compagnie de Bergerac
La brigade de Beaumont fonctionnant en synergie constante avec le groupement et la compagnie de Bergerac (notamment les unités du PSIG), elle est régulièrement impliquée dans les opérations de criminalité organisée du secteur : [1]
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L'Opération "Coca 24" (2026) : Une des offensives majeures de la compagnie visant à éradiquer les réseaux de revente de stupéfiants (cocaïne, héroïne, cannabis) qui s'installent dans les petites communes de la vallée de la Dordogne. Cette opération d'envergure a mobilisé des dizaines de militaires pour des interpellations simultanées au petit matin, de grosses saisies d'argent liquide, de drogue, et le démantèlement de trafics promus de manière agressive sur les réseaux sociaux.
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Le traitement des violences intrafamiliales et abus (Cellule CLAP) : Face à une hausse structurelle des atteintes aux personnes dans l'arrondissement, la gendarmerie s'est illustrée par la création d'unités dédiées comme la CLAP (Cellule de Lutte contre les Atteintes aux Personnes), résolvant des affaires de violences à domicile ou d'abus commis par des praticiens itinérants (comme l'interpellation récente d'un faux magnétiseur abusant de personnes vulnérables dans le secteur de Bergerac). [1, 2]
Pour reconstituer précisément l’histoire, l'architecture et l'engagement de la gendarmerie de Beaumont-du-Périgord (Beaumontois-en-Périgord), en particulier sa résistance héroïque de décembre 1943, il est nécessaire de croiser les travaux sur la Seconde Guerre mondiale en Dordogne, les monographies sur les bastides et les répertoires d'archives départementales.
Voici la bibliographie de référence et les notices d’orientation d'archives pour mener vos recherches.
I. Bibliographie de référence
1. Sur la Seconde Guerre mondiale et la tragédie du 20 décembre 1943
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GÉRAUD (Patrice), La tragédie de la Gendarmerie de Beaumont-du-Périgord, Journal Sud Ouest, décembre 2023.
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Notice : Cet article historique et mémoriel retrace heure par heure l'assaut de la Gestapo contre la brigade locale à l'occasion des commémorations des 80 ans du drame. Il détaille le sort des gendarmes déportés et du résistant Jean Lacroix.
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GENDARMERIE NATIONALE, Les Gendarmes dans la Résistance : Dordogne, Revue d'histoire de la Gendarmerie.
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Notice : Ouvrage ou dossier thématique capital recensant l’action clandestine des brigades du Périgord pourpre et de la vallée de la Dordogne (notamment le groupe Leduc de l'Armée Secrète associé à la brigade de Beaumont).
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2. Sur l'histoire locale de la Bastide et l'administration
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COULON (Gilles), Beaumont-du-Périgord, une bastide royale, Éditions du Périgord, 1995.
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Notice : Bien que centré sur l'urbanisme et l'histoire médiévale, cet ouvrage documente l'évolution des lieux de pouvoir et de justice de la commune, précurseurs de l'installation de la maréchaussée puis de la gendarmerie.
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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DU PÉRIGORD (SHAP), Périgueux.
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Notice : Les tables de la SHAP contiennent de nombreuses notices sur la délinquance rurale, le braconnage au XIXe siècle et les rapports des forces de l'ordre face aux mouvements paysans en Dordogne.
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II. Notices d'orientation archivistique (Où chercher ?)
Les dossiers administratifs, plans de casernement et registres d'enquêtes ne sont pas numérisés. Ils sont consultables sur place aux Archives départementales de la Dordogne à Périgueux.
Notice 1 : Les Archives Départementales de la Dordogne (AD24)
C'est le fonds principal pour comprendre l'évolution de la brigade à travers les siècles.
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Série L (Période révolutionnaire - 1789-1800) : Idéal pour l'étude de la transition entre la maréchaussée royale et la création de la Gendarmerie Nationale à Beaumont en 1791.
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Série N (Administration départementale - XIXe-XXe siècles) :
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Sous-série 4N (Bâtiments départementaux) : Contient les plans de construction, d'achat ou d'aménagement successifs des anciennes casernes de la gendarmerie de Beaumont au XIXe siècle et durant l'entre-deux-guerres.
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Série U (Archives judiciaires) : Dossiers de procédures et procès-verbaux dressés par les gendarmes de Beaumont et transmis au tribunal correctionnel de Bergerac.
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Lien utile : Archives départementales de la Dordogne.
Notice 2 : Le Cabinet du Préfet – Seconde Guerre mondiale (AD24 - Série W)
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Cotes spécifiques : Fonds de la Seconde Guerre mondiale et de la Reconstruction (Série W et sous-séries spécifiques à l'Occupation).
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Contenu : Les rapports officiels de la gendarmerie d'un côté, et les rapports préfectoraux de Vichy de l'autre, concernant l'attaque du 20 décembre 1943 à Beaumont, les rapports d'incidents avec le maquis et les listes de fonctionnaires révoqués ou arrêtés par l'occupant.
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Notice 3 : Le Service Historique de la Défense (SHD - Vincennes)
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Cote : Série GD (Gendarmerie Départementale)
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Contenu : Les dossiers individuels des gendarmes de Beaumont ayant combattu en 1943 (demandes de cartes de Combattant Volontaire de la Résistance, citations à l'ordre de l'armée). Les dossiers d'inspection de la compagnie de Bergerac permettent également de suivre l'évolution des effectifs de la brigade de Beaumont au fil des ans.
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Lien utile : Service historique de la Défense.
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Le passé carcéral de Beaumont-en-Périgord - Le blog de Philippe Poisson
Bien qu'il n'y ait pas de grand complexe pénitentiaire historique sur la commune, les recherches locales et l'architecture de la bastide révèlent plusieurs lieux de sûreté, prisons locales et ...
https://portrait-culture-justice.com/2026/10/le-passe-carceral-de-beaumont-en-perigord.html
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Politique éditoriale sur la page Culture et justice - Le blog de Philippe Poisson
"Le carnet de recherche de Criminocorpus a été créé en 2008 sur la plateforme Hypotheses avec l'objectif de couvrir l'actualité de la recherche en histoire de la justice. Il s'est progressivem...
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